Présentation

"Culture Troc"

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Lundi 12 mai 2008

Ce week-end, alors que je me trouvais de nouveau tourmentée par une immense soif de lire Duras, j'ai déniché une représentation de "Savannah Bay" au théâtre de l'Orme dans le 19ème. Le lieu en lui-même est déjà tout à fait fascinant, il se trouve dans une cour, en sous-sol et dans une autre vie, il était... un lavoir ! Nous avons été accueillis par le metteur en scène Laurent AZIMIOARA qui émit quelques réserves quand à la représentation pour la bonne raison que nous n'étions que... deux spectateurs. Il faut croire que dimanche à 17h, les pelouses des buttes chaumont tentaient plus que les mots de Duras !


Mais nous n'avons pas eu à tourner les talons puisque les deux comédiennes ont accepté de ne jouer que pour nous. J'avais découvert la veille que "Savannah Bay" trônait dans ma bibliothèque (encore merci à mon vrai faux tonton pour ce cadeau) et je l'avais donc lu sur un coin d'herbe... Quand la pièce a commencé, les mots étaient encore très frais dans mon esprit et j'ai eu un peu de mal à rentrer dans le jeu, notamment en raison de l'accent très prononcé de ces deux femmes (j'ai su après qu'elles étaient roumaines). Mais, passé cette première impression, je me suis complètement laissée emportée par le rythme si particulier des phrases de Duras. Et même si je n'ai pas toujours été convaincue par l'interprêtation faite du personnage de la "jeune femme", les deux comédiennes transmettent une émotion rare. A travers elles, je me suis sentie tour à tour, enjouée, bouleversée. Au bord des larmes, de plaisir, de douleur. Tout au bord, sur le fil. Duras me donne le vertige, elle me coupe le souffle et je l'aime pour ça. Parfois, elle essaye de me semer... Mais qui est cette femme disparue ? Est-ce la vie ? Est-ce du théâtre ? Qu'importe, pourvu qu'on vibre au son de ces mots-là...

La fin de la pièce approche, je le sais et j'aimerais que ça ne finisse pas encore. La comédienne qui joue Madeleine interpelle le public, nous, moi. Elle est tout près, elle met ses yeux dans mes yeux. Et le temps de cet échange, je suis très loin, quelque part dans une petite ville du Siam, quelque part sur une grande pierre blanche, chauffée par le soleil.

Nous avons frappé nos mains très fort pour compenser l'absence de ces autres spectateurs et puis elles sont parties... Le metteur en scène qui s'occupait aussi des lumières et certainement du son, est sorti doucement de la régie "Il faisait un peu froid dans la salle non ?" Ah, c'est donc cela, ces frissons que j'ai ? En partant, il me signale qu'une autre pièce de Duras sera montée fin mai : "L'amante anglaise"...


LE THEATRE DE L'ORME

16 rue de l'Orme
75019 PARIS
01 43 71 64 42
http://www.amsorme.com/

avec Ada d'Albon dans le rôle de Madeleine et Liana Fulga qui interprête la jeune femme.


"Marguerite Duras dérange. Elle réinvente le Théâtre. Tout ce qu’on pourrait connaître, savoir, sur le sujet, disparaît devant son écriture qui vaut le bing bang, le déclic d’un autre monde, un rituel profond de mots qui s’obstinent dans une esthétique naturelle, unique, pour nous donner le signal d’un univers autre.
Chaque phonème du texte a une origine ancestrale. Le langage (en français) dépasse de loin la limite phonétique et devient, en fin, une expression, une permanence obsessionnelle tragique. Entre les sons de la voix humaine Duras créée Le Silence qui dépasse une nécessité de rythme ou de conversation habituelle. Le silence durasien est inquiétude, souffrance, oubli, souvenir, cri, parfois lumière.
Mais Duras a aussi un regard fataliste devant la catastrophe qui est la Vie – la Mort, en proposant aux créateurs de son texte sa projection théâtrale impitoyable. Où commence et finit la réalité de nos êtres ? Le rapport Réalité – Art – Théâtre est présent à chaque pas et nous invite à réfléchir, à rêver.
Le génie de Duras, dans notre époque éclectique, sans aucune conduite morale ou esthétique, nous ouvre les fenêtres vers une lumière nouvelle : la simplicité de la tragédie. Elle donne naissance à un autre genre d’artiste-comédien qui se confond avec l’univers de son nouveau Théâtre, Nouvelle Renaissance Contemporaine."



