Festival du film asiatique 2010

Publié le par Laetitia BERANGER

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J'ai fait mon baptême festivalier à Cannes en 2009... Mon goût pour les week-ends marathon en salles obscures s'est ensuite confirmé avec le Festival du film romantique de Cabourg... Alors cette année, je débute plus tôt ma saison avec Le Festival du film asiatique de Deauville !


Arrivée à 10h00 en Gare de Deauville, repartie à 20h00 le lendemain. Autant vous le dire tout de suite, j'avais préparé un programme détaillé des films à voir et comme les projections étaient réparties sur 3 salles, il avait fallu s'abîmer les yeux sur les grilles de programmation pour déterminer les meilleures combinaisons ! Mais le résultat est là : 7 films en 2 jours...




Il n'est pas toujours évident de faire sa sélection : quelques lignes de pitch, une photo, des noms inconnus... mais ce coup-ci, la bonne pioche fût quasi intégrale ! Seul un ou deux films m'auront laissée indifférente mais jamais au point de quitter la salle (contrairement à mon expérience cannoise... je ne me suis d'ailleurs toujours pas remise de "Visages" de Tsai Ming Liang !).



SAMEDI 13 MARS 2010

MY DAUGHTER
Réalisé par CHARLOTTE LIM LAY KUEN

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"Faye, dix-huit ans, vit avec sa mère célibataire qui l'a élevée seule. Face à l'angoisse qu'éprouve sa mère suite à ses nombreuses relations sans lendemain avec des hommes, faye ressent à son égard des sentiments contradictoires d'amour et de haine. Lorsqu'elle apprend que sa mère est enceinte, elle ne peut plus contrôler ses émotions..."



Avalanche de plans-séquences ; phrases qui se répètent, lancinantes... C'est lent. Lent. Trèèèès lent... et surtout pas très beau ! On assiste au brossage des dents de la fille (en temps réel), au décoquillage d'oeufs durs par la mère (toujours en temps réel), à la dégustation d'étranges fruits exotiques, à la mauvaise digestion de ces derniers (dans ces cas-là, on vomit par la fenêtre !). Leur quotidien se déroule sous nos yeux et le temps n'en finit pas de s'étirer... Régulièrement, on se demande si la jeune femme que l'on voit à l'écran est la mère ou là fille, elles se confondent et ça c'est une belle idée... En fin de projection, je suis surprise d'entendre autant d'applaudissements, j'apprendrai plus tard que le film a obtenu le Prix de la Critique Internationale. Ah bon, si vous le dites !

 


SYMBOL
Réalisé par MATSUMOTO HITOSHI

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"Un japonais se réveille un beau jour dans une pièce immaculée de blanc, sans fenêtres, ni portes. Lorsqu'il appuie sur une protubérance en forme de pénis fixée au mur, une brosse à dents rose apparaît comme sortie de nulle part et enclenche une série d'événements vraiment étranges…"




Deux histoires parallèles, celle du catcheur "Escargot-Man" n'était pas indispensable selon moi. Un court-métrage constitué uniquement des péripéties du japonais aurait été excellent ! L'illustration en mode bd de ses stratégies pour quitter la salle blanche est absolument jubilatoire.  Pourquoi avoir choisi de matérialiser les "interrupteurs" en petits pénis muraux ? Peut-être pour lever enfin le mystère sur le sexe des anges ? Allez savoir...


PAJU

Réalisé par PARK CHAN-OK 

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"Après trois années passées en inde, eun-mo revient à paju, sa ville natale. Elle découvre que l'immeuble dans lequel elle habite est sur le point d'être démoli, que les locataires devenus squatteurs se battent pour empêcher cette destruction et que son beau-frère veuf, également meneur du mouvement de protestation, a des révélations à faire concernant la mort tragique de sa sœur."



Langue coréenne et sous-titres anglais + histoire très compliquée (agrémentée de nombreux flashbacks et flashforwards) = compréhension un peu laborieuse ! Je me suis néanmoins concentrée très fort car je voulais comprendre la nature exacte du secret planant entre la jeune fille et son beau- frère. Les visages des deux comédiens m'ont captivée et c'est doute pour cela que je suis restée accrochée malgré la difficulté. Je pense qu'une autre version m'aurait permis de l'apprécier pleinement mais mon sentiment reste tout à fait positif. Ce film remportera d'ailleurs, le prix ex-aequo du jury (et je serai encore plus ravie pour le second).


CHENGDU, I LOVE YOU

Réalisé par CUI JIAN & FRUIT CHAN 

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"Deux histoires d'amour qui se déroulent dans la ville chinoise de chengdu. Dans la première située en 2029, une danseuse de samba veut exaucer deux souhaits : retrouver le garçon qui l'a sauvée lorsqu'elle était enfant et mettre la main sur l'homme qui a fait souffrir son cousin. Dans la deuxième, située en 1976, le jeune patron d‘un salon de thé tombe amoureux d'une très belle serveuse."




