Lectures avril/mai/juin/juillet 2012

Publié le par Laetitia BERANGER

Faire le compte-rendu de mes lectures avec 4 mois de retard est sans doute la moins bonne idée que j'ai eue depuis l'ouverture de ce blog... Mais mieux vaut tard que jamais, voyons ce qu'il en reste !

 

 

Le marchand de passés - José Eduardo AGUALUSA

 

Voilà typiquement le genre de lecture que je sais avoir appréciée mais dont j'ai aujourd'hui grand peine à distinguer les contours ! J'ai souvenir d'une narration assez singulière (on n'y trouve par exemple, les pensées d'un étrange lézard) mais je serais bien incapable d'en dire davantage...

 

Le marchand de passé


"À Luanda, à la fin de la guerre révolutionnaire, Félix Ventura, le bouquiniste albinos, crée de faux passés qu'il vend aux nouveaux riches. Ses clients sont des entrepreneurs prospères, des hommes politiques, des généraux, tous ont assuré leur avenir. II leur faut donc transmettre à leurs enfants un bon passé. Félix leur construit des généalogies flatteuses, des portraits d'ancêtres, des mémoires brillantes. Il en vit bien, jusqu'à l'arrivée d'un mystérieux étranger à la recherche d'une identité angolaise. Alors, dans un vertige, le passé envahit le présent et tout bascule. Satire féroce et pleine d'humour de la société angolaise, ce Marchand de passés est surtout une réflexion sur la construction de la mémoire et ses ambiguïtés."

 

 

Groom - François VALLEJO

 

Des situations et des personnages pour le moins originaux, des petites choses du quotidien qui dérapent et un style toujours efficace : Vallejo est en train de devenir une valeur sûre pour moi. Et ça n'est pas Yohan qui me contredira (m'offrir une bonne partie de ses romans, aura été efficace, tu vois !). Je connais peu l'oeuvre de Soutine mais son Groom sera pour moi, à jamais associé à la lecture de ce roman !

 

Groom

 

"Prévenu du décès d’Antoine, son mari, Véra Carmi se précipite vers le 5e étage du centre Pompidou où l'attend le corps de son époux. Mais quand elle arrive sur place, elle apprend que le corps a disparu. Dépassée par les événements, elle retourne chez elle... pour y trouver son mari !"



Journal d'un corps - Daniel PENNAC

 

Voilà longtemps qu'un livre ne m'avait pas fait cet effet-là ; je l'ai refermé en sachant immédiatement que j'y reviendrai (l'index final me permettra d'ailleurs de le faire sans mal). L'idée est belle et la réalisation l'est encore plus. Il y a matière à rire, à s'étonner (peut-être d'autant plus que je suis une femme et que certains tracas masculins me sont parfaitement étrangers ?) mais aussi à s'émouvoir, à s'interroger, à se laisser bousculer. Vraiment de toute beauté.

 

Journal d'un corps

 

"Le narrateur a commencé à tenir scrupuleusement le journal de son corps à l'âge de douze ans, en 1935. Il l'a tenu jusqu'à sa mort, en 2010, à 87 ans. Son projet était d’observer les innombrables surprises que notre corps réserve à notre esprit d'un bout à l'autre de notre vie. Ainsi a-t-il finalement décrit toute l'évolution de son organisme. Le résultat est le roman d'un corps qui tient moins du précis anatomique que de l’univers malaussénien, car Daniel Pennac évite la froideur du constat médical en introduisant à chaque page des personnages, des situations, des dialogues et des réflexions qui font circuler le sang de l’intimité dans ce corps autopsié que le lecteur, souvent, reconnaîtra comme étant le sien."

 

 

La pluie avant qu'elle tombe - Jonathan COE

 

Une jolie narration découlant de descriptions de photos, une vie entière résumée sur cassettes enregistrées... Le récit m'a tellement accrochée que j'ai parfois été frustrée de la lenteur à laquelle l'intrigue se déployait mais c'est exactement la situation des personnages donc l'empathie a parfaitement fonctionné !

 

La pluie avant qu'elle tombe

 

"Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressée à la mystérieuse Imogen. S'appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années quarante à aujourd'hui, l'histoire de trois générations de femmes, liées par le désir, l'enfance perdue et quelques lieux magiques. Et de son récit douloureux et intense naît une question, lancinante : y a-t-il une logique qui préside à ces existences ?"


 

Sarinagara - Philippe FOREST

 

De très belles pages ici aussi. Sur la perte... Sur l'écriture aussi. Sarinagara. Cependant. Un mot chargé d'espoir qu'il convient de prononcer plusieurs fois pour en apprécier la saveur et en appréhender la grandeur.