La pièce se joue jusqu'au 29 juin... Mais si vraiment, vous êtes hermétiques à toute adaptation théâtrale ou que vous vous trouvez TRES LOIN de Paris ces temps-ci, il vous reste la possibilité de découvrir ou re-découvrir cette histoire grâce aux éditions de minuit :




« Tu ne sais plus qui tu es, qui tu as été, tu sais que tu as joué, tu ne sais plus ce que tu as joué, ce que tu joues, tu joues, tu sais que tu dois jouer, tu ne sais plus quoi, tu joues. Ni quels sont tes rôles, ni quels sont tes enfants vivants ou morts. Ni quels sont les lieux, les scènes, les capitales, les continents où tu as crié la passion des amants. Sauf que la salle a payé et qu’on lui doit le spectacle.
Tu es la comédienne de théâtre, la splendeur de l’âge du monde, son accomplissement, l’immensité de sa dernière délivrance.
Tu as tout oublié sauf Savannah, Savannah Bay.
Savannah Bay c’est toi. »


 

par Laetitia BERANGER publié dans : Les mots en scène
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Mardi 29 avril 2008

Attention, je vous préviens... ce mois-ci j'ai joué les boulimiques mais je vous rassure, la quantité n'a pas nuit à la qualité !


Le treizième conte - Diane SETTERFIELD

Commençons tout de suite par un gros coup de coeur. Ah, comme j'ai aimé passer du temps en compagnie de ces deux femmes ! Ces passionnées de livres m'ont entraînée dans une histoire fabuleuse mêlant secrets de famille et personnages aussi mystérieux qu'attachants, tout ceci dans une grande demeure abritant une bibliothèque de rêve... Le récit est truffé de références à la littérature anglaise ce qui ne gâche rien. Romanesque à souhait, un régal quoi.

Le treizième conte

"Vida Winter, auteur de best-sellers vivant à l'écart du monde, s'est inventé plusieurs vies à travers des histoires toutes plus étranges les unes que les autres et toutes sorties de son ima­gination. Aujourd'hui âgée et malade, elle souhaite enfin lever le voile sur l'extraordinaire existence qui fut la sienne. Sa lettre à sa biographe Margaret Lea est une injonction : elle l'invite à un voyage dans son passé, à la découverte de ses secrets. Margaret succombe à la séduction de Vida mais, en tant que biographe, elle doit traiter des faits, non de l'imaginaire ; et elle ne croit pas au récit de Vida. Les deux femmes confrontent les fantômes qui participent de leur histoire et qui vont les aider à cerner leur propre vérité. Dans la veine du célèbre Rebecca de Daphné Du Maurier, ce roman mystérieux et envoûtant est à la fois un conte gothique où il est question de maisons hantées et de soeurs jumelles au destin funeste, et une ode à la magie des livres."



This is not a love song - Jean-Philippe BLONDEL

J'ai emprunté ce roman sur les recommandations de Caroline. Je m'attendais à lire quelque chose de très fort mais je n'ai pas vraiment décollé. Serait-ce parce que je l'ai attaqué tout de suite après "La véritable histoire de mon père" ? Je m'accorderai néanmoins une seconde tentative avec "Accès direct à la plage".


This is not a love song

"Dans ses années de jeunesse, la « lose » lui collait à la peau. Aujourd’hui Vincent a le vent en poupe et la quarantaine conquérante : marié à une fille de la grande bourgeoisie britannique, père de deux enfants, il dirige à Londres une chaîne de restauration en plein essor. Pour cela il a dû fuir : la France et sa petite classe moyenne engourdie, ses parents et leur pavillon « qui craint », son frère et sa vie étriquée – et Étienne, son meilleur ami, son double inversé, dont il n’a plus jamais pris de nouvelles. (...) Jusqu’à ce mois de juillet où il revient dans sa ville natale. Et se prend en pleine tête ses certitudes d’homme qui a « réussi » sans un regard pour ceux qu’il laissait derrière lui…"



L'enchanteur et illustrissime gâteau café-café d'Irina Sasson - Joëlle TIANO

Je le voyais partout celui-là ! Des critiques toutes plus élogieuses les unes que les autres et... Bof ! Non seulement je n'ai pas été complètement séduite mais je me suis même un peu ennuyée. Et cette recette répétée sans cesse a fini par me lasser très fort ! Une certaine ambiance poétique néanmoins... Merci à Moustafette de l'avoir fait voyager jusqu'à moi !


