Zabou broie du blanc

Publié le par Laëtitia BERANGER

Une nouvelle démonstration de son talent de metteur en scène, sur les planches cette fois et à travers ses deux comédiennes fétiches...

BLANC au Théatre de la Madeleine

Blanc

une pièce d'Emmanuelle Marie
Mise en scène de Zabou Breitman

avec Isabelle Carré & Léa Drucker

à 21 h du mardi au samedi , et matinées le samedi à 18h et le dimanche à 15h

Les représentations de « Blanc » sont prolongées jusqu’au mercredi 31 janvier 2007.

Le Pitch

Deux jeunes sœurs se retrouvent. Dans la chambre d’à côté, leur mère vit ses derniers instants. Au-delà du drame qui se noue derrière la porte, durant trois jours et trois nuits les deux sœurs, peu préparées à cette situation, se découvrent, se parlent et laissent émerger leurs blessures profondes, les vérités et les bonheurs longtemps tus. De la souffrance à la douceur paisible, en passant par le rire, les mots suspendus renouent peu à peu les liens ébranlés et composent un poème à deux voix inscrit dans le mouvement et dans la vie.

Blanc est publié aux Editions L’Avant-scène Théâtre, Collection Quatre-vents et a reçu le soutien de la Fondation Beaumarchais 2004.

Les mots de Zabou BREITMAN

 

"Toutes les mères meurent, celle-là aussi. Bizarrement ce n'est pas triste... c'est comme ça. Pendant ce temps, les soeurs se parlent, les cigarettes se roulent, les religieuses au chocolat se mangent, et il est hors de question d'appeler un prêtre !"

Zabou Breitman et Emmanuelle Marie

"Le trouble du moment se camoufle dans l’anodin des petites choses de la vie. C’est dans la cuisine que l’on parlera de la mort. Mais le drame est déguisé en papier à cigarette, en histoires d’amour, en querelles anciennes.

Blanc est à la fois banale et singulière comme la fin d’une vie qui reste toujours un effarement, le sentiment vague d’une scandaleuse escroquerie. C’est le mélange, ou plutôt la bascule entre ce que l’on voit et ce qui se cache derrière la porte qui m’a tellement bouleversée. C’est ce qui me guide : essayer de rendre compte de la confusion et du quotidien englués dans un temps qui échappe. C’est l’aspect extra-ordinaire de la pièce d’Emmanuelle Marie.

Dans ce désordre en marche, les deux sœurs attendent la mort de leur mère en se raccrochant éperdument au buffet, aux tiroirs, à l’épluche légumes, au thé, aux cigarettes que l’on roule, aux draps propres ou souillés, au chien qui pisse sur la cabine du téléphone, aux constellations qui portent un nom, quand elles-mêmes ne s’appellent que l’Aînée et la Cadette.

J’ai eu envie de me promener dans l’étrangeté du moment, mais en laissant la vie à sa place parfois toute faite, parce que c’est comme ça, parce que les automatismes la peuple, et que nous serions nus et perdus sans eux.

Comme nous serions perdus dans Blanc si l’obscur gagnait la bataille."

Zabou BREITMAN

Mon avis

Zabou a le sens du détail, je l'avais constaté dans ses films, c'est aussi vrai pour cette pièce. Le texte un peu ardu est mis en valeur par une mine de trouvailles visuelles. Les draps descendent sur un fil, des images sont projetées sur le décor et viennent accompagner les comédiennes... et je me tais car je pourrais en citer plein mais je ne voudrais pas gâcher l'effet de surprise ! Finalement ça n'est pas l'histoire en elle-même qui m'a accrochée, mais bien l'univers autour de ces deux soeurs. Le décor, la musique, le rythme du texte... Tout a contribué à me faire passer un moment unique, émouvant et très étonnant.

Site du Théâtre pour vite réserver vos places :

http://www.theatremadeleine.com/

 

 

Publié dans Les mots en scène

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

jos du livrophile 04/01/2007 20:44

ah! excellent !! j'adore isabelle carré et zabou, deux excellentes raisons de me jeter sur les places restantes ! merci du tuyau, laëtitia ;)

amandine 04/01/2007 15:48

C'est pas juste, pas juste, pas juste, na grrrrrrr