Jeudi 7 juin 2007
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10:45
Aujourd'hui est un grand jour... J'inaugure une nouvelle catégorie et j'écris mon premier article sous la version 2 d'Overblog ! Je découvre de nouvelles fonctions
comme la "provenance des visiteurs" qui offre de sacrées surprises... Par exemple, certaines personnes sont arrivées ici en tapant "emmanuelle laborit nue" ou "video caline" sur google, les
pauvres ont dû être déçus en attérissant sur une critique du "Cri de la mouette" et un récit du rassemblement "Free Hugs" !!!
Enfin, en parlant d'Emmanuelle Laborit...
(attention transition !) j'évoquais dans un précédent article mon apprentissage de la langue des signes, j'en reparlerai mais dans un premier temps j'aimerais vous
faire partager mes découvertes liées à cette langue toute particulière. Jusqu'ici, je l'ignorais mais il y a une véritable "culture sourde" et elle est d'une richesse
que l'on ne soupçonne pas ! J'ai donc décidé de m'y intéresser de plus près en assistant à des manifestations assez originales. J'ai commencé par me rendre au théâtre IVT, dont
la volonté est véritablement de mélanger les deux populations, sourdes et entendantes au travers de spectacles accessibles à tous.

Ma première expérience n'a pas été la meilleure car j'ai assisté à une pièce inspirée de l'univers de Beckett "Actes avec ou sans paroles" sans
doute un brin trop conceptuel pour moi ! Mais l'aventure n'en reste pas moins unique et pas si déroutante puisque j'y retourne ce mois-ci pour voir l'adaptation du "Grand Cahier" d'Agota
Kristof. Roman que j'ai lu et apprécié, ce qui est déjà un bon début !
Pour plus d'infos: www.ivt.fr le site est très complet et présente aussi bien le programme
des spectacles, les éditions de livres sur la LSF, leurs cours, etc...
D'autre part, la semaine dernière, je me suis rendue au Louvre pour une animation organisée en partenariat avec ce fameux théâtre IVT dont voici le "concept":
"Vendredi 1er juin 2007 à partir de 19h, aile Richelieu. La langue des signes et le théâtre visuel invitent à enrichir notre relation aux œuvres…
Le musée du Louvre, lieu du regard par excellence, invite la gestuelle de la langue des signes et du théâtre visuel à enrichir notre relation aux oeuvres. Loin
d’être un événement à destination des seules personnes sourdes, cette nocturne est une invitation à voyager, au travers de l’expression corporelle, dans le temps et l’histoire de l’art. Grâce à
la langue des signes, IVT (International Visual Theatre) propose une autre approche sensorielle du musée, une sensibilisation du regard. Il s’agit d’éveiller la curiosité de tous les visiteurs
grâce à des rencontres inattendues tout au long d’un parcours où les œuvres seront interprétées sur des modes humoristiques, oniriques, fantastiques…
Louis XIV et Napoléon se réincarnent sur leur piédestal, tandis que des silhouettes furtives hantent les salons Napoléon III… À quoi pense Don Francisco De Moncada sur son cheval ?
Que se disent Marie de Médicis et Henri IV ? La blanche poule du tableau de Hondecoeter échappera-t-elle aux griffes de l’aigle?"
... et j'ai adoré !!!
Un parcours ponctué d'une dizaine d'interventions en LSF, tout simplement fascinant... J'ai tout d'abord été très impressionnée de voir ces comédiens
s'approprier les lieux, prendre place au milieu des statues et évoluer derrière les très respectés "cordons rouges" qui délimitent les espaces dans cette véritable institution qu'est le Louvre !
J'ai ensuite été conquise par le ballet de ces mains si agiles et même si je n'ai capté au passage que quelques signes, les expressions du visage et du corps parlent tellement ! Si cette
animation est reconduite, n'hésitez pas, c'est vraiment quelque chose à voir...
Surtout, n'oubliez pas d'applaudir en LSF (levez vos mains et secouez les en l'air) ça fait moins de bruit dans un musée !
Par Laëtitia BERANGER
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Mardi 19 juin 2007
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11:58
Un très beau moment de théâtre où la langue française et la langue des signes sont mises à égalité.
Les deux jumeaux sont incarnés par une comédienne entendante qui dit le texte d'Agotha Kristof avec une justesse remarquable et un comédien sourd
qui signe en parallèle. Cette méthode renforce l'effet miroir et permet une compréhension parfaite pour les deux publics. Par moment, la comédienne signe aussi pour
souligner certains passages et là, c'est un ballet de mains parfaitement synchronisé et une très belle complicité à contempler.
Le livre était encore très frais dans ma mémoire et je redoutais un peu la violence et la cruauté de certains passages. L'adaptation ne gomme en rien la dureté de l'histoire mais la mise
en scène très bien pensée vous porte et vous fait découvrir le destin de ces deux enfants pas comme les autres de manière vraiment exaltante (les comédiens actionnent continuellement des
interrupteurs pour jouer avec les lumières, ils utilisent des accessoires très simples pour caractériser d'autres personnages et une musique pleine de basses que l'on sent résonner sous ses pieds
ponctue le récit). Curieusement, j'ai eu l'impression de beaucoup moins subir le "trash" de cette histoire durant la pièce qu'à la lecture du roman ou malgré une certaine répulsion je ne pouvais
m'empêcher de tourner les pages !
De toutes les manifestations mêlant la LSF auxquelles j'ai assisté, c'est la première qui m'a permis de profiter pleinement des signes sans pour autant me sentir frustrée de n'avoir
accès qu'à la forme au détriment du sens. Comme j'ai eu la satisfaction de capter quelques signes, ça va me motiver pour mes cours !