L'enchanteur et l'illustrissime gâteau café-café d'Irina Sasson

"A presque 101 ans, très loin de là où elle est née, Irina Sasson entretient chaque matin sa mémoire en récitant, dans les sept langues que sa destinée l'a amenée à parler, la recette du fameux gâteau café-café qui lui avait valu le succès que l'on sait dans la colonie européenne de Batenda. Surgissent alors les jours incandescents de sa vie. Des jours qui n'ont rien perdu de leur douceur ni de leur éclat, ni de leur douleur non plus. Et sans doute, dût-elle vivre cent ans encore, et sa mémoire s'effilocher chaque jour un peu plus, ils resteraient longtemps en elle, noyaux rebelles à l'oubli... Ce jour-là, venue du nord du Continent, sa petite fille est à son chevet. Pour une raison précise."



Qui se souvient de David Foenkinos ? de David F himself !

Les bloggueuses averties se douteront que ce livre m'a été prêté par Caroline, of course. Et il est arrivé exactement au bon moment, enfin un peu de légèreté ! J'avais gardé un bon souvenir du "Potentiel érotique de ma femme" et celui-ci m'a tout autant réjouie. L'autodérision de l'auteur est très plaisante, le style est fluiiiiide et cette sensualité à fleur de page... grrrrr le fripon qu'il trouve bien les mots !

Qui se souvient de Davis Foenkinos?

"Je ne sais pas si certains d'entre vous se souviennent de moi. Il y a quelques années, j'ai publié Le potentiel érotique de ma femme. Ce roman, traduit dans de nombreuses langues, avait obtenu un réel succès. J'étais alors dans la promesse. Pourquoi les choses ont-elles si mal tourné? Depuis ce succès qui s'efface des mémoires, j'ai publié quatre autres romans et tous sont passés inaperçus. J'ai tenté d'analyser les raisons de mes échecs, mais il est impossible de comprendre pourquoi l'on devient invisible. Serais-je devenu médiocre? Suis-je trop allé chez le coiffeur? Pourtant, je dois absolument m'accrocher : bientôt, une fabuleuse idée de roman va surgir en moi. Bientôt, je serai à nouveau propulsé parmi les auteurs vivants. Enfin, on va se souvenir de moi."



Le lézard lubrique de Mélancholy Cove - Christopher MOORE

Cette fois, c'est à Fashion que je dois cette découverte et je la remercie car je ne serai sans doute jamais allée vers ce roman. C'est farfelu et merveilleusement décalé. Ce bled est complètement gue-din, les pensées de ses habitants sont savoureuses et il n'y a pas que le lézard de lubrique, croyez-moi ! J'ai lu quelque part qu'il y aurait une suite...


Le lézard lubrique de Melancholy Cove

"Un Gozilla qui n'aime pas le blues depuis que son bébé a été tué par Catfish, le bluesman. Un flic, fumeur de joints. Une schizophrène, ex-actrice de films de série Z post-apocalyptiques et une serveuse qui ferait pâlir d'envie " L'Homme qui valait trois milliards ". Un restaurateur qui porte les prénoms de Lovecraft et rêve " d'observer une indicible créature venue de la nuit des temps s'élever de ténébreuses profondeurs abyssales pour venir dévaster la civilisation et se repaître de chair humaine ". On reprend depuis le début ?"



