Lectures novembre 2009

Publié le par Laetitia BERANGER


D'autres vies que la mienne - Emmanuel CARRERE

Je voulais le lire depuis longtemps mais comme les dithyrambes abondaient, j'ai attendu qu'il arrive tout tranquillement entre mes mains pour ne pas risquer la déception. (Merci Yohan !) J'ai vécu cette lecture en trois temps : un début poignant suivi d'un tunnel nettement moins captivant mais qui débouche sur une fin bouleversante ! Ce qui m'a ennuyée c'est toute la partie consacrée au droit de la consommation... j'ai sauté des pages et l'auteur l'avait prédit car il s'interroge ouvertement sur le nombre de lecteurs susceptibles de s'attarder sur les détails du surendettement... Le "je" qui raconte est bien celui d'Emmanuel Carrère "écrivain", le processus d'écriture fait partie intégrante du récit. L'auteur cite également ses précédents livres et même si celui-ci est consacré à d'autres vies, elles dessinent néanmoins la sienne en creux et j'ai trouvé ça très beau. Je ne dois pas être la seule mais j'ai tendance à ne pas me sentir concernée par la mort ou la maladie, l'histoire de Juliette incite plus que jamais à cueillir dès aujourd'hui les roses...

D'autres vies que la mienne


"À quelques mois d’intervalle, la vie m’a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d’un enfant pour ses parents, celle d’une jeune femme pour ses enfants et son mari. Quelqu’un m’a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n’écris-tu pas notre histoire ? C’était une commande, je l’ai acceptée. C’est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l’amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d’un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s’occupaient d’affaires de surendettement au tribunal d’instance de Vienne (Isère). Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d’extrême pauvreté, de justice et surtout d’amour."



L'enlèvement d'Hortense - Jacques ROUBAUD

J'ai vécu un mois d'octobre très sombre livresquement et filmiquement parlant alors j'avais besoin d'une soupape de légèreté : Jacques Roubaud a parfaitement rempli cette mission ! Mais je n'en attendais pas moins d'un oulipien souvent "qualifié d'inclassable". Le ton m'a beaucoup fait penser à Eduardo Mendoza (ma référence en matière d'enquête policière loufoque !).

L'enlevement d'hortense

"Hortense, l'héroïne de La Belle Hortense, est amoureuse du prince de poldève Gormanskoï. Le prince aime Hortense activement. Un autre prince, également poldève et criminel, désire Hortense bestialement. Dans L'enlèvement d'Hortense, la poldève-connection se précise. Hortense est menacée. Un meurtre est commis. L'inspecteur Blognard cherche à résoudre l'énigme. La jeune Carlotta, lycéenne, et son poney, le prince Cyrandzoï volent au secours d'Hortense. Et Alexandre Vladimirovitch ? Il n'est pas aussi loin qu'on pourrait le croire."


Conte de fées à l'usage des moyennes personnes - Boris VIAN

De la légèreté encooooore ! Le titre, à lui seul, suffit à me mettre en joie. C'était gagné d'avance quand on sait que Boris Vian a écrit cette histoire pour distraire son épouse souffrante... C'est décousu et absurde à souhait mais les jeux de mots et les associations d'idées sont vraiment réjouissants.



"Conte de fées à l'usage des moyennes personnes, écrit en 1941, échappe simplement à la définition. C'est déjà du Boris Vian, bien avant L'Ecume des Jours, L'Arrache-Coeur ou L'Herbe Rouge. "Il était une fois un prince beau comme le jour. Il vivait entre son chien et son cheval, à l'orée d'un bois, dans un château aux murs gris et au toit mauve...""


Extrêmement fort et incroyablement près - Jonathan SAFRAN FOER

Ici aussi j'ai trouvé de la légèreté car l'histoire est racontée par un petit garçon vraiment pas comme les autres. Mais j'ai aussi été émue. Emue beaucoup. Emue très, très. (Pourtant mes proches vous le diront : à ma mort, on fera don de mon coeur à une personne en mal de presse-papier. Mon organe minéral sera du plus bel effet sur un bureau en teck). Ce livre est d'une richesse incomparable, aussi bien sur le fond que sur la forme (trouvailles visuelles étonnantes), je n'avais jamais rien lu de tel. Non seulement les personnages sont singuliers et attachants mais l'histoire est si bien construite que la fin donne immédiatement envie de le relire ! La bonne nouvelle c'est que Jonathan Safran Foer a écrit un autre roman... La super bonne nouvelle, c'est que je l'ai trouvé d'occase chez Gibert !