Construction un peu bancale avec deux histoires distinctes mais reliées par un tremblement de terre. La première très futuriste est assez courte et aurait mérité d'être développée davantage. La seconde met en scène des chorégraphies incroyables avec des théières au bec long ! L'art traditionnel du thé est ici célébré par un vieux fou ayant à coeur de transmettre son savoir... La seule chose qui m'a gênée finalement, c'est le déséquilibre entre les deux parties. Je pense qu'il y aurait eu matière à raconter avec la même intensité ces deux histoires... Mais au moment où j'arrive à cette conclusion, je me rends compte que deux réalisateurs sont à l'origine film, comment ont-ils travaillé, qui a fait quoi, l'histoire ne le dit pas...



DIMANCHE 14 MARS 2010

AU REVOIR TAIPEI
Réalisé par ARVIN CHEN

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"
La plus grande librairie de taipei a un client étrange - il n'achète jamais rien mais passe toutes ses nuits dans les rayonnages, feuilletant des manuels de français. La fiancée de ce dernier est partie vivre à paris et il rêve de la rejoindre. Lorsqu'un vieux gangster lui propose un marché - un billet d'avion pour paris en échange d'une « livraison spéciale » - la tristesse n'est plus de mise…"




Celui-ci restera mon coup de coeur du Festival et j'aurai le plaisir d'apprendre qu'il partage avec Paju le prix ex-aequo du Jury, youpiii ! Le duo principal est à croquer et la photographie très chouette (couleurs chatoyantes, mention spéciale aux couloirs rouges de l'hôtel), on y croise d'improbables gangsters en costumes orange, un timide employé de supermarché amoureux... et tout petit monde va et vient au coeur de la nuit : la balade est charmante. Ah, j'allais oublier les beignets à la vapeur... Enfin un film où la nourriture asiatique fait diablement envie !



THE ETERNAL
Réalisé par RITUPARNO GHOSH

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"Aniket, cinquante-cinq ans, est l'un des réalisateurs les plus en vue du bengale. Deepti, sa femme, est une ancienne actrice dont il est tombé amoureux et qui a tout sacrifié par amour. Lorsqu'aniket tombe sous le charme de la jeune comédienne de son dernier film, deepti est furieuse. Afin de se venger, elle fait le serment de tout faire pour que leur fils unique devienne un grand cinéaste… et le rival de son père."




En parlant de nourriture justement, on passe ici notre temps à entendre des noms de plats hallucinants mais on n'aperçoit que de loin le contenu des assiettes qui disparait très vite (une fois malaxé et ingurgité en format boulette !). Les affres de la création, les rapports père-fils, l'égo démesuré de la jeune comédienne... Mouais et à part ça, quoi de neuf ?  Bon d'accord, la lumière est très belle mais cela ne m'a pas empêchée de piquer du nez... In-ter-mi-na-bleeeee !



THE KING OF JAIL BREAKERS
Réalisé par ITAO ITSUJI

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"Japon, fin des années 20. Masayuki suzuki est un prisonnier qui s'échappe systématiquement de la prison dans laquelle il est incarcéré pour être sciemment repris et mis à nouveau en prison. un de ses geôliers est très intrigué par ces évasions-incarcérations répétées et décide de percer le mystère entourant cet homme…"





Très très bon film, sans doute mon deuxième préféré ! L'acteur principal ne prononce pas un seul mot mais quelle présence... Mystérieux à souhait, on avance crescendo au fil de ses évasions et l'on tente de comprendre... La fin est surprenante, elle peut décontenancer mais moi, je trouve la pirouette parfaitement réussie.



Consulter ici le Palmarès complet du Festival.

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Lucile 01/04/2010 11:18



7 films en 2 jours! Je ne suis pas sûre que je pourrais! En tout cas, ça a l'air d'être un bon moyen pour sortir des sentiers battus!



Laetitia BERANGER 06/04/2010 10:02



@Lucile : Moi aussi je craignais l'overdose mais pas du tout du tout ! Quand on aime...



virginie 19/03/2010 15:28


Et le film japonais aussi me tenterait beaucoup ! tu as titillé ma curiosité.


virginie 19/03/2010 15:27


C'est une super expérience et si les films sont de qualité inégale, pour ne pas dire très particuliers pour certains, ça doit être très dépaysant ! Le film coréen et le film taïwanais me
tenteraient bien.
Il y a une rétrospective de quelques films de Takeshi Kitano en ce moment au Champo, penses-tu en voir quelques uns ? 


Laetitia BERANGER 22/03/2010 11:06


@Virginie : Oui vraiment une très chouette immersion ! Amusant que tu me parles de Kitano le jour même où j'ai regardé "Dolls" en DVD :-) J'ai beaucoup aimé et serai ravie de voir d'autres films de
ce réalisateur. On essaie de se caler une séance ensemble au Champo ?