Le libraire - Régis de Sa MOREIRA

Un petit livre tout réjouissant, tout doux, tout poudoupoudoupoudou ! (sonnette annonçant l'entrée des clients) Comme j'aimerais en connaître un libraire comme celui-ci au risque de me faire jeter de sa boutique en cas de demande jugée non conforme à son éthique. C'est frais, c'est touchant, ça parle aux amoureux des livres que nous sommes et ça fait un bien fou. Lire sur les livres est un de mes sujets favoris en ce moment. J'attaque bientôt "L'ombre du vent", si vous en connaissez d'autres, je suis TRES preneuse ;-)

Le libraire

"Vous l'avez lu ? Oui, dit le libraire. Moi aussi, répondit le jeune homme. Le libraire lui sourit. Le jeune homme prit confiance : Mais je l'ai offert à quelqu'un... à qui je n'aurais pas dû l'offrir. C'est difficile d'être sûr de ces choses-là, répondit le libraire. Oui, dit le jeune homme. Ne désespérez pas, dit encore le libraire. Certains livres sont à retardement... "



La maison en papier - Carlos Maria DOMINGUEZ

J'ai dû attendre trop de cette lecture et je suis un peu déçue. C'est très poétique et le concept même de cette maison "en papier" (je ne peux en dire plus) est très chouette mais quelque chose m'a gênée, j'ai eu l'impression de survoler l'histoire. Il me semble pourtant qu'il y avait matière à développer un peu plus pour prolonger la magie...

La maison en papier

"Un Argentin, professeur à l’Université de Cambridge, est nommé au poste de Bluma Lennon, morte renversée par une voiture alors qu’elle venait d’acheter un exemplaire des poèmes d’Emily Dickinson. C’est lui qui ouvre le paquet adressé à Bluma, posté en Uruguay, sans mention d’expéditeur et dont le contenu l’intrigue : un exemplaire de La ligne d’ombre, rongé par l’humidité et portant des traces de ciment et de mortier sur la couverture, la tranche et les pages. (...) De plus en plus intrigué par cette étrange histoire, effrayé aussi par le pouvoir que semblaient exercer les livres sur leur propriétaire, le narrateur se rend sur la côte de Rocha où il découvrira le mystère de La ligne d’ombre..."



Cul de sac - Douglas KENNEDY

Voici mon baptême de Douglas Kennedy et j'en suis enchantée ! Quand je pense que j'ai offert ce bouquin à un pote qui partait vivre pour un temps indéterminé en Australie... je me dis qu'il va m'en vouloir à mort et j'espère qu'il ne l'aura pas lu dans l'avion ! C'est noir et un brin sadique, j'adore. Il paraît que ce livre est très différent des autres mais je n'ai pas encore d'élément de comparaison.


Cul-de-sac

"Nick, héros bien malgré lui de ce thriller féroce, n'avait rien contre ce pays avant d'écraser un kangourou par une nuit sans lune. Sa rencontre avec la jeune et robuste Angie va le mener en plein coeur du bush. Au milieu de nulle part. Au sein d'un clan d'allumés coupés du monde, sans aucune route pour quitter ce traquenard. Nick, désormais, n'aura qu'une seule obsession : comprendre ce qu'il fait là et sauver sa peau. Fuir alors que toute la communauté le surveille..."



Death Note - tome 1

Et me voilà emportée dans la vague Manga ! Que voulez-vous, la lecture à l'envers est tellement dépaysante !! Des dessins pas trop chargés, une histoire tout à fait intrigante, voilà qui devrait me tenir en haleine un bon moment. A ce jour, 9 tomes sont disponibles, le 10ème est prévu pour le 6 juin et le 11ème pour le 4 juillet (source wikipédia).

Death note - Death note, T1

"Light Yagami ramasse un étrange carnet oublié dans la cour de son lycée. Selon les instructions du carnet, la personne dont le nom est écrit dans les pages du Death Note mourra dans les 40 secondes !! Quelques jours plus tard, Light fait la connaissance de l’ancien propriétaire du carnet : Ryûk, un dieu de la mort ! Poussé par l’ennui, il a fait entrer le carnet sur terre. Ryûk découvre alors que Light a déjà commencé à remplir son carnet…"

par Laetitia BERANGER publié dans : Partager mes lectures
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Lundi 14 avril 2008

Le dernier date de juin 2006, il est donc grand temps de l'actualiser et ceci avec un peu de méthode...

