Festival de Cannes #4

Publié le par Laetitia BERANGER

Voici venu le temps des remerciements officiels à mon bienfaiteur Jean-Mimi qui pour la 4ème année m'a fait profiter du dernier week-end festivalier de la croisette (et non, la pluie n'aura pas réussi à gâcher la fête !). 

 

Vendredi 25 mai

 

19h30 : Cosmopolis de David CRONENBERG

 

Photo du Film

 

 

"Dans un New York en ébullition, l'ère du capitalisme touche à sa fin. Eric Packer, golden boy de la haute finance, s’engouffre dans sa limousine blanche. Alors que la visite du Président des Etats-Unis paralyse Manhattan, Eric Packer n’a qu’une seule obsession : une coupe de cheveux chez son coiffeur à l’autre bout de la ville. Au fur et à mesure de la journée, le chaos s’installe, et il assiste, impuissant, à l’effondrement de son empire. Il est aussi certain qu’on va l’assassiner. Quand ? Où ? Il s’apprête à vivre les 24 heures les plus importantes de sa vie."

 

 

 

De cette projection, je ne retiendrai que le frisson de ma première montée des marches de cette édition !  Bon, sauvons peut-être l'intrigant premier quart d'heure et l'esthétique des plans intérieurs de limousine avec ce Pattinson à lunettes noires et la présence pour le moins étonnante de Juliette Binoche. Voilà, tout est dit, on a tout vu. Dialogues ésotériques, personnages ectoplasmiques ; ennui métaphysique !

 

 

22h15 : Holy motors de Léos CARAX

(Sortie le 4 juillet)

 

Photo du Film

 

 

"De l'aube à la nuit, quelques heures dans l'existence de Monsieur Oscar, un être qui voyage de vie en vie. Tour à tour grand patron, meurtrier, mendiante, créature monstrueuse, père de famille... M. Oscar semble jouer des rôles, plongeant en chacun tout entier - mais où sont les caméras ? Il est seul, uniquement accompagné de Céline, longue dame blonde aux commandes de l'immense machine qui le transporte dans Paris et autour."

 

 

Un heureux hasard m'a permis de découvrir cet autre "film de limousine" (un nouveau genre, décidément) juste après le raplapla Cronenberg, oh mais que se passe-t-il ici, on va de surprise en surprise ! Denis Lavant est proprement (ou devrais-je plutôt dire salement !) hallucinant. Rarement le corps d'un acteur ne m'aura paru de manière si évidente représenter la matière même d'un film... Des "trucs" pour faire semblant, une réalité mise en doute à chaque instant, Carax nous balade sans ménagement (et nous enlève à tout jamais l'envie de mimer les guillemets au détour d'une conversation !).

 

 

Samedi 26 mai


11h00 : La noche de enfrente de Raul RUIZ

(Sortie en juillet)

 

 

 

 

 

"Trois âges d'un homme qui voit la mort venir s'entrecroisent. Le film-testament de Raul Ruiz."

 

 

 

 

 

Les films de Ruiz me font penser aux livres de Duras. On ne comprend pas tout mais des émotions, des sensations nous atteignent sans passer par le cerveau. C'est sans doute cela la poésie... La caméra m'a fait flotter doucement le long de bateaux mis en bouteilles, j'ai emprunté toutes les portes, je suis passée devant tous les miroirs. Si mon reflet ne s'est pas matérialisé sur leur surface, j'ai moi aussi prononcé en sortant ce mot récurrent pour en apprécier la saveur et la texture. Rhododendron dit-elle. Rhododendron...


 

14h00 : Gimme the loot de Adam LEON

 

Photo du Film

 

 

"Quand Malcom et Sofia, deux jeunes du Bronx, réalisent que leur plus beau graffiti a été recouvert par celui d'un gang rival, ils décident d'une revanche spectaculaire et se mettent dans la tête de devenir les plus grands graphers de New York. Pour y parvenir, ils vont devoir emprunter des voies risquées et originales."

