Festival de Cannes #3

Publié le par Laetitia BERANGER

Cette année encore mon bienfaiteur, Jean-Mimi m'a permis de vivre l'exaltation festivalière cannoise, je l'en remercie ! Comme je possédais le précieux badge permettant d'accéder aux projections en journée, j'ai pu exploser mon record... 10 films en 3 jours, il sera désormais difficile de faire mieux ! Et contrairement aux années précédentes (Cannes #1 et Cannes #2), j'ai réussi à allier quantité et qualité... je suis com-blée. 


Vendredi 20 mai


11h30 - La piel que habito - Pédro Almodovar

(Sortie le 17 août)

 

 

"Depuis que sa femme a été victime de brûlures dans un accident de voiture, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d’une nouvelle peau grâce à laquelle il aurait pu la sauver. Douze ans après le drame, il réussit à cultiver une peau qui est une véritable cuirasse contre toute agression. Outre les années de recherche et d’expérimentation, il faut aussi à Robert un cobaye, un complice et une absence totale de scrupules(...)"

 

 

  

En arrivant à Cannes, je me disais qu'une Palme pour Pédro serait une excellente idée... Je changeai d'avis immédiatement après avoir vu son film ! Non pas qu'il soit mauvais hein, entendons nous bien mais il n'a pas du tout à mon sens, le souffle d'un grand. De belles images d'Elena Anaya dans sa combinaison intégrale couleur chair mais une version très très allégée du roman de Jonquet !

 

 

16h30 - The day he arrives - Hong Sangsoo

 

 

"En arrivant à Séoul, Seongjun essaie en vain de joindre au téléphone son ami qui habite Bukchon quartier. En se promenant ce quartier, il rencontre par hasard une actrice qu’il connaissait. Ils échangent des nouvelles, puis se séparent. Dans un bar à Insadong où Seongjun, seul, passe pour avoir quelques verres, les étudiants en cinéma lui proposent de les joindre. Avant, Seongjun était réalisateur. Soûl, il se dirige vers l’appartement de son ex-copine. (...)"

 

 

  

Un Hong Sangsoo comme tant autres... Des couples, des repas, du saké. Je m'interroge vraiment sur l'intérêt de reproduire inlassablement le même film. Je suis pourtant très sensible au cinéma asiatique mais là, je reste dubitative...

 

 

19h30 - This must be the place - Paolo Sorrentino

(Sortie le 24 août)

 

 

"Cheyenne est une ancienne star du rock. A 50 ans, il a conservé un look gothique, et vit de ses rentes à Dublin. La mort de son père, avec lequel il avait coupé les ponts, le ramène à New York. Il découvre que son père avait une obsession : venger une humiliation dont il avait été victime. Cheyenne décide de poursuivre cette quête et entame, à son rythme, un voyage à travers l’Amérique."

 

 

 

Sentiment mitigé pour celui-ci, le jeu de Sean Penn a pas mal été raillé sur la croisette moi, je doutais davantage du personnage qu'il incarnait mais j'ai fini par m'y attacher et j'ai trouvé les dialogues assez savoureux. L'ensemble reste néanmoins un peu poussif et je n'ai pas bien saisi le propos à la fin du film, une histoire de nazi pas très claire (plus ou moins scandaleuse que celle de Lars Von Trier en conférence de presse, je vous laisserai juger !).

 

 

22h30 - Drive - Nicolas Winding Refn

(Sortie le 5 octobre)

 

 

"Un cascadeur tranquille et anonyme se métamorphose dès que la nuit tombe : il devient pilote de voitures pour le compte de la mafia. La combine est bien rodée jusqu’au jour où l'un des casses tourne mal et l’entraîne dans une course-poursuite infernale. Il veut se venger de ceux qui l’ont trahi..."

 

 

  

Un film de genre revu et corrigé que j'ai beaucoup aimé. Un cascadeur taiseux façon "nettoyeur", une ou deux scènes à couper le souffle (âmes sensibles s'abstenir, le marteau ne sert pas ici uniquement à bricoler), quelques détails années 80 apportent une touche décalée façon Grease, surprenant et très réussi !

 

 

Samedi 21 mai

 

11h00 - Courts métrages

 

Maillot de bain 46 - Wannes Destoop

Bear - Nash Edgerton

Ce n'est rien - Nicolas Roy

Cross - Maryna Vroda

Ghost - Dahci Ma

Kjottsar - Lisa Marie Gamlem

Meathead - Sam Holst

Paternal Womb - Megumi Tazaki

Soy Tan Feliz - Vladimir Duran

 

Une grosse moitié de la sélection m'a beaucoup ennuyée... Quelques trouvailles (notamment des os de poulet qui s'animent tels un pantin) dans Ghost et un début prenant pour Cross (qui a d'ailleurs obtenu la palme des courts). Mais j'avais surtout aimé Bear (très gonflé, il coupe à jamais l'envie de faire des surprises !) et Meathead (décalé et pas très appétissant après le petit déjeuner !). Maillot de bain 46 n'a pas volé son prix du jury (petite palme aquatique dorée confectionnée par Michel Gondry himself !) mais il m'avait moins étonnée que les deux précédents. En effet, s'agissant de courts métrages (et de nouvelles littéraires, d'ailleurs), j'aime être bousculée et bluffée par la dernière image...

