Festival de Cannes n°2

Publié le par Laetitia BERANGER

L'année dernière, je vous racontais mon baptême festivalier... Grâce à Jean-Mimi (merci, merci, merciiiii), la magie a de nouveau opéré... 3 merveilleuses journées cannoises avec : 1 nombre indéterminé de marches, 4 ou 5 calissons, des flashs, 2 siestes au soleil, des pains bagnats, mes plus jolies robes… et un record de 7 films visionnés !

 

Jour 1 – vendredi 21 mai

  

12h00 : Oncle Boonmee celui qui se souvient de ses vies antérieures de Apichatpong Weerasethakul

 

« Oncle Boonmee souffre d’une insuffisance rénale aigüe et décide de finir ses jours auprès des siens à la campagne. Étrangement, les fantômes de sa femme décédée et de son fils disparu lui apparaissent et le prennent sous leurs ailes. Méditant sur les raisons de sa maladie, Boonmee va traverser la jungle avec sa famille jusqu’à une grotte au sommet d’une colline - le lieu de naissance de sa première vie... »

 

J’ai beau aimer le contemplatif asiatique, cet oncle Boonmee ne m’a pas beaucoup intéressée… Soporifiquement étrange, assez peu esthétique selon moi, ridiculement symbolique : des hommes-singes aux diodes rouges oculaires, un poisson-chat forniqueur de princesse, d’insipides fantômes familiaux… Où sont donc planquées la poésie et l’inventivité ? Les gens ont quitté la salle tout au long du film mais une salve d’applaudissements s’est pourtant fait entendre en fin de projection… J’étais étonnée mais très très loin d’imaginer…

 

Photo du Film19h00 : Hors la loi de Rachid Bouchareb

 

« Chassés de leur terre algérienne, trois frères et leur mère sont séparés. Messaoud s’engage en Indochine. A Paris, Abdelkader prend la tête du mouvement pour l’Indépendance de l’Algérie et Said fait fortune dans les bouges et les clubs de boxe de Pigalle. Leur destin, scellé autour de l’amour d’une mère, se mêlera inexorablement à celui d’une nation en lutte pour sa liberté. »

 

Montée des marches un peu spéciale avec service de sécurité et flics sur le toit du Majestic ! Une polémique qui n’avait pas lieu d’être ; un film réussi, oui mais pas ébouriffant, nan. Je crois néanmoins l’avoir davantage aimé qu’Indigènes et les gros plans sur l’équipe émue en fin de projection m’ont tout de même collé le frisson ! Parce que c’est aussi ça, Cannes pour moi : ressentir le mouvement de la salle, l’accueil réservé au film lors de sa toute première présentation et assister en direct aux réactions des équipes. (A noter, contrairement à l’année passée, je n’ai entendu aucun sifflet –ou pire- uniquement des applaudissements nourris ou polis dans le pire des cas !)


22h00 : Hahaha de Hong Sangsoo

 

« JO Munkyung, réalisateur, prévoit de quitter Séoul pour vivre au Canada. Quelques jours avant son départ, il revoit autour d’un verre son grand ami BANG Jungshik, critique de film. Lors de ce rendez-vous arrosé, les deux amis découvrent par hasard qu’ils se sont rendus récemment dans la même petite ville en bord de mer, Ton-yung. Ils décident de se raconter leur voyage réciproque à condition de n’en révéler que les moments agréables. Ne réalisant pas qu’ils y étaient tous les deux au même moment, côtoyant les mêmes personnes, les réminiscences de leur été torride se livrent tel un catalogue de souvenirs. »

 

Vite vite vite, direction la salle Debussy ! Tiens, les marches bleues sont devenues rouges… Je n’ai vu qu’un film de la sélection « Un certain regard » et il a décroché le prix, j’en suis ra-vie. La narration est originale, le ton amusant, les acteurs épatants : j’ai passé un excellent moment !

 


Jour 2 – samedi 22 mai

 

12h00 : Un Garçon fragile - Le Projet Frankenstein de Kornél Mundruczó

 

« Il y a longtemps, un jeune homme a engendré un enfant sans jamais savoir ce qu’il est devenu. A 17 ans, son fils, Rudi, revient en espérant retrouver sa famille après une enfance passée dans une institution. Il espère trouver chez sa mère reconnaissance et affection, et surtout connaître l’identité de son père, mais il constate qu’il n’est pas le bienvenu. Presque par hasard, Rudi se retrouve dans un casting. Le réalisateur du film est fasciné par son innocence et pense avoir trouvé son acteur principal. Mais un évènement terrible met bientôt fin aux bonnes intentions de Rudi... »

 

Ici, le réalisateur est acteur et tient le rôle… du réalisateur ! Le cinéma dans le cinéma, qu’est ce que j’aime ça… Le rythme est lent, très lent mais je ne me suis pas ennuyée un seul instant. Le garçon fragile (un Vincent Rottiers version hongroise) m’a hypnotisée de ses silences.

