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Dimanche 8 avril 2012 7 08 /04 /Avr /2012 21:31

Retour à la lecture et au compte-rendu mensuel...

 

Une femme avec personne dedans - Chloé DELAUME

 

J'ai lu ce livre dans un train me ramenant vers Paris. Lorsqu'une femme s'est approchée de moi pour savoir ce qui me captivait tant, je ne me suis pas sentie de le lui conseiller car n'étant pas familière de l'oeuvre delaumienne, celui-ci ne me paraissait pas la bonne entrée. Pour moi, et rien que pour cette phrase-là, c'était un bon choix : "Ne m'investissez pas en surface à transferts, entrez en votre Je, qu'il soit replet de vous, de votre volonté. Ecrivez-vous vous même, quelle vie vous souhaitez-vous".

 

 

 

"L’Apocalypse n’est pas un événement visible, parce qu’elle frappe individuellement. Ainsi, la narratrice se plie à l’ordre de l’Ange annonciateur : Écris donc ce que tu as vu, ce qui est, et ce qui doit arriver ensuite. Elle s’attelle au récit d’une certaine Fin des Temps, celle des valeurs patriarcales et normées, incarnées par le couple hétérosexuel. Modifier le réel est l’unique solution, mais l’usage de la fiction se complique lorsqu’il engendre le suicide au sein de son propre lectorat. Par-delà son exercice de déconstruction, ce livre est un roman d’amour. Chloé, Igor, la Clef, une femme un homme une femme, quelques possibilités. Tenter des formes de vie alternatives, c’est toujours se heurter à une remise en cause de son identité. Au lecteur de choisir, et peut-être d’inventer ce qui doit arriver ensuite. À l’héroïne, comme à lui-même. Le hasard n’existe pas, alors autant s’organiser."


 

L'univers en folie - Fredric BROWN

 

En matière de littérature, j'ai rarement envie de légèreté, de divertissement pur et dur mais ce petit livre là a été déposé entre mes mains par Virginie et je l'en remercie. De la science fiction quasiment parodiée qui m'a fort amusée !

 

 

"10 juin 1954. La première tentative de lancement d'une fusée dans la Lune se solde par un échec disons... cuisant. Du moins pour Keith Winston, journaliste dans une revue de science-fiction, littéralement désintégré dans le jardin de son patron par l'explosion du projectile et ...réintégré dans un univers parallèle où monstres hideux aux yeux pédonculés et femmes de l'espace en sous-vêtements sexy côtoient le commun des mortels avec le plus grand naturel, sur fond de guerre intergalactique entre Arcturus et la Terre.(...)."


 

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier - Stig DAGERMAN

 

Cet ouvrage est le premier qui est venu à l'esprit de mon "bibliothérapeute", le titre m'a immédiatement donné envie de l'acquérir. Je l'ai lu et... rien. Je suis, je crois, complètement passée à côté. La langue est belle, c'est indéniable mais elle n'a pas fait écho. Le moment était peut-être mal choisi...

 

 

"Depuis la découverte, en 1981, de ce texte où Stig Dagerman, avant de sombrer dans le silence et de se donner la mort, fait une ultime démonstration des pouvoirs secrètement accordés à son écriture, le succès ne s'est jamais démenti. On peut donc, aujourd'hui, à l'occasion d'une nouvelle édition de ce " testament ", parler d'un véritable classique, un de ces écrits brefs dont le temps a cristallisé la transparence et l'inoubliable éclat."

 

 

Si la lecture ne m'a pas embarquée, la version mise en voix par le chanteur des Têtes Raides m'a tout autrement donné à entendre le rythme et le mouvement du texte. Je vais laisser reposer et reprendrai plus tard la version papier...

 

 

Par Laetitia BERANGER - Publié dans : Partager mes lectures - Communauté : Interlignes
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Vendredi 30 mars 2012 5 30 /03 /Mars /2012 12:20

Voilà déjà une dizaine de jours que le salon du livre s'est achevé mais il fût si particulier que je voulais prendre le temps de le raconter... Il y a cinq ans, je vous livrais ici le récit d'une de mes premières lectures publiques. C'était au salon du livre, dans le studio d'enregistrement mis en place par la Scnf. L'expérience avait été très impressionnante, surtout qu'à l'époque, ce sont mes propres mots que j'avais osé transmettre aux badauds du salon.