Car oui, j'ai pris une grande résolution ! Chaque année, je dresserai le top 10 des auteurs qui comptent le plus à mes yeux à l'instant T. Le top 10 de 2006 restera donc unique en son genre puisqu'il regroupait tous les auteurs marquants depuis que je suis en âge de lire ! Et comme d'autres méritent d'être à l'honneur mais sont encore trop "jeunes" pour intégrer ce palmarès, je ferai également le top 5 des livres lus dans l'année à la date anniversaire de mon blog. C'est clair pour tout le monde ? Aller, roulements de tambour, on y va...


1/ Muriel BARBERY sur le haut du podium parce que "L'élégance du hérisson" ne sort pas de ma tête depuis que je l'ai lu et qu'il reste le bouquin le plus fin au niveau des mots, des images et des idées que j'ai eu la joie de rencontrer ! Vivement le prochain...

2/ Mathias MALZIEU car je reste bouleversée par "Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi" et ébahie devant l'inventivité de cet auteur. J'admire aussi sa capacité à basculer dans le fantastique à partir d'une situation tout à fait "normale". De plus, ce génial énergumène est une vraie bête de scène, je ne regrette donc pas d'avoir complété l'expérience "La Mécanique du coeur" avec le cd et le concert !

3/ Alessandro BARICCO pour sa poésie... "Soie" reste mon préféré mais "Novecento : pianiste" et "Sans sang" sont des pépites également. Et comme je sais que je n'ai pas tout lu de lui, j'ai la certitude d'être encore heureuse. (Merci Jules Renard pour le bout de citation !)

4/ Pat CONROY qui m'a présenté la famille Wingo du "Prince des marées". Ils avaient eu la gentillesse de m'héberger dans leur Caroline du Sud un bon bout de temps car vous savez ce que c'est les histoires de famille quand on commence... et les leurs sont particulièrement corsées ! On me recommande aussi chaudement "Beach Music", à suivre donc...

5/ Marguerite DURAS  qui ne me laisse jamais indifférente même quand elle brouille les pistes et me sème en chemin ! Certaines phrases de "C'est tout" me chamboulent encore et même si j'ai jeté l'éponge pour "Le ravissement de Lol V. Stein" je suis convaincue que la route est encore longue et belle avec elle.

6/ Stefan ZWEIG "Le joueur d'échecs", "La confusion des sentiments" et tout ce qui me reste de son oeuvre à découvrir ! Un auteur qui me donne parfois du fil à retordre mais dont j'admire la finesse des portraits psychologiques. Un bémol pour la "Lettre d'une inconnue", elle fait pourtant l'unanimité mais elle m'avait plutôt laissée de marbre.

7/ Eric FOTTORINO pour le syndrome de "Korsakov" ayant un peu plus aiguisé mon intérêt pour les histoires tournant autour des troubles de la mémoire et pour le dérangeant "Caresse de rouge" aussi. J'ai acheté "Baiser de cinéma" mais je ne sais pas encore s'il tient ses promesses.

8/ Antoine de ST EXUPERY car je ne me lasse jamais de rendre visite au "Petit Prince"...

9/ Anna GAVALDA car même si je ne lirai peut-être pas "La Consolante", je n'oublie pas les amis que je me suis fait dans "Ensemble c'est tout" et la tristesse ressentie en les quittant.

10/ Diane SETTERFIELD en dernière position car il en faut bien un et parce que son roman est encore très frais dans ma mémoire mais pour m'avoir ainsi emportée "Le treizième conte" méritait amplement d'intégrer ce top 10 !


Nous remarquerons donc que Stephen KING quitte ce classement car il reste l'auteur phare de mon adolescence mais il y a bien longtemps que je ne l'ai pas lu (je m'en referai bien un à l'occasion d'ailleurs !), Bernard WERBER car je suis fâchée et déçue par tout ses derniers livres, JK ROWLING parce que Harry c'est fini et que je reste mitigée depuis le tome 5, PAGNOL et Agatha CHRISTIE que je n'oublie surtout pas mais qui ne font pas partie de mon "paysage livresque" actuel.