[Petit théâtre d’hommes et d’objets pour cabane bidouillée]
"Alors que la guerre sévit dans la grande ville, Klaus et Lukas, enfants jumeaux, sont livrés par leur mère aux soins de leur
grand-mère à la campagne. Désormais, ils seront appelés « fils de chienne » et seront plongés dans un univers sans éducation ni tendresse.
Mais dans leur vie d’avant, les jumeaux ont appris à lire et à compter. Et si maintenant il n’y a plus d’école, ils entendent bien
continuer seuls. Ils s’inventent alors, avec les moyens du bord une éducation faite de compositions et d’exercices d’endurcissement.
Plus encore que l’histoire de deux enfants dans la guerre, Le Grand Cahier est l’histoire de deux êtres qui s’acharnent à détruire
sans discernement tout ce qui fait souffrir, mais peut-être Le Grand Cahier n’est-il qu’une histoire inventée par deux enfants pour un jeu."
La pièce se joue encore jusqu'au 23 juin, même sans intérêt
particulier pour la LSF, allez-y vous ne serez vraiment pas déçu et cela vous fera découvrir le théâtre IVT (www.ivt.fr).
Voir article précédent sur ma lecture du "Grand cahier" :
Par Laetitia BERANGER
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Dimanche 9 mars 2008
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18:10
Et voilà mon baptème de Manga !
Bon, je ne vous cacherai pas que les débuts ont été laborieux. Certes, l'inculte que je suis avait bien compris qu'il fallait commencer le livre "par la fin" mais l'inversion ne s'arrête pas là.
Ben non, se serait trop simple. J'avais aussi assez rapidement déduis que je devais lire la page de droite puis la page de gauche. Ok, jusqu'ici, c'était déjà pas si mal. MAIS une grosse méprise
m'a posé quelques soucis de compréhension dans les premières pages... En effet, la dernière subtilité que j'ignorais est qu'il faut également lire les bulles de droite à gauche. Ah bah, c'est sûr
que c'est plus compréhensible une fois qu'on a pigé ça !
Bref, à part ces insignifiants détails techniques, j'ai donc découvert le manga de Osamu Yamamoto "L'orchestre des doigts" et compte tenu de mon
intérêt pour la langue des signes, c'est une très belle découverte. Cette série est composée de 4 tomes, j'en ai déjà dévoré 2... Les dessins sont entièrement en noir et blanc et
un soin particulier est apporté à l'expression des visages. Moi qui craignais de ne pas "rentrer" dans l'histoire car ayant peu l'expérience du livre-bd, j'ai toujours la sensation qu'il va me
manquer "du texte" et bien question émotion, j'ai été servie ! Je pense notamment aux scènes où les novices en langue des signes découvrent leurs premiers "mots"... les larmes n'étaient pas loin
de couler !
Tome 1
Dans ce premier tome, nous faisons la connaissance de Takahashi Kiyoshi, un jeune homme passionné de musique qui, faute de moyens, va devoir abandonner ses
études. De dépit, il décide d'aller s'isoler dans un monde de silence pour oublier sa passion en acceptant un poste à l'école des aveugles et
sourds-muets d'Osaka. Il ignorait alors, qu'il allait rencontrer des gens qui allaient complètement changer sa vie. Parmi eux, Issaku,
un enfant sourd au comportement violent que personne n'arrive à approcher. Le jeune professeur va tenter de comprendre cet enfant et parallèlement, il va découvrir la langue des signes. Ce
premier tome illustre très bien la douleur engendrée par l'incapacité à communiquer et les difficultés rencontrées par les enfants sourds pour comprendre le monde qui les
entoure.
"Cette fiction est inspirée d'une histoire vraie, relatant l'apprentissage de la langue des signes par de jeunes sourds-muets japonais. L'histoire commence en
1914 avec l'arrivée à l'école d'Osaka d'un jeune professeur qui a étudié la musique et a renoncé à poursuivre ses études en France. Il a en effet décidé de travailler dans une école d'aveugles et
de sourds-muets, l'Institut d'aveugles et de sourds-muets d'Osaka, fondé en 1901. C'est ici qu'il rencontre Issaku, jeune enfant sourd-muet exprimant une grande violence car ne sachant pas
communiquer. Le professeur n'aura de cesse de l'aider et de découvrir par la même occasion le monde complexe du silence et l'incompréhension qui l'accompagne."
Tome 2
Nous suivons avec plaisir les progrès d'Issaku en langue des signes, ses relations nouvelles avec ses amis et sa famille. Ce second tome est pourtant plus
sombre que le précédent car le contexte social et politique va venir noircir le tableau avec la période de pénurie de riz qui va plonger l'école dans la famine. De nouveaux personnages font leur
apparition comme la famille Nishikawa dont la petite fille est atteinte de surdité. Alors que l'histoire est jusqu'ici centrée sur la méthode gestualiste, nous pouvons imaginer que le tome
suivant abordera la question de l'oralisme car le père de cette petite fille refuse qu'elle entre à l'école d'Osaka pour y apprendre à signer...
"Takahashi a enfin pris ses marques dans la grande école d'Ôsaka pour enfants sourds et aveugles. Mais le combat n'est qu'à moitié gagné et Takahashi a pris la
juste mesure des limites de son enseignement. Apprendre en effet la langue des signes aux enfants les aide à mieux se comprendre et s'exprimer, mais ne préjuge en rien de leur aptitude à se faire
comprendre de leur famille."
Par Laetitia BERANGER
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