 

Cette année, le cadre était différent, E-Narrator m'avait confié la mission de lire plusieurs extraits d'ouvrages publiés chez eux, sous le regard bienveillant de leurs auteurs. Je n'étais plus "cachée" dans un bocal en verre transparent diffusant ma voix sur hauts-parleurs, mais simplement assise tout près des gens et équipée d'un casque-micro. Les auditeurs munis d'un casque audio pouvaient m'écouter au creux de l'oreille et ainsi tester les conditions réelles d'écoute d'un livre audio.


2012-03-17 11-1.49.15

Quelle belle et singulière expérience : petite bulle d'intimité dans l'agitation, le brouhaha du salon ; j'ai adoré ça ! Je partage ici une photo souvenir prise par MaCopineLucile (je vous interdis de zoomer, mon expression est également, hum, singulière !) elle a d'ailleurs elle-aussi, rédigé son compte-rendu du salon (bien plus complet et détaillé que le mien). Une fois que vous serez allés chez Lucile, faites donc un détour par le site de E-Narrator. Vous y trouverez une communauté accueillante de lecteurs, les livres publiés par leurs soins et ceux dont ils assurent la distribution. Vous pouvez d'ailleurs feuilleter ici le premier numéro du magazine qu'ils ont édité, il vous expliquera bien mieux que moi toutes les possibilités de ce site dédié "aux amoureux du livre".

 

 

Six séances de lecture étaient programmées sur les quatre jours, j'ai donc pris mes quartiers au salon et eu plus de temps que jamais pour flâner dans ses allées, manger une crêpe sucre-citron avec Guillaume, accompagner Zag enquiquiner les éditions Denoël au sujet de "La maison des feuilles" de Danielewski, etc... Cette année, j'ai remarqué que les nouvelles technologies s'imposaient plus largement aux côtés du livre papier. Les plus geeks d'entre vous risquent par exemple, de fondre pour la série "Civilized", objet multimédia combinant lecture numérique, ambiance sonore et navigation via hyperliens. Faites également un saut chez Alzabane Editions et téléchargez l'application du Lion : une belle voix vous conte ses mésaventures et les illustrations s'animent sous vos yeux ébahis.

 


Ce salon fût également l'occasion de reprendre le stylo pour m'adonner à une activité parfaitement masochiste : la dictée organisée par les éditions First ! Nâzim Boudjenah (de la comédie française) de sa voix ténébreuse, nous a fait découvrir le texte semé d'embûches puis monsieur Julaud "pervers de l'orthographe" a repris lentement, nous avons souffert et c'était bon... Bizarrement, je n'ai pas été appelée plus tard à rejoindre la Grande Scène, les correcteurs ont dû prendre mes boucles et déliés pour des coquilles éhontées. J'avais pourtant assuré mes arrières, MaCopineCaro faisait partie des équipes de correcteurs !

 

photo-3

 

Après être allée saluer ma meilleure amie  de fiction, Chloé, et obtenu un grigri de sa blanche main sur l'exemplaire de son dernier roman, "Une femme avec personne dedans", je décidai de prendre ma vie en main et de me faire aider par un des "conseillers littéraires" présents sur le stand "des livres qui changent la vie". Voici ci-contre, l'ordonnance qui m'a été remise (l'image ne veut pas pivoter et ce compte-rendu laborieux m'a épuisée alors vous serez bien aimables d'incliner votre tête pour découvrir les lectures qui m'ont été prescrites !) :

 

 

Au verso, mon bibliothérapeute d'un jour a également ajouté tout Racine mais ça, c'est une longue histoire... Je suis tombée sur cette citation de Mario Vargas Llosa "la littérature sert à panser, oui, comme ça, avec un "a". Comme on panse une blessure. Elle soigne, elle calme, elle soulage. Parfois même, elle permet de cicatriser. Tout à la fois pensée et pansement." C'est dire si la bibliothérapie est fondée et a de l'avenir !