Les auteurs qui se maintiennent au top : St EX, FOTTORINO, ZWEIG, BARICCO et GAVALDA. Attention donc aux petits nouveaux, s'ils veulent garder leur place... il va falloir continuer à assurer cette année !


Et vous ? Vous me donnez votre top 10 ? Aller, ne soyez pas timides, je suis sûre que je découvrirai de nouveaux auteurs grâce à vous ;-)

 

par Laetitia BERANGER publié dans : Partager mes lectures
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Jeudi 3 avril 2008

Irlande nuit froide - Deirdre Madden

Commenté ici, dans le cadre des lectures "à thème" du club des théières de mars...



La chaussure sur le toit - Vincent DELECROIX

J'avais déjà entendu parler de ce bouquin dans le "Service littéraire" alors quand j'ai vu que So l'avait lu, je m'y suis intéressée de plus près et lorsqu'il est arrivé - grâce à elle - dans ma boîte aux lettres, c'est devenu carrément impossible de l'ignorer plus longtemps... Même si certains passages philosophiques m'ont, moi aussi, laissée assez perplexe, j'ai passé un très bon moment (sachant que j'ai arrêté de culpabiliser quand il m'arrive de sauter, au besoin, quelques passages...) J'ai particulièrement aimé au début, le dialogue entre le père et sa petite fille qui n'arrive pas à dormir parce qu'elle a vu un ange avec (entre autre) des chaussures ! Cela m'a provoqué plus d'une "poufferie" dans le métro. A lire donc, ne serait-ce que pour la construction très particulière du récit où se croisent et s'entrecroisent des personnages loufoques ayant tous rapport de près ou de loin avec cette mystérieuse chaussure sur le toit. Ou plutôt toutes ces chaussures, enfin c'est une question de point de vue et c'est à vous de juger ! 


La chaussure sur le toit

"Au centre du roman, une chaussure abandonnée sur un toit parisien. Tous les personnages du livre fréquentent le même immeuble, à proximité des rails de la gare du Nord. On rencontrera un enfant rêveur, un cambrioleur amoureux, trois malfrats déjantés, un unijambiste, un présentateur vedette de la télévision soudain foudroyé par l'évidence de sa propre médiocrité, un chien mélancolique, un immigré sans papiers, une vieille excentrique, un artiste (très) contemporain, un narrateur au bord du suicide... et une chaussure pleine de ressources romanesques."


De manière à connaître le jour et l'heure - Nicolas CAUCHY

Je ne pourrais mieux parler de ces deux romans que je ne l'ai fait . Je sais bien que c'est un peu confus mais cela reflète finalement assez bien mon ressenti ! Pour vous éclairer un brin, je vous mets les résumés ci-dessous (j'ai écourté le premier car il en dit trop à mon goût).


De manière à connaître le jour et l'heure

"Dimanche 21 juin, dans un bel hôtel particulier parisien, toute la famille est rassemblée autour de Jean, le père, pour fêter ses cinquante-quatre ans : Sophie, sa femme discrète et fidèle, Pierre, son fils et bras droit en affaires, avec sa femme et leurs deux fils, le bel Alexis et son épouse Amélie, enceinte jusqu’aux yeux, et leurs deux fils, et enfin Guillaume, le petit dernier, brillant et cynique. On trinque à Jean et au Big Deal, le magistral coup financier qu’il vient de signer et qui met sa descendance à l’abri, si besoin en était, pour plusieurs générations.
Samedi 27 juin, tout le monde est de nouveau réunie – cette fois autour du cercueil de Jean."


P.S: Un petit bémol pour le portrait en couverture qui donne à l'auteur un faux air de Francis Huster qu'il n'a pas du tout !



La véritable histoire de mon père - Nicolas CAUCHY


La véritable histoire de mon père

"Et alors vous êtes au milieu des gens qui ne savent pas, qui sont à mille lieues de savoir, parce que apparemment rien n'a changé. Et c'est vrai. Rien n'a changé. Tout est pareil sauf une chose : vous avez commis l'irréparable. " Simon fuit dans la nuit au volant d'une Porsche volée. Sur la banquette arrière, le corps de son enfant. Longtemps prisonnier de ses mensonges, Simon doit aujourd'hui regarder la vérité en face. Lui qui se croyait maître de ses sentiments s'est laissé déborder par la violence d'une passion et entraîner jusqu'aux rives de la folie. Le portrait sans concession d'un homme de notre temps. Un roman noir, précis, implacable."