 

 

15h00 :  Route Irish de Ken Loach

 

« Liverpool, août 1976. Fergus, 5 ans, fait la connaissance de Frankie le jour de sa première rentrée des classes. Ils vont devenir inséparables. Adolescents, ils sèchent les cours pour aller boire du cidre sur le ferry qui traverse la rivière Mersey, en rêvant de voyages autour du monde. Mais Fergus n'aurait jamais cru que son rêve se réaliserait à travers une carrière dans le corps d'élite des forces spéciales du Royaume-Uni, les SAS. (…) En septembre 2007, Frankie meurt sur la "Route Irish", la route la plus dangereuse au monde. Fergus, qui se trouve alors à Liverpool, est ravagé par le chagrin. Il refuse l'explication officielle et entame sa propre enquête sur la mort de son alter ego. »

 

Je voulais voir les courts-métrages mais pas possible alors qu’à cela ne tienne… un petit Ken Loach pour patienter jusqu’à la montée des marches en soirée, ça ne se refuse pas. Petit, je crois que c’est le mot. Pas mauvais mais vraiment rien de nouveau à l’horizon.

 

 

19h00: L’Exode - Soleil trompeur 2 de Nikita Mikhalkov

  Photo du Film

« Aux premiers jours de la guerre, Kotov s'échappe miraculeusement du camp où il était détenu. Considéré comme mort par l'administration soviétique, Kotov est enrôlé dans un bataillon de volontaires au grade de simple soldat et envoyé au front. Sur le champ de bataille, il combat les Allemands sans merci. Grièvement blessé, on lui propose de quitter l'armée à plusieurs reprises. Mais persuadé que sa femme Maroussia et sa fille Nadia ont péri dans un camp de travail, il préfère rester aux côtés de ses camarades. »

  

Une douche rapide et me voilà de retour sur le tapis rouge, c’est qu’on y prend goût dites-donc ! Là non plus, pas de surprise et 2h30, c’est un peu long mais… cela reste captivant comparé à mon expérience Apichatponguienne de la veille !

 

 

Jour 3 – dimanche 23 mai

 

19h00 : Cérémonie de clôture

 

Si merveilleux soit-il, mon bienfaiteur n’obtient pas ce soir-là, le sésame nécessaire à cette ultime montée des marches. Qu’importe ! Je regagne ma chambre et assiste en direct à la cérémonie sur mon petit écran. Plusieurs films primés font partie de mes priorités des mois à venir : Tournée, Copie conforme et Poetry. Des hommes et des dieux, peut-être même si le sujet ne m’attire pas énormément… Et Biutiful pour le primé et tout aussi séduisant Javier Barden. Quant à la Palme : je n’en reviens toujours pas ! Comment ce film a-t-il pu séduire le jury burtonesque ? Le mystère reste entier…

 

23h00 : L’arbre de Julie Bertuccelli

 

« En Australie, Dawn et Peter vivent heureux avec leurs quatre enfants à l’ombre de leur gigantesque figuier. Lorsque Peter meurt brutalement, chacun, pour continuer à vivre, réagit à sa manière. Simone, la petite fille de 8 ans, croit que son père vit à présent dans l’arbre. Un jour elle initie Dawn à son secret... Peu à peu Dawn retrouve des forces, un travail. Peut-être un nouvel amour ? La vie reprend mais l’arbre devient envahissant : ses branches, ses racines, et même son peuple de grenouilles et de chauves-souris se lancent à l’assaut de la maison et menacent ses fondations ! Dawn n’a plus le choix : elle doit le faire abattre ... »

  

 

L’année dernière, j’étais restée sur un goût d’inachevé avec le pâlichon Coco chanel et Igor Stravinsky mais cette fois-ci, je suis enchantée que mon aventure cannoise se termine en compagnie de cet arbre mystérieux… J’ai tout aimé : les images, l’histoire, l’interprétation de Charlotte et des enfants. Il était tard et pourtant, mes paupières n’ont jamais baissé le rideau ! Un film que je suis bien décidée à revoir dès sa sortie en salle...

 

 

Prochaine étape... le festival du film romantique de Cabourg !

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Lo 01/06/2010 08:56



Oooh la chanceuse !!!! Tu fais une grande jalouse, sais-tu ?


En tous cas, mille mercis pour ces billets d'avant première.... et vivement Cabourg !



Laetitia BERANGER 02/06/2010 09:24



@Lo : Ouiiii j'en suis bien consciente ! La sélection des films de Cabourg devrait être révélée aujourd'hui...