 

 

14h30 - Elena - Andrey Zviagintsev

(Sortie le 11 janvier 2012)

 

"Elena et Vladimir forment un couple d’un certain âge. Ils sont issus de milieux sociaux différents. Vladimir est un homme riche et froid, Elena une femme modeste et docile. Ils se sont rencontrés tard dans la vie et chacun a un enfant d’un précédent mariage. Le fils d’Elena, au chômage, ne parvient pas à subvenir aux besoins de sa propre famille et demande sans cesse de l’argent à sa mère. La fille de Vladimir est une jeune femme négligente, un peu bohème, qui maintient son père à distance. Suite à un malaise cardiaque, Vladimir est hospitalisé. A la clinique, il réalise qu’il pourrait mourir prochainement. Un moment bref mais tendre, partagé avec sa fille le conduit à une décision importante : c’est elle qui héritera de toute sa fortune. De retour à la maison, Vladimir l’annonce à Elena. (...) "

 

  

Assez long et lent mais russe, pas déplaisant ! A vrai dire, il ne m'en reste pas grand chose et pourtant, je n'avais pas passé un mauvais moment...

 

19h00 - La source des femmes - Radu Mihaileanu

(Sortie le 2 novembre)

 

 

"Cela se passe de nos jours dans un petit village, quelque part entre l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Les femmes vont chercher l'eau à la source, en haut de la montagne, sous un soleil de plomb, et ce depuis la nuit des temps. Leila, jeune mariée, propose aux femmes de faire la grève de l'amour : plus de câlins, plus de sexe tant que les hommes n’apportent pas l’eau au village."

 

 

  

 

Ce soir-là, j'avais des places à l'orchestre, j'ai donc senti la vague d'émotion parcourir le Théâtre Lumière à l'arrivée de l'équipe du film et de ces femmes en costumes traditionnels. Grand sujet, certes mais petit film selon moi ! Nettement mieux que le grotesque "Concert" du même réalisateur mais rien à signaler... Ajouter à cela un fort sentiment de déjà-vu pour certains dialogues entendus dans "We want sex equality".

 

 

22h30 - Once upon a time in Anatolia - Nuri Blige Ceylan

 

 

"La vie dans une petite ville s’apparente à un voyage au milieu des steppes : l’impression que quelque chose « de nouveau et de différent » va surgir derrière chaque colline, mais toujours les mêmes routes monotones, effilées, qui disparaissent ou persistent, infailliblement similaires..."

 

 

 

 

 

Là, je commençais hélas à fatiguer... J'avais faim et froid (vous n'avez pas idée de la température polaire dans cette salle, c'est aberrant !). La lumière était belle, l'ambiance prometteuse mais c'était la nuit pour eux et pour nous aussi, j'ai déclaré forfait au bout d'une heure car je savais que je ne tiendrai pas encore une heure et demie et que j'allais me le gâcher. A revoir sachant qu'en prime, il a décroché le grand prix ex-aequo.

 

 

Dimanche 22 mai

 

11h45 - The artist - Michel Hazanavicius

(Sortie le 19 octobre)

 

 

 

"Hollywood 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L'arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l'oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va-t-elle, être propulsée au firmament des stars."

 

 

 

 

 

Jean Dujardin n'a pas volé son prix même s'il le doit en partie à une merveilleuse alchimie avec son chien ! Le numéro de claquettes a déclenché une réaction très spontanée de la salle qui s'est mise à applaudir comme au spectacle. Le pari était risqué mais il est remporté (même s'il n'aurait pas fallu que le film dure plus longtemps), de jolies trouvailles et astuces, on s'amuse beaucoup !

 

 

15h00 - We need to talk about Kevin - Lynne Ramsay

 

 

"Eva a mis sa vie professionnelle et ses ambitions personnelles entre parenthèses pour donner naissance à Kevin. La communication entre mère et fils s'avère d'emblée très compliquée. A l'aube de ses 16 ans, il commet l'irréparable.
Eva est tiraillée entre la culpabilité et son sentiment maternel. A-t-elle jamais aimé son fils ? Quelle est sa part de responsabilité dans l'acte qu'a commis Kevin ?"

 

 

 

Je craignais de refermer le Festival sans grande émotion, sans véritable frisson... jusqu'à ce film ! Ce sera également ma grande déception de ne rien lui voir attribué et particulièrement le prix de l'interprêtation féminine que j'aurais vraiment vu entre les mains de Tilda Swinton. Fort, dérangeant, "dégueulasse" s'est exclamé quelqu'un en quittant la salle ! Moi, j'ai adoré...  

