Un tramway (qui déraille)

Publié le par Laetitia BERANGER


D'après "Un Tramway nommé désir"


de Tennessee Williams
au théâtre de l'Odéon
jusqu'au 3 avril




avec Isabelle Huppert, Andrzej Chyra, Florence Thomassin, Yann Collette, Renate Jett, Cristián Soto

mise en scène Krzysztof Warlikowski

"Blanche
Dubois, sa valise à la main, s'invite chez sa soeur. Ses rêves trahis, sa solitude, son désespoir sont encore des secrets qu'elle n'a partagés avec personne. Elle n'a plus nulle part où aller, où fuir ce qu'elle est devenue. Et son dernier refuge, dans un quartier populaire de la Nouvelle-Orléans, au bout de la ligne de ce tramway nommé Désir, est un petit appartement en rez-de-chaussée où la proximité des corps, nuit après nuit pendant des mois, finira par tourner au drame..."





tramway.jpgJe ne suis pas coutumière de la "mitigée attitude" mais cette pièce m'inspire des sentiments très contradictoires ! Pour commencer, il y a ce choix d'exposer dès le départ la folie de Blanche : discours semi incompréhensible d'une Isabelle HUPPERT en guépière noire, jambes écartées et bouche emplie de... chamallows ? Immédiatement, j'ai pensé Merde la fin est déjà là, sous nos yeux, quel gâchis ! Parce que le souvenir que j'ai du film c'est justement cette progression du personnage vers la folie et la noirceur malgré ses efforts désespérés pour feindre la légèreté. Ensuite, il y a ce mélange déroutant de tout ce que j'aime et de tout ce que je déteste dans le théâtre contemporain : OUI aux images projetées en fond de scène qui permettent d'explorer les visages de très près, au décor mosaïque, à la démesure, au micro qui donne à entendre souffle, chuchotis et autorise les variations... NON à la nudité gratuite qui ne raconte rien et ne choque plus personne (je parle de celle de Yann COLLETTE boxeur ridicule et non celle de Florence THOMASSIN adorable poupée), aux digressions chantées interminables, aux clichés réducteurs (pourquoi ce festival d'accents improbables ?!), à la vulgarité... Mais malgré tout cela. Comment vous dire. Les yeux fous d'Isabelle Huppert, cette voix qui s'emballe, l'excès jamais ridicule... Après 2h40 pour le moins inégales, demeure néanmoins le frisson d'une expérience singulière. Un grand moment de théâtre, imparfait mais saisissant.

Publié dans Les mots en scène

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Lucile 28/02/2010 22:31


Il faudra que tu podcastes le Masque et la Plume de ce soir : toujours animé les débats, mais ce qui en ressortait me semble assez proche de ton avis! :)


Laetitia BERANGER 02/03/2010 10:28


@Lucile : Pfiouu le podcast du Masque a mis un moment avant d'arriver dans mon itunes... Mais je rejoins effectivement l'avis général ! Gilles Costaz et Jacques Nerson n'étaient d'accord sur
rien et l'ambiance était particulièrement tendue brrrr.


Alice 26/02/2010 12:52


J'ai vu la pièce, j'ai exactement le même ressenti ! Oui les micros et la nudité berk, c'est pas très élégant  !!!! J'ai trouvé le traitement de cette pièce très curieux ;-)