Festival du film asiatique 2013

Publié le par Laetitia BERANGER

Je me suis rendue pour la quatrième année à Deauville pour cette bouffée cinéphile asiatique et le bilan est, cette fois encore, tout à fait mitigé ! Reste néanmoins le dépaysement de ces voyages immobiles, confortablement installée dans le moelleux des sièges du CID...  

 

Vendredi 8 mars 2013

 

17h00 : I.D. - Kamal K.m.

 

I.D.

 

 

 

"Charu et ses amies partagent un appartement dans l’une des tours de Mumbai. Toutes âgées d’une vingtaine d’années, elles sont venues des quatre coins du pays pour vivre dans la métropole. Un jour, un ouvrier se présente pour faire des travaux de peinture. Agacée de ne pas avoir été prévenue par ses colocataires, Charu presse le peintre d’en finir rapidement mais le retrouve quelques minutes plus tard allongé sur le sol, inconscient. Paniquée mais animée par la volonté de bien faire, elle part sillonner la ville de long en large à la recherche de la moindre information qui puisse la renseigner sur l’identité de cet homme…."

 

 

 

J'ai bien failli louper cette première projection pour cause de moutons arrêtés sur les voies ferrées mais le stress de mon arrivée aura été parfaitement raccord avec le film... Je me suis complètement laissée entraîner dans cette quête anxiogène renforcée par une ambiance sonore soignée et j'ai très bien ressenti le poids de la responsabilité endossé par la jeune femme. Je revois aussi nettement ces visages, ces centaines de visages et de mains se saisissant de l'iphone conservant le visage de l'inconnu...

 

 

Samedi 9 mars 2013

 

10h00 : The town of whales - Keiko Tsuruoka

 

THE TOWN OF WHALES

 

 

 

 

"Machi est lycéenne et pense constamment à son frère ainé qui a disparu six ans plus tôt. Persuadée que ce dernier se trouve à Tokyo, Machi et ses deux  meilleurs camarades de classe, Tomohiko et Hotaru, décident de s’y rendre, avec de bien maigres indices en mains mais le coeur plein d’espoir…"

 

 

 

 

Ici aussi, il s'agissait d'une quête mais alors beaucoup moins trépidante ! L'ennui de l'âge adolescent est devenu mien, j'ai livré une lutte sans merci contre l'apesanteur : mes paupières ont finit par remporter le combat. Aucun intérêt, selon moi...

 

 

11h30 : Taboor - Vahid Vakilifar

 

TABOOR

 

 

 

"Hypersensible aux ondes électromagnétiques qui l’entourent, un homme voit la température de son corps augmenter de jour en jour. Afin de se protéger, il s’est confectionné une combinaison en aluminium qu’il porte sous d’amples vêtements. Malgré son état physique, l’homme enfourche sa moto à la tombée de la nuit et rend visite à ses clients. Sa mission : désinsectiser les habitations. L’homme plonge chaque soir au coeur de la nuit, parcourant  tous les recoins de cette mégapole où le temps semble arrêté, où nulle trace du tumulte de la journée ne demeure. Tout en guettant l’aube, il est confronté aux intrigues de la nuit."

 

 

 

Si le genre expérimental vous rebute, passez immédiatement votre chemin car l'absence quasi totale de dialogue et les interminables plans fixes auront raison de vous ! Entre deux battements de cils, j'ai pensé à Kubrick pour la chambre du "cosmonaute" et aussi aux perspectives de couloirs de l'Overlook hotel... Pour fixer mon attention, j'ai ensuite tenté de repérer de la musique concrète dans les gestes répétitifs du dératiseur mais lorsque ma rangée s'est vidée complètement et que le point culminant fût atteint avec la scène dite du "steak", j'ai quitté la salle pour m'épargner cette lente agonie vers une combustion spontanée !

 

 

13h30 : Apparition - Vincent Sandoval

 

APPARITION

 

 

"1971. Les soeurs du Monastère de l’Adoration mènent une existence paisible et isolée, loin de la ville de Manille. La mère supérieure Ruth dirige le lieu et accompagne ses consoeurs dans leurs prières et leurs rituels quotidiens, fière de les protéger des vicissitudes du monde extérieur. La jeune Lourdes, ordonnée depuis peu, a rejoint le monastère et découvre la vie recluse. Peu de temps après son arrivée, Remy, une nonne externe, reçoit la visite inattendue de sa mère qui lui annonce la disparition de son frère activiste. En toute discrétion, Remy décide alors d’assister à des réunions de familles dont les proches ont disparus…"

 

 

 

 

A ce stade de la journée, j'avais grand besoin d'un film "normal" et celui-ci remplit plutôt bien sa mission. A la lumière très blanche du monastère succèderont les ombres de la forêt... La caméra tourne, glisse comme une caresse dans les cheveux des soeurs, n'espérez néanmoins pas trop de douceur ! 