 

 

 

Si j'ai passé un agréable moment à suivre ces amis un peu amoureux dans leurs pérégrinations new-yorkaises, j'oublierai bien vite que le garçon prit maladroitement la main de la fille et que cela ne changea rien pour autant.

 

 

17h00 : No de Pablo LARRAIN

 

 

 

 

"Lorsque le dictateur chilien Augusto Pinochet, face à la pression internationale consent à un référendum sur sa présidence en 1988, les dirigeants de l'opposition persuadent un jeune et brillant publicitaire, René Saavedra, d’être le fer de lance de leur campagne. Avec peu de moyens et sous la surveillance constante des hommes de Pinochet, Saavedra et son équipe conçoivent un plan audacieux pour remporter le référendum et libérer leur pays de l’oppression."

 

 

 

Imaginez les Mad men en campagne contre Pinochet, vous aurez sans doute du mal à visualiser Don Draper sur un skate-board alors arrêtons tout de suite la comparaison car c'est ici Gabriel Garcia Bernal, ses beaux yeux et son front soucieux qui officient. Les films trop frontalement politiques ne sont pas ma tasse de thé mais celui-ci m'a intéressée et même assez amusée. De la publicité à la propagande, il n'y a qu'un pas, moins manichéen qu'il n'y parait.

 


00h30 : Maniac de Franck KHALFOUN

 

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"Dans les rues qu’on croyait tranquilles, un tueur en série en quête de scalps se remet en chasse. Frank est le timide propriétaire d’une boutique de mannequins. Sa vie prend un nouveau tournant quand Anna, une jeune artiste, vient lui demander de l’aide pour sa nouvelle exposition. Alors que leurs liens se font plus forts, Frank commence à développer une véritable obsession pour la jeune fille."

 

 


 

Je ne suis habituellement pas du tout cliente des films d'horreur. J'ai trop peur. Trop peur d'avoir peur ! Mais je ne regrette pas d'avoir vécu au moins une fois, cette séance de minuit à l'ambiance tout à fait singulière. La salle du Grand Théâtre Lumière emplie de festivaliers plus ou moins alcoolisés applaudissant, hilares à chaque nouvelle victime du tueur en série ! Ajoutez à cela une technique testée et approuvée qui consiste à regarder les images à travers les doigts plus ou moins écartés de sa main (le scalp est hélas une opération terriblement sonore) et vous obtiendrez une séance mémorable pour un film dispensable avec ce Frodon aux lames affutées.

 

 

Dimanche 27 mai

 

9h00 : The Angels' share de Ken LOACH

(Sortie le 27 juin)

 

Photo du Film

 

 

"A Glasgow, Robbie, tout jeune père de famille, est constamment rattrapé par son passé de délinquant. Il croise la route de Rhino, Albert et la jeune Mo lorsque, comme eux, il échappe de justesse à la prison mais écope d’une peine de travaux d’intérêts généraux. Henri, l’éducateur qu’on leur a assigné, devient alors leur nouveau mentor en les initiant secrètement... à l’art du whisky !"

 

 

 

 

Le dimanche est traditionnellement consacré aux "séances de rattrapage". Maniac m'ayant fait coucher bien tard mais ma nuit n'ayant miraculeusement pas été peuplée de cauchemar, je fus donc d'attaque pour la projection matinale du dernier Ken Loach. Pour continuer les parallèles films/séries, c'est évidemment aux affreux de Misfits que ces Bad boys (and girl) m'ont fait penser ! Accents à couper au couteau et festival de bévues, il ne manque que les super pouvoirs mais ils sont remplacés ici par une jugeote et un talent assez étonnants. Pas un grand film mais un moment tout à fait réjouissant.

 

 

14h00 : Amour de Michael HANEKE

(Sortie le 24 octobre)

 

Photo du Film

 

 

"Georges et Anne sont octogénaires, ce sont des gens cultivés, professeurs de musique à la retraite. Leur fille, également musicienne, vit à l’étranger avec sa famille. Un jour, Anne est victime d’un accident. L’amour qui unit ce couple va être mis à rude épreuve."

