Ultra couleur versus noir & blanc

Publié le par Laetitia BERANGER


MICMACS A TIRE-LARIGOT

Réalisé par Jean-Pierre Jeunet
Avec
Dany Boon, André Dussollier, Nicolas Marié...

Micmacs à tire-larigot"Une mine qui explose au coeur du désert marocain et, des années plus tard, une balle perdue qui vient se loger dans son cerveau... Bazil n'a pas beaucoup de chance avec les armes. La première l'a rendu orphelin, la deuxième peut le faire mourir subitement à tout instant. A sa sortie de l'hôpital, Bazil se retrouve à la rue. Par chance, ce doux rêveur, à l'inspiration débordante, est recueilli par une bande de truculents chiffonniers aux aspirations et aux talents aussi divers qu'inattendus, vivant dans une véritable caverne d'Ali-Baba (...)"

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Le site officiel

J'ai passé un bon moment mais il s'agit à mon sens, d'un tout petit Jeunet. Visuellement, c'est toujours chouette - à condition, d'aimer comme moi, les filtres jaunes et les visages filmés en très gros plan - mais le scénario est plutôt raplapla. Quelques longueurs dues également au recyclage de certaines idées, on retrouve notamment l'énumération de proverbes (cela m'avait plu dans le fabuleux destin mais là forcément, c'est sans surprise). A la longue, l'aspect caricatural des personnages a fini par me lasser. Mais de-ci, de-là, de très jolies choses comme cet automate fabriqué par Petit Pierre, restituant la danse d'une jeune fille à la jupe tourbillonnante...


LE RUBAN BLANC

Réalisé par Michael Haneke
Avec
Christian Friedel, Ernst Jacobi, Leonie Benesch

Le Ruban blanc 
"Un village protestant de l'Allemagne du Nord à la veille de la Première Guerre mondiale (1913/1914). L'histoire d'enfants et d'adolescents d'une chorale dirigée par l'instituteur du village et celle de leurs familles : le baron, le régisseur du domaine, le pasteur, le médecin, la sage-femme, les paysans... D'étranges accidents surviennent et prennent peu à peu le caractère d'un rituel punitif. Qui se cache derrière tout cela ?"

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Pour mon baptême d'Haneke, je craignais soit de m'ennuyer, soit d'être trop bousculée... Aucune de ces deux inquiétudes ne s'est réalisée ! La violence est bien présente mais elle est plus suggérée que montrée (c'est parfois pire, je vous l'accorde) et je n'ai pas vu passer ces presque deux heures et demie. Je ne vais pas argumenter sur le fond avec cette polémique sur l'interprétation possible du film. Qu'on y voit l'origine d'une forme de violence oui, la naissance du fascisme non, ça n'est pas une évidence pour moi.
Les images en noir et blanc sont sublimes, ce contraste entre la blancheur des paysages et  l'intérieur sombre des maisons... Les enfants sont absolument fascinants, ils parlent très peu mais les mâchoires serrées et la dureté des regards sont éloquents.  La tension est là, de nombreux indices nous font entrevoir le pire comme cette question anodine  -Quel âge as-tu ?-posée régulièrement par les hommes aux jeunes filles du village. L'ensemble est éprouvant mais le film comporte aussi quelques passages d'une infinie tendresse, comme lorsque l'enfant offre son oiseau à son père pour le réconforter. Ce dernier attendra que la porte soit refermée pour laisser paraître son émotion. Il y a bien un coeur qui bat sous cette austère carapace, impossible alors de comprendre les raisons d'une telle  sévérité à l'encontre de sa famille (car si les enfants sont maltraités, les femmes ne sont pas en reste).
Chose étonnante, j'ai pour la première fois, trouvé la langue allemande d'une grande beauté. Les dialogues brisent souvent le silence effroyable des maisons, c'est peut-être pour cela que leur sonorité m'a particulièrement frappée. Les génériques de début et de fin défilent dans un silence glaçant, j'ai rarement senti une atmosphère si pesante dans la salle...

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kilucru 09/11/2009 00:25


Sorry je ne sais pas ce qui a bien pu se passer !
je crois me souvenir dire à peu pres ceci : Haneke s'interoge souvent sur la violence, le mecanisme et les differents formes de celle-ci ! mon premier contact avec le réalisateur remonte au film
"Funny games", la première version, l'autrichienne donc, la seconde que je n'ai pas vu n'est autre qu'une copie plan par plan de l'originale la seule difference résidant dans le choix des acteurs,
américains cette fois ! il n'y avait là de sa part aucune intention mercantile je pense, simplement l'envie de faire passer son message ou plutot ses interrogations, nous interpeller encore et
encore sur son theme de predilection, l'homme serait-il à 80% réellement mauvais , d'où lui parviennent ces pulsions menaçantes!
Funny Games est un film coup de poing, terrible, encore l'horreur suggerée et quasi silencieuse...dans mon esprit une connexion s'établit avec le film de Kubrick "Orange mécanique", il s'agit
pourtant de deux approches differentes ..mais bon quand une image, un lien se crée ..je ne peux l'ignorer..
Voila seconde bouteille à la mer, j'espère qu'elle te parviendra ;o)


Laetitia BERANGER 12/11/2009 15:58


@Kilucru : Merci d'avoir réécrit tout ton com ! Je crois que j'aurais l'âme un peu trop sensible pour "Funny Games" et je n'ai pour la même raison encore jamais vu "Orange mécanique"...


kilucru 06/11/2009 18:51










Laetitia BERANGER 08/11/2009 23:37


@Kilucru : commentaire sûrement pertinent mais néanmoins... tout blanc !