 

Les lectures que j'ai donné au salon n'ont pas été enregistrées mais ces derniers temps, mon audioblog Klepto'sons a repris ses activités ! Laissez y donc traîner une oreille mais prenez garde, un certain Jacques Maupin vient de s'y installer et ça ne laisse rien présager de bon...

 

Par Laetitia BERANGER - Publié dans : Pêle-mêle - Communauté : Interlignes
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Lundi 19 mars 2012 1 19 /03 /Mars /2012 05:00

Le-metro-est-un-sport-collectif.jpgPrendre le métro dans son bain, c'est très très bien. Mais il y a mieux encore : son métro dans le mien...

A Montparnasse, le long de ce long, très long tapis roulant, j'ai marché le visage entre ses pages. Arrivée au bout, j'ai réalisé que je n'aurais pas dû l'emprunter, ma ligne était de l'autre côté. J'ai fait demi-tour, ça ne m'a pas énervée.

A Odéon, j'ai laissé un homme lire par dessus mon épaule. J'ai attendu avant de tourner la page pour être sûre qu'il l'ait, lui aussi, terminée.

Dans le couloir de la ligne 13, j'ai vu un marchand de fruits et légumes offrir une banane et deux clémentines à un homme qui ne marchait pas droit.

J'ai relu quatre fois ce passage où l'idée sourit de se faire caresser et compté tous ces gens qui "habitent leur ipod", greffés. Douze, j'ai recompté.

J'ai cru reconnaitre la petite dame de la page 137, elle m'a touchée.

C'est en m'abandonnant au baiser de la page 164 que je me suis souvenue... Le métro, je l'avais déjà vu avec ces yeux-là. Mais c'était avant. Avant que je ne rentre en moi.

 

 

Vous l'aurez compris, voilà un livre que je recommande chaudement et que je conseille de consommer dans son milieu naturel pour l'apprécier pleinement ! Des anecdotes de métro, ici, fût un temps, vous en lisiez souvent. Ma catégorie "A la dérobée" n'a plus été alimentée, pas plus que les Klepto'sons qui en découlaient mais je reste néanmoins follement sensible à tous ces petits rien du quotidien. Vous aussi, je crois. Jetez donc par ici, un oeil et une oreille, et profitez d'un voyage souterrain avec l'auteur. Une voix que j'ai eu bien du plaisir à entourer de la mienne :

 

Caroline était aussi du voyage, elle s'est occupée des photos et du diaporama.

Par Laetitia BERANGER - Publié dans : Une rencontre, un auteur - Communauté : Interlignes
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Lundi 12 mars 2012 1 12 /03 /Mars /2012 18:02

Je déclare officiellement ouverte ma saison festivalière de cinéma ! Cette année, une journée supplémentaire pour découvrir la sélection des films asiatiques de Deauville. Pour moi, dix au total, le record est battu mais le résultat reste néanmoins mitigé, je ne regrette en revanche pas du tout le dépaysement...

 

 

Vendredi 9 mars 2012


Beautiful Miss Jin - Jang Heechul

 

BEAUTIFUL_MISS_JIN.jpg

 

"Soo Dong est le gardien du passage à niveau de la gare de Dongrae. Sa vie est monotone et sans surprises jusqu’à l’arrivée en gare de trois passagers atypiques : une femme d’une cinquantaine d’années appelée Miss Jin, une petite fille qui l’accompagne et un ivrogne bavard. Soo Dong va rapidement s’intégrer à cette petite communauté et développer avec elle une relation peu conventionnelle..."

 

 

 

"Peu conventionnelle", deux mots qui décrivent tout à fait le personnage de Miss Jin ! Drôle de bonne femme sans maison qui investit donc cette petite gare. Exercices du matin en pantouffles et chemise de nuit à coeurs, série télévisée dans la salle d'attente qu'elle occupe comme si c'était la chose la plus naturelle et qu'il s'agissait de son salon, lecture du soir à cette gloutonne petite fille qui ne la quitte pas d'une semelle... Même le  directeur bien que très ennuyé par la situation, n'aura pas le coeur de les chasser ! Un sujet dur, traité avec tendresse et optimisme. Un vent de solidarité qui ferait bien de souffler jusque chez nous...