Et au rayon BD...

Ghost World - Daniel CLOWES

Distrayant mais décevant aussi, je n'ai pas retrouvé l'ado que j'étais dans ces pages ! Toutes les filles se racontent-elles autant de trucs ainsi dans les moindres détails ?? Soit je suis plus pudique que la moyenne, soit j'ai oublié...

Ghost world

"Ghost World, c'est le monde fantôme dans lequel vivent Enid et Rebecca, deux amies qui, au sortir de l'adolescence, posent un regard impitoyable et sarcastique sur la société. Pour ces deux amies, une seule obsession, celle du paraître : l'important n'est pas ce que l'on est mais ce que l'on donne à voir. Le quotidien de deux jeunes filles pas comme les autres. "


Persepolis 3 et 4 - Marjane SATRAPI

Voilà, s'en est fini des aventures de Marjane, moi je l'aurais bien suivie encore un peu ! J'ai beaucoup aimé le 3ème volet en Autriche qui m'a vraiment amusée et émue à la fois car elle traverse des périodes très sombres mais s'en relève chaque fois un peu plus forte. Le dernier tome est peut-être le plus poignant car Marjane se retrouve confrontée aux changements liés à la guerre qu'elle n'a pas vécue et ayant ébranlé sa famille, ses amis et ses repères. Tout ceci sans pathos et avec humour en prime, fallait le faire !

Persepolis - Persepolis, T3

"Pour ce troisième volume (prépublié dans le cahier d'été 2002 de Libération), nous découvrons l'exil de la petite Marjane en Autriche, ses expériences chez les bonnes sœurs et chez les autres exilés iraniens, l'apprentissage d'un Occident qui la surprend et l'amène à revendiquer haut et fort ses origines. Si la suite de Persepolis ne se passe plus en Iran, elle n'en perd rien de sa force et de sa pertinence."

Persepolis - Persepolis, T4

"Marjane revient à Téhéran après 4 années d'absence. De son exil autrichien, elle est peu loquace. Elle souhaite oublier très vite ce qu'elle considère comme un cuisant échec et n'a qu'un seul objectif : retrouver ses proches, sa famille, ses amis, ses habitudes, bref, retrouver ses marques et surtout sa vie "d'avant". Hélas, comme elles, les personnes ont changé. Les événements ont fait leurs œuvres, et Marjane revient dans un pays qu'elle ne connaît plus…"



Poulet aux prunes - Marjane SATRAPI

Comme je ne pouvais pas en rester là, j'ai sauté sur cette BD qui me confirme que j'ai encore de bons moments à passer avec Marjane SATRAPI dont j'apprécie vraiment et la plume et le coup de crayon. Je suis très novice en BD mais c'est pour le moment une des seules qui me contente vraiment. C'est non seulement agréable visuellement mais les dialogues rebondissent et l'équilibre entre le texte et les images est parfait. En plus, on apprend plein des choses alors allez rendre visite à Nasser Ali Khan, il a un sérieux problème avec son tar (à plus forte raison si vous ne savez pas qu'il s'agit d'un instrument de musique !)


Poulet aux prunes

"Avec cette nouvelle Ciboulette, Marjane Satrapi comblera les lecteurs de PERSEPOLIS tout en en surprenant plus d'un. En effet, si l'ran et la famille de l'Auteur sont de nouveau les principaux sujets de POULET AUX PRUNES, l'Auteur explore ici de nouvelles voies de narration qui en font probablement son meilleur livre. Ou comment entrer dans le for intérieur de Nasser Ali Khan, qui a décidé de se laisser mourir car sa femme lui a cassé son tar, son instrument de musique inégalable..."

par Laetitia BERANGER publié dans : Partager mes lectures
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Mardi 1 avril 2008

Cher Monsieur Cauchy,

En quittant le salon du livre, emportant au fond de mon sac - non sans un brin de fierté - mon exemplaire dédicacé de votre dernier roman, j'étais bien loin de me douter... Bon sang, que ce début de phrase est laborieux et laisse présager une suite tout aussi niaise... Je reprends.