 

Sarinagara

 

"Sarinagara signifie cependant. Ce mot est le dernier d'un des plus célèbres poèmes de la littérature japonaise. Lorsqu'il l'écrit, Kobayashi Issa vient de perdre son unique enfant : oui, tout est néant, dit-il. Mais mystérieusement, Issa ajoute à son poème ce dernier mot dont il laisse la signification suspendue dans le vide. L'énigme du mot sarinagara est l'objet du roman qui unit trois histoires : celles de Kobayashi Issa (1763-1827), le dernier des grands maîtres dans l'art du haïku, de Natsume Sôseki (1867-1916), l'inventeur du roman japonais moderne, et de Yamahata Yosuke (1917-1966), qui fut le premier à photographier les victimes et les ruines de Nagasaki. Ces trois vies rêvées forment la matière dont un individu peut parfois espérer survivre à l'épreuve de la vérité la plus déchirante."


 

La grande à bouche molle - Philippe JAENADA

 

En matière de littérature, je cherche rarement le divertissement pur et dur mais là, j'ai trouvé de quoi me satisfaire sans retenue ! Quelle folle inventivité : un festival de détails incongrus, des associations d'idées saugrenues et en même temps, un sens aigu du récit à mener ! Un régal de digressions pour amateurs de parenthèses généreusement distribuées.


 

"Philippe Jaenada, détective privé, vit avec Anne-Catherine, est un adepte des courses de chevaux et travaille pour le gros Gilles. Son quotidien consiste à effectuer des enquêtes peu glorieuses. Un jour, la femme d'un certain Persin le charge de suivre son mari. Elle est en effet convaincue qu'il la trompe et souhaite obtenir les preuves de son adultère. C'est ainsi que, bien malgré lui, Jaenada se retrouve embarqué dans un incroyable périple. La première étape a lieu dans la Drôme, près de Romans, où Persin fait halte dans un hôtel Mercure. Entre temps, Jaenada a embarqué une auto-stoppeuse dans sa voiture, Fabienne du Val d'Orvault.(...)"

 

 

La mort du roi Tsongor - Laurent GAUDE

 

Un pas de côté vers une époque incertaine, un royaume de conte, une atmosphère très particulière. Laurent Gaudé et François Vallejo semblent avoir en commun la particularité de plonger chaque fois, le lecteur dans des univers différents. J'avais beaucoup aimé "Le soleil des Scorta", ce livre-là me conforte dans l'idée qu'il me faut creuser davantage le sillon tracé. Une lecture prenante et surprenante.

 

La mort du roi Tsongor

 

"Dans une Antiquité imaginaire, le vieux Tsongor, roi de Massaba, souverain d'un empire immense, s'apprête à marier sa fille. Mais le jour des fiançailles, un deuxième prétendant surgit. La guerre éclate : c'est Troie assiégée, c'est Thèbes livrée à la haine. Le monarque s'éteint ; son plus jeune fils s'en va parcourir le continent pour édifier sept tombeaux à l'image de ce que fut le vénéré - et haïssable - roi Tsongor. "

 

 

Les oreilles de Buster - Maria ERNESTAM

 

La couverture du livre reflète à merveille ce qui se cache entre ces pages : du rose et du noir ! Un certain bon sentiment affiché au départ pour être mieux dézingué par la suite, des histoires de familles peu reluisantes, quelques touches d'humour noir et surtout des twists scénaristiques dignes du meilleur thriller psychologique : une recette qui fût pour moi, idéale sur la plage...

 

Les oreilles de Buster

 

"Eva cultive ses rosiers. À cinquante-six ans, elle a une vie bien réglée qu'elle partage avec Sven. Quelques amies, des enfants, et une vieille dame acariâtre dont elle s'occupe. Le soir, lorsque Sven est couché, Eva se sert un verre de vin et écrit son journal intime. La nuit est propice aux souvenirs, aussi douloureux soient-ils. Peut-être aussi la cruauté est-elle plus douce lorsqu'on l'évoque dans l'atmosphère feutrée d'une maison endormie. Eva fut une petite fille traumatisée par sa mère, personnage fantasque et tyrannique, qui ne l'a jamais aimée. Très tôt, Eva s'était promis de se venger. Et elle l'a fait, avoue-t-elle d'emblée à son journal intime. Un délicieux mélange de candeur et de perversion."

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Emeraude 12/08/2012 11:43


Je dirai tout comme FLo ! (sauf que je n'ai pas besoin de mettre une option sur le Pennac ;-)) et je suis ravie que tu aies aimée les oreilles de Buster, c'est un livre original et doux, dans sa
noirceur, qui mérite qu'on s'y arrête !

flo 07/08/2012 23:31


aaaah Laetitia, ça fait longtemps , et ça fait plaisir de relire un compte rendu de lecture !!


J'avais a-do-ré Groom, j'ai le souvenir d'une narration très singulière, où toutes les voix s'entremêlent... Et c'était mon premier Vallejo... ;-)


Le lournal d'un corps m'a déjà fait de l'oeil, je peux poser une option dessus ??

Laetitia BERANGER 08/08/2012 16:14



@FLo : Bien sûr que tu peux mettre une option sur le merveilleux "Journal d'un corps" ! Je ne suis pas certaine de pouvoir te le prêter lors de votre prochain passage parisien mais dès qu'il me
revient, il est pour toi, promis :-)