 

 

Mourning - Morteza Farshbaf

 

MOURNING.jpg

 

"Une querelle éclate entre un homme et sa femme juste avant qu’ils ne prennent la route pour se rendre dans une ville plus au nord, chez la soeur de l’épouse, Sharareh, et son mari Kamran. Le lendemain matin, ces derniers apprennent la terrible nouvelle : ce qui est arrivé au couple, sur la route, la nuit dernière… En état de choc, Sharareh et Kamran partent pour Téhéran accompagné d’Arshia, le fils du couple qui, la nuit du drame, n’était pas avec ses parents…"

 

 

 

Une voiture roule, au loin ; on nous donne à lire à l'écran, le dialogue des passagers. Le procédé surprend et pendant quelques minutes, j'ai pensé whaou, c'est osé mais pourquoi pas ! Et puis les minutes ont commencé à s'éterniser, et j'ai fini par comprendre pourquoi le réalisateur, lors de sa présentation, nous remerciait d'avance de notre patience ! On finit tout de même par entrer dans l'habitacle et on découvre que les deux adultes sont sourds et communiquent en langue des signes. De là, il ne va rien se passer... Ils roulent et ne savent comment annoncer la nouvelle à l'enfant, voilà voilà... Le tout est parsemé de symboles gros comme tout (le garçon a tout du long, ses écouteurs greffés sur les oreilles, il est donc lui aussi "sourd" à sa façon, de la difficulté à communiquer, bla bla bla). A un moment, j'ai fermé les yeux, je ne sais pas si cela a duré mais ils en étaient globalement toujours au même point quand j'ai trouvé la force de les rouvrir alors que dire...

 

 

The sword identity - Xu Haofeng

 

THE SWORD IDENTITY

 

"Deux guerriers défient sans le savoir les quatre familles d’une ville du sud de la Chine qui gardent jalousement secrètes certaines techniques d’arts martiaux. Pris pour des pirates japonais en raison de la forme allongée de leur sabre, ils risquent d’être arrêtés, sauf s’ils peuvent prouver leur valeur en acceptant d’affronter un guerrier légendaire descendu de son exil en pleine montagne."

 

 

 

 

Je ne suis pas une spécialiste des films de sabres mais celui-ci m'a fait l'effet d'une parodie du genre. Burlesque à souhait, les combats ne sont pas seulement chorégraphiés, ils sont ponctués de gags et de pirouettes (au sens propre et figuré donc !). On ne passe pas un mauvais moment mais il n'y a rien de bien attrayant non plus si ce n'est peut-être que le "guerrier-faux-pirate" enseigne à deux femmes ses techniques de combat (qu'elles assimilent d'ailleurs immédiatement !) et que la supercherie permet de faire croire qu'il est à tel ou tel endroit. Un film plaisant mais pas décoiffant !

 

 

Samedi 10 mars 2012


Death is my profession - Amir hossein Saghafi

 

DEATH_IS_MY_PROFESSION.jpg

 

 

"Dans une région montagneuse d’Iran, trois ouvriers n’arrivent plus à subvenir aux besoins de leur famille et se retrouvent contraints de voler, pour les revendre, des câbles de lignes à haute tension. Au cours d’un de ces vols, ils tuent quelqu’un accidentellement et se transforment alors en fugitifs…"

 

 

 

En voilà un qui m'a vraiment bien plu et pourtant, tout est dit dans le résumé ci-dessus. Allez comprendre pourquoi, parfois une voiture qui roule c'est chiant alors que là, deux fois deux personnes qui marchent, c'est passionnant ! Une affaire de regard, sûrement. Comme celui de trois enfants, ne pouvant se détacher d'un corps électrifé, saisissant... Avancer dans le froid, enchainé à l'autre, trouver des raisons pour ne pas s'arrêter. Traîner s'il le faut le corps de celui qui n'aura plus la force, qui aura abandonné... Le regard aussi d'une vieille femme aux yeux abîmés. De mauvais yeux, à son fils, voilà tout ce qu'elle aura légué.