Extrèmement fort et incroyablement près

"Raconter des événements terribles par le biais d’un enfant est un procédé stylistique qui fonctionne bien. Là où le roman est génial, c’est qu’Oskar a une intelligence et une sensibilité supérieures à la moyenne. À 9 ans, il est déjà entomologiste, épistolier, informaticien, percussionniste… Un jour, il trouve une clé qui doit résoudre le mystère de la mort de son père, décédé lors de l’effondrement des Twin Towers du 11Septembre. Une quête qui agit comme une catharsis."


J'abandonne aux chiens l'exploit de nous juger - Paul M MARCHAND


Quand le livre de poche m'a proposé ce roman, j'ai accepté car le titre m'intriguait. Maintenant, je sais qu'il s'agit des paroles d'une chanson de Brel. Bon. Pas de bol, j'aime pas Brel et cette histoire m'a laissée parfaitement indifférente. Ni touchée, ni choquée. Non, rien du tout. Au final, ça raconte quoi ? Une histoire d'inceste qui unit un père et une fille qui ne se connaissaient pas. Ok. Et alors ? Alors ça va mal se finir. Ben oui. Parfois la forme rattrape le fond... Comme de grands noms de la critique encensaient le style de l'auteur en quatrième de couverture, je m'étais dit que peut-être... mais non. Electrocardiogramme plat de ce côté-là aussi ! Ce livre n'aura donc trouvé aucune grâce à mes yeux mais il en a pourtant troublé plus d'un... je ne juge pas non plus mais j'abandonne définitivement les histoires s'adressant à mon potentiel (inexistant, n'insistez pas) petit coeur mou !
 
J'abandonne aux chiens l'exploit de nous juger

"Une histoire d'amour impossible, rare, déroutante. Un des livres les plus bouleversants que j'ai lus ces dernières années. Michel Field, Paris Première. Magnifiquement écrit, terriblement dérangeant. Anne Sinclair, France 3. A vous de juger, mais pas sans avoir versé ce livre bouleversant au dossier. Gilles Chenaille, Marie-Claire. Marchand est un semeur de confusions et de soulèvements. C'est cru, c'est violent, c'est troublant. Olivia de Lamberterie, Elle. C'est déchirant. On referme ce livre, plus humain. Gilles Martin-Chauffier, Paris Match. Il y a quelque chose de direct et de libre dans le ton. Sébastien Lapaque, Le Figaro littéraire. Un livre dont la puissance égale la qualité somptueuse de l'écriture. Clara Dupont-Monod, Marianne."

 

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Emeraude 16/12/2009 20:27


avec plaisir :-)


Emeraude 11/12/2009 20:06


il faudrait que je me replonge dans les mails échangés mais pas de souci, je te raconte ça quand tu veux autour d'un verre :-)


Laetitia BERANGER 16/12/2009 10:45


@Emeraude : On se fait ça en début d'année ?!


Emeraude 10/12/2009 17:48


j'avais lu "j'abandonne les chiens..." par un pur hasard, bien des mois après, j'ai échangé quelques mails avec l'auteur... Un homme a priori très étrange qui ne m'a pas du tout donné envie
d'essayer de lire autre chose de sa plume !!


Laetitia BERANGER 11/12/2009 09:39


@Emeraude : Il faudra que tu me racontes mieux ces échanges ! Un auteur, à fortiori étrange, c'est très intrigant !


Caro[line] 06/12/2009 17:47


J'ai très envie de lire le Carrère (j'attends sa sortie en poche) et le Safran Foer depuis un moment !!

Quant au Vian, je dirais plutôt : "les jeux de mots et les associations d'idées sont vraiment réjouissants", MAIS "C'est décousu et absurde" et j'enlèverais le "à souhait". Tu comprendras donc que
cette lecture ne m'a pas plu... J'espère que ça sera différent avec ses romans. :-)


Lo 02/12/2009 12:13


Salut Laëtitia !
Je n'en ai lu aucun de ta moisson du mois, mais je suis furieusement intéressée par D'autres vies que la mienne bien sûr, et Extrêmement fort et incroyablement près...
Tes petites notes sont un régal à lire. Bonnes lectures de décembre !