 

Monsieur Cauchy, bonjour,

Je vous écris ces quelques mots pour vous parler des vôtres... ou la la, ça ne s'arrange pas du tout ! OK, on efface tout et on recommence...

 

Nicolas,

Il faut qu'on parle !

Pourquoi ne pas m'avoir avertie ? Hein ? Moi, je n'avais pas flairé le danger, pas une seconde. J'ai ouvert votre livre en toute innocence, sans me douter que j'allais être happée toute entière au sein de cette maudite famille. Moi qui suis fille unique, j'ai toujours idéalisé les repas de fêtes, les relations frères/soeurs, les liens et tout le tralala... Alors autant vous dire que cette tribu-là m'a freinée net dans mes ardeurs ! Que de mensonges, de non-dits et de noirceur autour de ces personnages. Leurs confidences m'ont rendue voyeuse et dans leur malheur, je me suis même permise de les juger. Vous imaginez ? Ben oui, bien sûr, vous savez tout ça. Et Jean... je l'ai observé de près, je l'ai suivi, j'ai tenté de le comprendre à travers tous ces autres qui gravitent, qui gravitent… Et puis, j'ai refermé votre livre et là, j'ai ressenti comme une drôle de sensation mitigée. Impossible de me faire une opinion. J'avais aimé puisque quelques heures m’avaient suffi à engloutir ce roman mais j’avais aussi comme un goût de "il m'a manqué quelque chose" sur les lèvres. Pourtant, ni l'intrigue, ni les personnages ne manquent de saveur mais c'est un peu comme un rendez-vous écourté. Comme si j'étais passée à côté d'eux, comme si nous avions un peu raté notre première rencontre. Et cette histoire de montre rose, il faudra que je vous questionne là-dessus parce que ça m’a obsédée à la fin. Alors, je ne pouvais pas en rester là, il fallait que je sois fixée sur votre compte. Je me suis donc procurée illico votre premier roman.

 

Maintenant je sais. Je sais quoi penser.

Et je pense que je vous en veux un peu.

 

Pourquoi ? Parce qu’on ne ressort pas indemne de cette lecture-là. Parce que vos mots, comme précédemment m'ont attrapée et ne m'ont pas laissée filer avant de tous les avoir absorbés. J'ai eu mal tout de suite, quelque part entre le coeur et le ventre. Dès les premières lignes, le malaise était installé. Et vous avez voulu ça. Je vous en veux mais vous l'avez bien cherché. Car je ne peux pas tout mettre sur le dos de Simon n'est-ce pas ? C'est bien vous qui lui avez donné ce rôle sordide, c'est bien dans votre esprit qu’a germée cette histoire insoutenable ? Alors moi, je décide de vous en vouloir de m'avoir donné à ressentir toute cette répugnante violence. Le pire, dans cette histoire est encore à venir. Le pire, c'est que moi, j'ai dévoré tout ça. Les mots, les images; l'infâme, l'ignoble; les synonymes ne manquent pas. Englouti, croqué, avalé tout ça. Simon, Hélène, Simon, les autres, encore Simon. J'ai détesté ses pensées, ses mots sales, son jugement abject sur les siens. J'ai détesté. Quoi ? J'ai adoré détester ? Moi ? J'ai aimé ça ? J'ai aimé cette horreur, ce zénith d'immoralité ? Oui, c'est bien vrai, j'ai aimé. Nicolas, qu'as-tu fait là ? Pourquoi venir me tourmenter ainsi ? Remuer et serrer mes tripes. Me faire tourner la dernière page et ressentir de nouveau quelque chose de bien compliqué qui hésite entre le dégoût et le soulagement d'en avoir fini avec tout ça. Sentiment bien trouble... C’est ça que tu cherchais ? Je l’espère car tu pourrais en être fier.

 

Voilà, j'ai adoré détester.

Alors que disais-tu déjà ? Un mot, un seul ?

Non, plutôt trois :

 

MERCI A TOI.


LB.

par Laetitia BERANGER publié dans : Une rencontre, un auteur
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