 

 

Saya Samourai - Hitoshi Matsumoto

 

SAYAZAMURAI.jpg

 

 

"Kanjuro Nomi est un vieux samouraï, sans épée et avec un fourreau vide. Ayant été amené par le passé à jeter son épée et refuser à se battre, il erre aujourd’hui sans but précis, accompagné de Tae, sa fille unique. Désormais recherché pour avoir renié son seigneur, il est condamné à « l’exploit des 30 Jours » : réussir  à redonner son sourire au prince éploré par le décès de sa mère. Si Kanjuro réussit, il sera libre. Mais s’il échoue, il devra pratiquer le seppuku, la forme rituelle japonaise du suicide par éventration."

 

 

De l'humour de samouraïs en reveux tu, en revoilà ! Mais contrairement à The sword identity, pas d'entre-deux, ici nous sommes bien pûrement dans le registre de la comédie (ce qui n'empêchera pas l'apparition d'un lyrisme final très émouvant). Notre samouraï sans épée croisera le chemin de quelques méchants pas très doués (dont le "chiropractueur" !) avant de s'évertuer à réaliser les gags les plus improbables (à base de "sumo solo", "flûte enchante-nez" et autres facéties d'ailleurs fort bien traduites, je ne sais pas ce que ça donne en japonais mais il faut avouer que les jeux de mots sont assez truqulents et ajoutent à la loufoquerie !). Le rôle personnage la petite Tae est très bien senti, elle proposera régulièrement à son père d'opter pour le suicide, solution ô combien préférable à ces pitreries et surtout moins déshonorant ! On rit, on s'indigne, on rit de nouveau.


 

I carried you home - Tongpong Chantarangkul


ICARRIEDYOUHOME.jpg

 

"Pann vit à Bangkok. Un jour, elle reçoit un appel de sa tante en pleurs qui lui annonce que sa mère est dans le coma suite à un terrible accident. Elle contacte alors sa soeur aînée Pinn, laquelle s’est enfuie après son mariage, pour vivre à Singapour et y commencer une nouvelle vie loin des contraintes de la famille. Les deux soeurs sont alors forcées de passer du temps ensemble et, peu à peu, de réapprendre à s’ouvrir l’une à l’autre."

 

 

 

Et nous revoilà partis pour un road movie minimaliste mais cette fois, à bord d'une ambulance que nous ne quitterons quasiment pas pendant plus de deux heures (là aussi hein, le temps, c'est tellement subjectif !). Bon, au moins, on découvre un peu les rites funéraires thaïlandais. Parler au mort, répéter les paroles que d'autres formulent pour vous puis indiquer scrupuleusement au mort que l'on ramène chez lui que là, on va prendre un tunnel, tourner à gauche, prendre un pont... Si je savais que la fumée de l'encens aide les prières à monter au ciel, j'apprends que la fumée du corps incinéré retourne toujours là où le mort habitait.

 

 

Dimanche 11 mars 2012


The Raid - Gareth Huw evans

 

THE RAID

 

"Une citadelle imprenable au coeur des bidonvilles de Jakarta, le refuge d’un insaisissable baron de la drogue. Personne n'a encore jamais osé s'y aventurer, avant qu'une unité de policiers d'élite n’y soit envoyée en secret pour y capturer le trafiquant. Au cours d’un raid éclair mené au petit matin, un indic les repère et en informe immédiatement son patron. Prisonniers du bâtiment, les policiers vont devoir affronter les tueurs, étage après étage, pour réussir à s’en échapper, à survivre et à s’en sortir..."