 

 

 

Vivre un marathon cinéphilique, c'est accepter de passer d'une émotion à une autre sans aucune forme de préparation. C'est peut-être bien d'ailleurs ce que préfère : les montagnes russes festivalières. Fini de rire donc, quand Haneke entre en scène on sait qu'il va nous broyer et que tous maso que nous sommes, nous allons en redemander ! La séance fût donc intense, je m'y attendais mais très différente de ce que j'imaginais. Tant de douceur et de tendresse dans cette histoire d'amour, tant de beauté dans la danse délicate d'un couple où l'homme soutient, soulève sa partenaire. A mon âge, on se sent rarement concerné par le vieillissement et la mort, l'émotion vient donc d'une autre forme de projection ou peut-être tout simplement de cette interprêtation si juste et du silence, de l'espace laissé au spectateur pour déposer chacun de ses fantômes aimés...

 

 

22h00 : L'ivresse de l'argent de Im SANG SOO

(Sortie en octobre)

 

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"Youngjak est le secrétaire de Madame Baek, dirigeante d’un puissant empire industriel coréen. Il est chargé de s’occuper des affaires privées de cette famille à la morale douteuse. Pris dans une spirale de domination et de secrets, perdu entre ses principes et la possibilité de gravir rapidement les échelons vers une vie plus confortable, Youngjak devra choisir son camp, afin de survivre dans cet univers où argent, sexe et pouvoir sont rois..."

 

 

 

Comme dans le précédent film d'Im Sang Soo, on retrouve ici les décors modernes et élégants, la rougeur du vin dans les verres à pieds étincelants et les travers d'une famille corrompue par le sexe et l'argent, le tout filmé d'une manière aussi froide et esthétisante. Qu'apporte donc cette suite ou film dérivé de "The housemaid" ? Mystère, je m'y suis fichtrement ennuyée...

 

 

LE PALMARES 2012

 

Longs métrages


Palme d'Or
AMOUR réalisé par Michael HANEKE
Grand Prix
REALITY réalisé par Matteo GARRONE
Prix de la mise en scène
Carlos REYGADAS pour POST TENEBRAS LUX
Prix du scénario
Cristian MUNGIU pour DUPÃ DEALURI (Au-Delà des Collines)
Prix d'interprétation féminine
Cristina FLUTUR & Cosmina STRATAN dans DUPÃ DEALURI (Au-Delà des Collines) réalisé par Cristian MUNGIU
Prix d'interprétation masculine
Mads MIKKELSEN dans JAGTEN (La Chasse) réalisé par Thomas VINTERBERG
Prix du Jury
THE ANGELS’ SHARE (La Part des anges) réalisé par Ken LOACH

 

 

Je n'ai donc pas vu une grande partie des films de ce Palmarès mais j'ai cru comprendre que ça n'était pas plus mal !

 

Je termine habituellement ce compte-rendu cannois en précisant que ma prochaine étape festivalière se fera en Normandie mais cette année, je multiplie les haltes cinéphiliques ! J'irai donc déguster du court-métrage à Contis avant les films romantiques de Cabourg...

 

Je n'ai pas pris le temps d'en parler ici mais j'ai également fait mon baptême festivalier de moyen-métrages à Brive, le mois dernier. Vous pouvez lire mes compte-rendus sur le site de Critique-film et écouter sur Klepto'sons le mini reportage sonore bricolé à cette occasion !

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dasola 04/07/2012 18:40


Bonsoir Laetitia, le Loach est très bien, en revanche, je m'interroge sur le Carax dont j'ai vu la BA qui m'a laissée perplexe. J'irais certainement voir le Häneke, pour le reste, je verrais.
Bonne soirée.

Lodi 26/06/2012 13:23


Ok, je note de regarder Holy Motors un jour.


Mais personellement, je me sens de plus en plus touchée par les livres/films qui s'interrogent sur la vieillesse (même si je suis pas vieille).

jura ena 07/06/2012 16:32


J'aurais bien aimé y être à ce festival , une majorité de film on l'air pas mal. Je me console en lisant les résumés et
en attendant leurs sorties.