Lectures octobre 2009

Publié le par Laetitia BERANGER

Ce que sais de Véra Candida - Véronique OVALDE

J'ai passé un délicieux moment en compagnie de Véra Candida, elle vient s'ajouter aux quelques personnages qui me manquent, maintenant que la dernière page est tournée. A la fin, j'ai pensé Tu l'as lu trop vite, il aurait fallu savourer... Là aussi, j'ai envie de le comparer au "Coeur cousu" (je sais, ça devient une manie) le style est très différent mais il est de nouveau question de transmission mère/fille à travers plusieurs générations. Les images, les associations d'idées sont souvent inventives et surprenantes, la plume légère et pleine de fantaisie raconte pourtant une histoire bouleversante mais jamais larmoyante. (J'ai par ailleurs, beaucoup aimé les propos de Véronique OVALDE au micro de la malicieuse Rebecca Manzoni).

Ce que je sais de Vera Candida

"Quelque part en Amérique du Sud, dans l’île de Vatapuna ou à Lahomeria, trois femmes d’une même lignée semblent prédestinées à connaître le même sort : mettre au monde une petite fille et être forcée de taire à jamais le nom du père. Elles se nomment Rose, Violette et Vera Candida. Ce sont des femmes éprises de liberté mais enclines à la mélancolie, des femmes téméraires mais sujettes aux fatalités propres à leur sexe. Chacune à sa manière se bat pour faire honneur à ce qu’elles sont : des mères affranchies, bien décidées à se choisir elles-mêmes leur destin."


La nuit je suis Buffy Summers - Chloé DELAUME

Il m'a sans doute manqué des tas de références pour pouvoir apprécier au mieux cette fan-fiction mais le concept de livre-jeu allié au style Delaumien m'a beaucoup amusée. Lors de la première "partie", je suis morte très vite. Alors j'ai recommencé. Plusieurs fois. J'ai triché aussi. Les dés sont imprimés en bas de chaque page, il suffit de les faire défiler et arrêter le doigt sur une page pour connaître le résultat. J'avoue avoir fait marche arrière quand le lancer de dés me conduisait un peu trop souvent dans les bras de la maléfique Miss Mildred...

La nuit je suis Buffy Summers

"L'hôpital psychiatrique dans lequel vous séjournez est en proie à l'agitation. Vos voisins de cellule sont fébriles, le personnel soignant tendu ; les rumeurs se répandent, les incidents se multiplient. Vous ne voyez pas le rapport entre le trafic d'organes orchestré par l'infirmière en chef et la dénommée Buffy Summers aka la Tueuse, héroïne de série télévisée. Pourtant vous allez devoir enquêter, survivre, et peut-être même sauver le monde. Enfin si vous êtes prêt à jouer. Après Corpus Simsi et Certainement pas, Chloé Delaume poursuit son exploration du jeu en littérature. S'inspirant des traditionnels livres dont vous êtes le héros, La nuit je suis Buffy Summers est un roman interactif où humour, fantastique et détournements littéraires proposent au lecteur de singulières pérégrinations en terre d'amnésie."
 

J'irai cracher sur vos tombes - Boris VIAN

On est bien loin de l'univers poétique de "L'écume des jours" mais c'est une lecture très forte qui m'a tenue captive jusqu'au bout. Une mécanique précise, huilée pour une vengeance terrifiante. Violent, cru et parfaitement immoral... j'ai adoré ça !

J'irai cracher sur vos tombes

"Si vous le lisez avec l'espoir de trouver dans J'irai cracher sur vos tombes quelque chose capable de mettre vos sens en feu, vous allez drôlement être déçu. Si vous le lisez pour y retrouver la petite musique de Vian, vous l'y trouverez. Il n'y a pas beaucoup d'écrits de Vian dont il ne suffise de lire trois lignes anonymes pour dire tout de suite : " Tiens, c'est du Vian ! " Ils ne sont pas nombreux, les écrivains dont on puisse en dire autant. Ce sont généralement ces écrivains-là qui ont les lecteurs les plus fidèles, les plus passionnés, parce que, en les lisant, on les entend parler. Lire Vian, lire Léautaud, lire la correspondance de Flaubert, c'est vraiment être avec eux. Ils sont tout entiers dans ce qu'ils écrivent.Ca ne se pardonne pas, ça. Vian a été condamné. Flaubert a été condamné... Delfeil de Ton."