 

 

 

Pour ce dernier jour de festival, il fallait frapper fort (et surtout se motiver pour être à 9h tapantes dans la grande salle du CID) et bien, je n'ai pas regretté d'avoir quitté mon lit ! L'extrait que j'avais vu du film à la convention SND m'avait fait redouter du violent gratuit, que nenni ! D'abord, ces gens sont très propres, ils disposent une bâche sur le sol avant d'abattre quatre hommes d'une balle dans la tête. La où ça se gâte, c'est pour le cinquième : plus de balles dans le révolver, il aura droit au marteau... mais le réalisateur a la délicatesse de nous en épargner la vision ! Bon, on ne va pas se mentir, si nous avons ici à faire à un huis-clos, nous sommes bien au rayon du très très musclé. Le sang gicle mais juste ce qu'il faut et surtout, nous avons derrière tout ça, un véritable scénario. Quelques note d'humour également (un couteau à bout rond pour extraire une balle, c'était ça ou les baguettes !) et un puriste du combat qui préfère utiliser ses mains parce qu'utiliser un flingue, c'est comme commander à emporter ! Le 7ème ciel est ici au 15ème étage, on l'atteint en 1h40 et on en redemande ; ça tombe bien car j'ai cru comprendre que ce Raid se jouerait en trois volets...

 

 

Himizu - Sono Sion

 

HIMIZU.jpg

 

"Sumida est un lycéen dont l’unique ambition est de devenir un homme ordinaire. Son père, qui a quitté le foyer depuis longtemps, réapparaît de temps à autre lorsqu’il a besoin d’argent. Sa mère s’est enfuie avec son amant, laissant le jeune homme sans rien ni personne sur qui pouvoir compter. Réalisant que son rêve ne pourra jamais être exaucé, Sumida devient obsédé par les sanctions qu’il pourrait prendre contre les personnes malfaisantes qui l’entourent."

 

 

 

De ce réalisateur, j'avais déjà vu "Cold Fish" qui m'avait laissée comment dire, médusée ! Ce film-là, a pour toile de fond les décombres de Fukushima et débute par un poème en voix-off qui m'a tout de suite fait penser à "Hiroshima, mon amour". Au "J'ai tout vu, tout" se substitue un "je connais tout" fil conducteur se prolongeant par "je connais tout, hormis moi-même". Quelques belles idées comme cette jeune fille fort têtue (elle se prend un nombre de baffes incalculable mais se contente d'enfouir dans sa poche, une pierre par grief afin de pouvoir les jeter sur l'objet de sa colère). Le problème majeur c'est que la quasi totalité des dialogues sont hurlés, les acteurs sont histériques et on ne comprend pas très bien ce qui les agitent tous ainsi ! Trop violent et gesticulant, un film épuisant...

 

 

Pink - Jeon Sooil

 

PINK.jpg

 

"Par un matin pluvieux, Sujin descend d’n train dans une gare inconnue. Elle va en direction d’un bar, le Pink, afin de commencer un nouveau travail. Okryeon est la patronne de ce bar depuis une dizaine d’nnées. Elle a un fils, Sangguk, qui ne dit rien. Okryeon, Sangguk et tous les autres laissespourcompte qui ont un jour échoué au Pink rappellent à Sujin l’istoire douloureuse de sa famille. Violée par son père lorsqu’elle était jeune, elle vit depuis dans la honte et la culpabilité. Au Pink, son passé continue de la hanter mais elle doit essayer de l’oublier."

 

 

Bon alors, là aussi, mes paupières se sont révélées très très lourdes et après avoir vu la patronne faire pipi dans un tunnel, j'avais décidé de m'autoriser à piquer un petit roupillon mais non, par conscience cinéphile, j'ai tenu bon... mais à quoi bon ! On mange, un morceau reste coincé, on pourrait s'étouffer mais non... On boit, on manifeste un peu mollement contre la démolition du quartier, on se met toute nue sur un bateau... On refait pipi, on fume une cigarette (en plan fixe, toujours en plan fixe surtout !) ah oui et j'oubliais, il pleut presque tout le temps ! Au bout d'un moment, j'ai trouvé plus d'intérêt à étudier les têtes de plus en plus penchées des spectateurs et leurs épaules bougeant lentement au rythme des respirations amplifiées qu'à regarder l'écran... Pourquoi "Pink" au fait, me direz-vous ? Même la patronne, ne sait pas !