 

 

23h30 - Les bien aimés - Christophe Honoré

(Sortie le 24 août)

 

 

 

"Du Paris des sixties au Londres des années 2000, Madeleine, puis sa fille Véra vont et viennent autour des hommes qu’elles aiment. Mais toutes les époques ne permettent pas de vivre l'amour avec légèreté. Comment résister au temps qui passe et qui s'attaque à nos sentiments les plus profonds ?"

 

 

 

 

Comme je n'ai pas pu assister à la cérémonie de clôture, il fallait tenir jusqu'en 2ème partie de soirée mais j'y suis arrivée sans peine car je ne  voulais pas refermer cette parenthèse enchantée sur la violence du précédent film. Alors un film musical, c'est exactement ce qu'il me fallait. Je connais assez peu le travail de Christophe Honoré (je crois que je n'ai vu de lui que "Non, ma fille, tu n'iras pas danser" que j'avais beaucoup aimé) mais du moment que Chiara Mastroïani est là, je suis heureuse. Malgré quelques longueurs, c'est un bien joli film ; sensuel, charnel même et qui donne très envie de... s'acheter des chaussures !

 

 

LE PALMARES 2011

 

Longs métrages

Palme d'Or
THE TREE OF LIFE réalisé par Terrence MALICK 

Grand Prix Ex-aequo
BIR ZAMANLAR ANADOLU'DA réalisé par Nuri Bilge CEYLAN
LE GAMIN AU VÉLO réalisé par Jean-Pierre et Luc DARDENNE

Prix de la mise en scène
Nicolas WINDING REFN pour DRIVE

Prix du scénario
Joseph CEDAR pour HEARAT SHULAYIM

Prix d'interprétation féminine
Kirsten DUNST dans MELANCHOLIA réalisé par Lars VON TRIER

Prix d'interprétation masculine
Jean DUJARDIN dans THE ARTIST réalisé par Michel HAZANAVICIUS

Prix du Jury
POLISSE réalisé par MAÏWENN

 

 

("Le Havre" et "Pater" étaient également sur toutes les lèvres lors de ma présence sur la Croisette... Et je n'ai du coup, pas encore vu la Palme mais je traîne les pieds ayant souvent entendu le film de Malick qualifié d'interminable "Clip New Age" !).

 

Prochaine étape festivalière : Cabourg, à suivre...

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Flo 31/05/2011 18:41



Aaaah, tu as vu le Honoré !... J'ai hâte, j'ai hâte... (j'avais adoré Les chansons d'amour, et en ce moment je me passe en boucle le dernier CD d'Alex Beaupain, compositeur des chansons du
film... Y parait que je suis fan ;-)


Un bien joli programme, dis moi ;-) Veinarde !


Je plussoie vivement les conseils de Yohan.



Laetitia BERANGER 01/06/2011 11:47



@Flo : Ouiiiii, il y a quelques chansons vraiment chouettes mais en proportion (le film est long !), elles m'ont un peu moins emballée que dans "les chansons d'amour". Et si tu plussoies alors,
le doute n'est vraiment plus permis ;-) 



Yohan 31/05/2011 13:20



Je n'avais pas la chance d'être à Cannes, donc je n'ai pas vu ces films-là, mais d'autres, déjà sortis.


Celui des frères Dardenne, très beau, émouvant, poignant, simple. Bref, ce qu'ils savent faire.


Celui de Durringer, que j'ai trouvé assez réussi (les critiques sont assez mauvaises), mais qui je pense ne te plaira pas trop (trop ancrée dans l'actualité ;-)


Et le Mallick, pour lequel je n'avais un enthousiasme débordant (je m'étais copieusement ennuyé avec Le nouveau monde mais ai apprécié Les moissons du ciel), mais qui m'a très agréablement
surpris. Certains passages sont de trop (les dinosaures, la fin), la symbolique parfois trop explicite (les portes). mais le récit central, celui de la famille, esr formidablement rendu. Par
touches, par courtes séquences, il montre la vie de cette famille. Je te conseille vraiment d'y aller, car le trip new age n'est finalement pas ce qui m'a le plus marqué dans le film. Et
heureusement !



Laetitia BERANGER 01/06/2011 11:44



@Yohan : Je ne suis même pas sûre d'avoir vu un seul film des frères Dardenne, je ferai donc mon baptème avec ce gamin au vélo qui semble être de surcroit, plus "aimable" que les précédents :-)
Je laisserai le Durringer de côté c'est sûr mais je verrai le Cavalier car même si le propos est politique, je guette son travail de près depuis "Irène" (dont je ne me suis pas remise !). Pour le
Malick, merci, tu m'as convaincue, j'irais ce week-end !