Trois femmes puissantes - Marie NDIAYE

J'étais très impatiente de le lire... Je n'ai hélas, jamais réussi à y entrer véritablement. De la première histoire je ne retiens qu'une image saisissante : celle du "démon assis sur le ventre" du frère de Norah. De la seconde, une sensation d'ennui et de chaleur écrasante. Seule la troisième est parvenue à me bousculer mais il était je crois, un peu trop tard. L'ensemble m'a semblé assez décousu, le style éparpillé (nombreux retours à la ligne, confusion des dialogues, enchaînements déroutants) et certaines répétitions m'ont franchement lassée. Je n'abandonnerai pas pour autant ma découverte de Marie NDIAYE car sa sorcière m'avait vraiment étonnée...

Trois femmes puissantes

"Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s'appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible. L'art de Marie NDiaye apparaît ici dans toute sa singularité et son mystère. La force de son écriture tient à son apparente douceur, aux lentes circonvolutions qui entraînent le lecteur sous le glacis d'une prose impeccable et raffinée, dans les méandres d'une conscience livrée à la pure violence des sentiments."


Une histoire d'amour - Régis JAUFFRET

Si j'aime l'univers sombre et tordu de Jauffret, je dois bien avouer que cette histoire m'a mise très mal à l'aise. Je l'ai pourtant quasiment lue d'une traite, en proie à une terrible sensation d'attraction/répulsion. Plus je trouvais ça dérangeant et moins je pouvais m'en détacher ! C'est donc très réussi mais si je ne nie pas avoir trouvé un grand intérêt au portrait psychologique du violeur, je reste dubitative face la passivité affichée par la victime. C'est sans doute cette soumission ambigüe qui m'a parue la plus insoutenable.

Histoire d'amour

"Lorsqu'il la croise dans le train, il (le narrateur) décide qu'elle est la femme de sa vie, la mère de ses enfants. Tout ce qu'il met alors en place est d'une logique sans faille, celle d'un déséquilibré capable de tout. Alors qu'il aurait pu l'aborder simplement, il préfère la suivre jusqu'à son travail, puis chez elle où il la viole. Emprisonné, il tente de l'oublier en vain ; alors, toujours comme une évidence, à sa libération il la retrouve, la viole encore, la brutalise, la terrorise. Elle s'appelle Sophie, elle est vendeuse. Lui est professeur d'anglais, un homme banal (...). Histoire d'une persécution, d'une soumission, sadisme justifié, ce monologue nous fait entendre la voix cruelle et implacable d'un dangereux maniaque."
 


Fleurs Carnivores - Régis PENET, Jean-Blaise DJIAN

Je tente régulièrement une incursion dans le monde de la BD mais les essais ne sont jamais vraiment concluants... Hélas, cette fois encore, je ne suis pas très enthousiaste. Le scénario m'a semblé assez basique et je ne suis pas suffisamment sensible aux illustrations pour me laisser embarquer sans une histoire vraiment prenante. Range ton colt et circule, y a peu à voir...

Fleurs carnivores - Fleurs carnivores, T1Tome 1 - Passé décomposé
"Cette nuit-là, à Deming, Nouveau Mexique, quatre femmes versent un liquide dans tous les abreuvoirs à chevaux de la ville, ainsi que dans les bouteilles du saloon. Le lendemain, à son ouverture, quatre barbus entrent dans la banque et la dévalisent. Quand le shérif Morley arrive, il est trop tard..."




Fleurs carnivores - Fleurs carnivores, T2Tome 2 - El Macho

"A Ciudad-Juarez, au Mexique, Stacy, Julia et Linsey cherchent un guide pour les mener à Casas-Grandes où vit Stonjohn, leur troisième cible. Planquée non loin de cette dernière, dans les ruines de Paquimé, Olivia prépare le terrain. Mais elle ignore que le shérif Morley est déjà là, lui aussi, à vendre ses services au maître des lieux. Une partie d'échecs se prépare. Les "Epices" contre les "Carnivores"."

 

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Lorraine 24/03/2010 19:26


Je viens de lire "Trois femmes puissantes" et ohhh ! comme je te comprend.


Laetitia BERANGER 29/03/2010 17:31


@Lo : Décevant oui... la sorcière était tellement plus étonnante !


Lucile 18/11/2009 12:14


Je fais ma revenante, et je vois que tu ne perds pas de temps! J'avais un mauvais a priori sur Véronique Ovaldé après les critiques plutôt négatives que j'avais entendues de son précédent
roman. Du coup, je me dis que "peut-être à l'occasion..." ^_^. Vian, il faut vraiment que je m'y mette aussi... Et, tu sais quoi? J'ai trouvé dans une librairie salon de thé bordelaise un libraire
qui était fan de Chloé Delaume! :D


Caro[line] 31/10/2009 15:02


Je ne suis pas autant enthousiaste que toi pour l'Ovaldé, mais c'est vrai que ses associations d'idées sont intéressantes ! C'est une chouette lecture. Quant au Ndiaye, je pense que je vais passer
mon tour finalement...