 

 

11 Fleurs - Wang Xiaoshuai

 

11FLEURS.jpg

 

 

 

"En 1974, au cœur de la révolution culturelle chinoise, un garçon de dix ans observe le monde des adultes et n’y comprend pas grand-chose. La rencontre avec un meurtrier en fuite le pousse au secret et au mensonge. Cette confrontation signera la perte de son innocence."

 

 

 

Pour finir, un assez joli film sur l'enfance avec cette bande de quatre garçons et surtout les mésaventures de l'un d'entre eux dont la nouvelle chemise cause bien des ennuis ! Il ne faudrait pas la tâcher et surtout ne pas la perdre forcément... J'ai aimé le rapport que le père entretient avec son fils (parce que côté marternel, pour la tendresse, vous repasserez !), sa façon de disposer les fleurs pour que le fiston s'essaye à la peinture ("peindre des fleurs, c'est différent d'une nature morte ; les fleurs, c'est vivant !") les bouts de trajets à deux sur un vélo... Je retiendrai quelques phrases attendrissantes d'enfants "que ma famille se transforme en chien si je mens !" et la fraîcheur de ces onze printemps.

 

 

Pour finir, je vous laisse consulter ici le palmarès 2012 complet et surtout les réactions qu'il suscite ! Deux des films que j'ai le moins aimé sont primés et mes préférées n'ont absolument rien remporté. Les goût et les couleurs, hein vous me direz !


Par Laetitia BERANGER - Publié dans : De l'écrit à l'écran - Communauté : 1 article = 1 film
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Mercredi 7 mars 2012 3 07 /03 /Mars /2012 22:13

Deux billets en une semaine, je sais, c'est un peu brutal mais que voulez-vous, enthousiasmée par la soirée des "How I met your blogger Awards"  (si vous avez suivi, vous savez que c'est "Drive" qui a tout rafflé !) et la convention SND (présentation d'une dizaine de films dont "The impossible" dont vous n'avez pas fini d'entendre parler), je prends mes aises dans les salles de projection privées des beaux quartiers et voilà que me reprend l'envie de rédiger des billets... En avant-première donc :


 

EVA 

Réalisé par Kike Maillo 

Avec Daniel Brühl, Marta Etura, Alberto Amman

 

Sortie le 21 mars 2012

 

"2041. Alex, un ingénieur de renom, est rappelé par la Faculté de Robotique, après dix ans d’absence, pour créer le premier robot libre : un enfant androïde. Il retrouve alors Lana, son amour de jeunesse, et son frère David, qui ont refait leur vie ensemble. Et il va surtout faire la connaissance d’Eva, sa nièce, une petite fille étonnante et charismatique. Entre Eva et Alex se dessine une relation particulière, et ce dernier décide alors, contre l'avis de sa mère Lana, de prendre Eva pour modèle de son futur androïde..."

 

(Je vous mets volontairement ci-dessous le teaser du film et non sa bande-annonce qui comme souvent, en révèle bien trop à mon goût).


Voilà un premier film qui pourrait bien plaire au plus grand nombre : d'élégants et impressionnants effets visuels pour les plus geeks d'entre vous, de la tendresse et des sentiments pour les petits coeurs sensibles réfractaires à la science-fiction, des dialogues en espagnols (si, si ça compte) et une intrigue pas trop gros sabots pour les "anti-film-grosse-production" ! Je fais plutôt partie de la dernière catégorie et j'ai passé un très bon moment...

Eva emprunte au conte, sème quelques surprises sur sa route et surtout, va crescendo. Au début, j'ai pensé que je n'y verrai qu'un bon divertissement : des robots qu'on veut doter d'émotion, d'humanité ; sorte de pinocchio 3.0 (des animaux de compagnie sans poil, un majordome androïde idéal) mais le film a su me surprendre et aller un plus loin que je ne le pensais. Si ça ne tenait qu'à moi, je l'aurais davantage tiré vers la noirceur qu'il ne fait qu'effleurer mais c'est aussi ce qui fait de ce film un hybride singulier et non un énième thriller d'anticipation bien trop facile à anticiper !

Par Laetitia BERANGER - Publié dans : De l'écrit à l'écran - Communauté : 1 article = 1 film
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