Lectures août/septembre 2012

Publié le par Laetitia BERANGER

1Q84 - Haruki MURAKAMI

 

J'ai découvert ce livre dans sa version audio et si le mystère qui entoure les personnages m'a bien accrochée au début, la suite ne m'a que moyennement enthousiasmée (l'érotisme suggéré dans le premier chapitre lorsque la jeune femme ôte ses chaussures pour enjamber la barrière  est charmant mais ensuite, les scènes plus explicites détaillant la vie sexuelle d'Aomamé m'ont paru assez grotesques). Je suis presque certaine que si j'avais lu ce roman dans sa version papier, je ne serais pas allée bien loin mais ce qui m'a conduite ici à poursuivre, c'est surtout l'interprétation des deux lecteurs. La narration alterne entre une voix masculine et une voix féminine et les deux comédiens excellent à incarner les différents personnages du roman. Les voix se modulent sensiblement, davantage par une recherche de ton, d'articulation qu'à travers des effets ou des transformations appuyées... Si vous voulez mettre un visage sur ces deux voix, rendez-vous sur le site d'Audiolib (que je remercie encore pour son envoi).

 

1Q84

 

"Au Japon, en 1984. C'est l'histoire de deux mondes, celui réel de 1984 et un monde parallèle tout aussi vivant, celui de 1Q84. Deux mondes imbriqués dans lesquels évoluent, en alternance, Aomamé et Tengo, 29 ans tous deux, qui ont fréquenté la même école lorsqu'ils avaient dix ans. (...) Les deux jeunes gens sont destinés à se retrouver mais où ? Quand ? En 1984 ? Dans 1Q84 ? Dans cette vie ? Dans la mort ?"

 

 

Long John Silver - Bijorn LARSSON

 

Il y a deux ans (déjà ?!) je recueillais les confidences littéraires de mes amis et diffusais sur mon audioblog, la chronique "Tombés dans le paneL". Si je n'ai pas alors, réfléchi aux réponses que j'aurais pu donner moi-même, je sais seulement qu'à la question "Quel est votre premier souvenir de lecture" j'aurais immédiatement répondu : "L'île au trésor" ! Je me revoie très nettement assise dans l'herbe, absorbée toute entière dans ces aventures de pirates... Je n'ai pas autant frémi à la lecture de cet opus-là, mais j'ai pris grand plaisir à fréquenter de nouveau l'homme à la jambe de bois ! Un petit goût de "reviens-y" qui pourrait bien me faire rouvrir le roman de Stevenson...

 

Long John Silver

 

"En 1742, à Madagascar, un vieux pirate à la retraite, entouré d'une garde d'anciens esclaves noirs qu'il a libérés, entreprend d'écrire ses mémoires. Ce pirate n'est autre que John Silver, l'homme à la jambe de bois, que le jeune héros de L'Ile au trésor dépeignait comme hâbleur et vaguement inquiétant. Un portrait qui n'a guère plu à l'intéressé ! Et John Silver de rétablir sinon la vérité, du moins sa vérité. (...)"

 

 

Ouragan - Laurent GAUDE

 

Voilà le contre-exemple parfait de ce j'écrivais plus haut à propos du Murakami. Là aussi, une version audio mais une seule voix pour raconter (fort belle voix masculine d'ailleurs...).  Seulement des voix, il y en avait justement plusieurs à incarner dans ce roman et j'avoue avoir parfois eu du mal à m'y retrouver. J'ignore si le trouble est voulu et comment ces différents points de vue sont ressentis dans la version papier ; si vous l'avez lue, vous me direz... Je ne crois pas que tous les livres puissent être adaptés (du moins comme tels) en audio. J'ai trouvé celui-ci très répétitif et assez ennuyeux. Quelques fulgurances descriptives néanmoins, comme ces alligators envahissant la ville... (Merci à Babélio et aux éditions Thélème pour cet envoi et 1000 excuses pour le retard !).


Ouragan

 

"Au coeur de la tempête qui dévaste la Nouvelle-Orléans, dans un saisissant décor d'apocalypse, quelques personnages affrontent la fureur des éléments, mais aussi leur propre nuit intérieure. Un saisissant choral romanesque qui résonne comme le cri de la ville abandonnée à son sort, la plainte des sacrifiés, le chant des rescapés."

 

 

Touristes - Julien BLANC-GRAS

 

La première fois que j'en ai entendu parler, c'était à la tribune du "Masque et la Plume" et, fait suffisamment rare pour être souligné, tous les critiques s'accordaient ce jour-là pour dire combien ce livre les avait ravis ! J'ai eu le temps de nourrir mes attentes et si cela m'a effectivement divertie, je n'ai pas été embarquée très loin... Le plus paradoxal étant d'ailleurs que quelques semaines après avoir refermé le livre, les lignes qui me restent en mémoire sont celles d'un fort beau passage où l'auteur revient à Paris ! (Merci à Yohan pour le prêt).


Touriste

 

"Certains veulent faire de leur vie une oeuvre d'art, je compte en faire un long voyage. Je n'ai pas l'intention de me proclamer explorateur. Je ne veux ni conquérir les sommets vertigineux, ni braver les déserts infernaux. Je ne suis pas aussi exigeant. Touriste, ça me suffit. Le touriste traverse la vie, curieux et détendu, avec le soleil en prime. Il prend le temps d'être futile. De s'adonner à des activités non productives mais enrichissantes. Le monde est sa maison. Chaque ville, une victoire. Le touriste inspire le dédain, j'en suis bien conscient. Ce serait un être mou, au dilettantisme disgracieux. C'est un cliché qui résulte d'une honte de soi, car on est toujours le touriste de quelqu'un."

 

 

La petite pièce hexagonale - Yoko OGAWA

 

Voilà un tout petit livre qui m'a fait grand effet ! Je n'avais pas lu de littérature japonaise depuis longtemps, je vais m'y remettre... Un récit en clair obscur, une évocation délicate de la confession, du pouvoir guérisseur des mots, une petite pièce que j'aurais beaucoup de plaisir à revisiter. (Merci, merci Virginie pour ce très joli cadeau).

 

La petite pièce hexagonale

 

"Dans les vestiaires d'une piscine, une jeune femme est soudain attirée par une inconnue. Banale, sans aucun intérêt, cette silhouette effacée et silencieuse vient d'entrer dans sa vie. Quelques jours plus tard elle la retrouve accompagnée d'une vieille dame, marchant dans la rue et, de nouveau, la jeune femme est fascinée. D'abord discrètement puis beaucoup plus naturellement elle les suit longtemps. Dans une loge de gardien, les deux femmes sont assises sur des chaises, elles semblent attendre leur tour. La plus vieille se lève, entre dans une grande armoire hexagonale : la petite pièce à raconter."

 

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Emeraude 24/10/2012 22:08


murakami a un univers très particulier, on accroche ou on n'accroche pas mais je crois que le juste milieu n'existe pas !


Et j'aime beaucoup Ogawa aussi, qui a quelque part un univers un peu comme Murakami, mais peut-être une écriture un peu plus poétique, un peu plus délicate...

Laetitia BERANGER 30/10/2012 10:19



@Emeraude : J'avais pourtant beaucoup aimé Kafka sur le rivage, comme quoi !