 

 

15h30 : Dragon gate : la légende des sabres volants - Tsui Hark

 

DRAGON GATE : LA LÉGENDE DES SABRES VOLANTS

 

 

 

"Perdue en plein désert, l'Auberge du Dragon est devenue le repaire de voleurs depuis que la rumeur en a fait un lieu incontournable pour bandits et aventuriers en tout genre : elle serait bâtie sur une ancienne cité recouverte par le sable et cachant un fabuleux trésor que seule une gigantesque tempête, se produisant tous les soixante ans, pourrait mettre à jour. Alors qu’une tempête de sable menace, les rivalités vont s’exacerber jusqu’à l’inévitable affrontement entre les factions opposées..."

 

 

 

 

Je me suis étonnée de voir crédité dès le générique un "chorégraphe de combat" et puis, j'ai très vite compris pourquoi ! Pour apprécier ce genre de film, il faut immédiatement accepter que rien ni personne ne soit soumis à la gravité et ne surtout pas chercher à comprendre le scénario alambiqué ; ça part dans tous les sens, le sang perle dans les airs et se fait rubis, on saute, on virevolte, on s'étourdit... Un film ? Non, un jeux vidéo plutôt  !

 

 

Dimanche 10 mars 2013

 

9h00 : Bouddha, le grand départ - Kozo Morishita

 

BOUDDHA : LE GRAND DEPART

 

 

 

"En rencontrant Migaila, une jeune fille de caste inférieure, Siddharta décide de quitter le palais qu’il occupe pour voyager à travers la campagne et ses villages afin de se confronter aux réalités de la pauvreté. Parallèlement, Chapra, un jeune garçon sauvé de l’esclavage, devient le chef de l’armée du royaume de Kosala qui convoite les ressources naturelles du royaume voisin, celui de Shakya. Siddharta et Chapra vont devoir s’affronter lors d’une guerre qui poussera le premier à changer de vie. Il deviendra le prince du royaume de Shakya, plus connu sous le nom de Bouddha."

 

 

 

 

Point de demi-mesure ici, on est soit dans l'horreur, soit dans le merveilleux : du manga pur et dur avec des méchants très méchants, un prince courageux et des femmes douces et effacées ! Malgré tous ces clichés, la fable empreinte de spiritualité se laisse regarder...

 

 

11h30 : Shokuzai - Celles qui voulaient se souvenir - Kiyoshi Kurosawa

suivi à 15h00 de : Celles qui voulaient oublier

 

SHOKUZAI - CELLES QUI VOULAIENT SE SOUVENIR

 

 

 

"Dans la cour d'école d'un paisible village japonais, quatre fillettes sont témoins du meurtre d’Emili, leur camarade de classe. Sous le choc, aucune n’est capable de se souvenir du visage du tueur. Asako, la mère d’Emili, désespérée de le savoir en liberté, convie les quatre enfants chez elle pour les mettre en garde : si elles ne s’en rappellent pas, elles devront faire pénitence toute leur vie. Quinze ans après, que sont-elles devenues ? Sae et Maki veulent se souvenir. Akiko et Yuka veulent oublier. Et la mère d’Emili, que cherche-t-elle encore après tout ce temps ?"

 

 

 

 

Et voilà que la programmation me réservait le meilleur pour la fin avec ce film fleuve en deux parties... Quel plaisir d'interprétation, de construction, de sensations ! Si le premier volet m'a davantage ébouriffée, c'est certainement grâce à son suspense diablement maîtrisé et si la suite ou plutôt la fin, m'a un peu laissée sur le côté, j'ai tout de même été très impressionnée par le portrait ciselé de ces cinq femmes, chacune à leur manière, traumatisée...

 

 

Le  Palmarès complet est visible ici, 3 des films que j'ai vu y sont primés avec, je vous le donne en mille, un "Taboor" récompensé par la critique... Aaaah, s'ils n'existaient pas, il faudrait les inventer !

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@ntoine 27/03/2013 21:53


C'est quoi la scène du steack ? Tu éveilles ma curiosité.