Skateboard et Tarentelle

Publié le par Laetitia BERANGER


TRACES
au
Casino de Paris
jusqu'au 3 janvier 2010




"TRACES est une performance de pure énergie acrobatique et urbaine - poétique et explosif, drôle et censé.

Mêlant les techniques acrobatiques traditionnelles aux éléments de la culture urbaine tels le skateboard et le basket-ball, ajoutant une dose de danse contemporaine et de théâtre, TRACES surprend, impressionne et émerveille."


Le site officiel





Un spectacle très sympa et divertissant mais qui gagnerait en efficacité si un véritable fil rouge reliait les différents numéros. Le début n'a rien de très étonnant mais on assiste à une belle progression et certaines prestations s'avèrent vraiment impressionnantes. J'ai par exemple, senti toute la salle retenir son souffle quand un jeune homme a foncé tête la première en bas du mat chinois -dans une glissade parfaitement contrôlée-  pour s'arrêter net, le nez à quelques centimètres du sol ! La bande est composée d'une seule fille, elle tombera le costume de garçon manqué pour une très jolie performance aérienne et livrera un numéro amusant de lecture acrobatique dans un fauteuil farceur façon James Thierrée (cela ne me consolera pas néanmoins de ne pas avoir réussi à arracher des places pour son spectacle au théâtre de la ville GRRR !). J'ai donc passé un très bon moment mais j'étais ce soir-là invitée par Télérama, je ne risquais pas de regretter le prix de ma place !






UNE MAISON DE POUPEE
au théâtre de la Colline
Grand Théâtre

du 14 novembre 2009 au 16 janvier 2010

de Henrik Ibsen

mise en scène et scénographie Stéphane Braunschweig

avec Bénédicte Cerutti, Éric Caruso, Philippe Girard, Annie Mercier, Thierry Paret, Chloé Réjon

"Après Peer Gynt, Les Revenants et Brand, Stéphane Braunschweig poursuit sa confrontation avec l'œuvre d’Ibsen, en montant en miroir Une maison de poupée et Rosmersholm. Qu’ont en commun la demeure rigoriste du pasteur Rosmer, où les morts viennent hanter les vivants de leurs reproches, et celle de Nora, où semble s’épanouir un projet réussi de bonheur familial ? Entre autres, la façon dont les personnages s’y trouvent précipités dans l’urgence d’un choix décisif, radical : la percée qui s’ouvre devant eux — l’espoir d’une vie autre, hors d’un monde normé — comporte une part considérable de destruction... (...) Mais — ironie d’Ibsen — c’est Nora, celle qui semblait avoir tout parié sur le compromis, qui passera à l’acte, tandis que Rebekka et Rosmer, brisés par les transgressions, rendront les armes. Ces parcours inverses ouvrent pourtant sur une même brûlure : jetés dans le vide, obligés de renoncer à tout ce qu’ils croyaient être, privés des valeurs sur lesquelles ils avaient construit leur vie, les personnages d’Ibsen doivent s’inventer un autre chemin, se frayer à tout prix une sortie pour renaître à eux-mêmes, coûte que coûte."

 Photo © Elisabeth Carecchio - répétitionsmaison-poupee.jpg
Photos © Elisabeth Carecchio

Bon, c'est officiel : JE NE COMPRENDS PAS L'ENGOUEMENT GENERAL POUR CETTE PIECE D'IBSEN ! Elle m'avait tout d'abord ennuyée lorsque je l'ai lue, je n'ai ensuite pas eu de révélation en commençant à la travailler en cours de théâtre et maintenant que j'ai assisté à sa représentation sur cette belle et grande scène de la colline, le doute n'est plus permis : j'y demeure parfaitement insensible...

Je n'ai rien à redire sur la performance de Chloé Réjon mais ce personnage de Nora ne me raconte décidément rien. Les voix de Thorvald et Kristin m'ont fortement déplue ; fermées, elles ne parvenaient pas toujours à moi (j'étais un peu haut mais tout de même !). J'ai trouvé que l'accoutrement grisailleux de Kristin, renforcé par l'argent de ses cheveux manquait vraiment de subtilité pour nous faire comprendre combien elle avait vieilli et comme elle était marquée par les difficultés traversées (et pourquoi  lui faire ainsi hacher menu-menu chaque réplique ?). Le ton si particulier du docteur Rank s'accordait plus à mon goût, au verbe de Claudel ; finalement seul Krogstad -malgré ses allures de Columbo- m'a fait entendre de manière simple et naturelle le texte un brin ampoulé d'Ibsen.

Je n'ai absolument pas adhéré avec le choix d'habits de Nora. Elle nous apparait en jean/baskets/petit pull rouge, semble ne pas vivre au même siècle que les autres alors que nous sommes censés la voir se révéler en femme moderne au fil de la pièce ! Même la scène finale dont j'attendais une certaine violence est restée complètement raplapla : Nora s'agitant sur son fauteuil à bascule, Thorvald assis bêtement au bout du lit (qu'on m'explique aussi le choix de ce mobilier d'un blanc clinique semblant n'être là que pour combler le vide immense du plateau) et ce dialogue stérile et interminable... Nora referme donc la porte derrière elle, affublée d'un sweat à capuche (ouech-ouech, je pars vivre ma vie de femme libérée). Je ne parlerai même pas de la tarentelle tant attendue : Nora virevoltant histérique et agitant son torchon rouge au dessus de sa tête... triste tentative de diversion ! Finalement, la seule chose qui m'a empêché de dépérir c'est de surveiller la boîte aux lettres transparente fixée sur l'immense -et très réussie- porte d'entrée. J'ai bien vu arriver la fameuse lettre mais comme Nora, je n'ai pas assisté au miracle tant espéré...

Publié dans Les mots en scène

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Yohan 17/01/2010 20:03


J'en reviens, et j'ai été plutôt agréablement surpris, après avoir lu des critiques plutôt tièdes. Je ne me suis pas ennuyé, et c'est déjà pas mal pour une pièce d'Ibsen ! Pour le personnage de
Nora, j'ai eu quelques réticences au départ, avant de ma laisser prendre. Mais le Dr Rank est vraiment très bien ! 
En revanche, je suis d'accord avec toi sur le décor et le choix du mobilier, qui ne ma paraissent pas très justifiés.


Laetitia BERANGER 25/01/2010 15:00



@Yohan : Agréablement surpris ? Vraiment ?? Tu devais t'attendre à très mauvais alors :-) Non bon, je ne sais pas. Je dois faire un rejet avec cette pièce !



Magda 25/12/2009 21:48


Ouh là, t'es encore plus méchante que moi! Et tu as raison... je partage ton avis sur tout! Sauf la tarantelle car j'ai trouvé Chloé Rejon excellente danseuse (dans son chaos, elle maîtrisait
vraiment bien).
Je ne suis vraiment pas fan d'Ibsen. Pourtant, c'est un féministe, et Dieu sait si ça, ça me parle! Mais ses histoires sont ramollies, oui. En dehors de Brand, que personne ne monte jamais et qui
est superbe.

Comme toi, j'adore l'acteur qui joue le docteur Rank, très "grand théâtre français", diction superbe, allure pleine de panache.