Lectures octobre 2006

Publié le par Laëtitia BERANGER

 

Craig DAVIDSON - Un goût de rouille et d'os

Un recueil insolite qui interpelle mais qui peut aussi déranger. J'ai adoré la première nouvelle (même titre que le recueil) qui m'a séduite tant par le sujet que par le style très imagé et percutant de l'auteur. D'autres m'ont moins plu, sûrement un poil trop crues et trash pour ma petite personne, mais l'univers reste unique et remarquablement décalé.

Un goût de rouille et d'os

Acérée, viscérale, l'écriture de Craig Davidson nous entraîne dans un univers singulier et parfois violent : celui des situations extrêmes, des paris perdus d'avance et des rêves inachevés. Mais à cette dureté, l'écrivain allie l'émotion et la compassion envers des êtres blessés dont il sonde les corps, les coeurs et les âmes avec une redoutable efficacité et une incroyable sensibilité. Comme dans la nouvelle titre, où un jeune boxeur participe à des combats clandestins pour expier une faute terrible qui a bouleversé sa vie...

 

Fred VARGAS - Dans les bois éternels

Je n'avais encore jamais lu Vargas, je suis enchantée d'avoir fait la connaissance du commissaire Adamsberg. Un vrai bouquin d'ambiance avec des personnages hauts en couleur comme j'aime. Ce n'est pas tant l'intrigue qui m'a captivée, mais plutôt tout ce qui gravite autour. La brigade, le chat, le fantôme, les Normands, les Béarnais et ce lieutenant qui parle en vers, quelle trouvaille !

Dans les bois éternels

La Brigade avait accumulé des résultats incontestables, mais Veyrenc demeurait très sceptique. A savoir si cette efficacité était le résultat d'une stratégie ou le fruit tombé de la providence. Providence qui fermait les yeux, par exemple, sur le fait que Mercadet ait installé des coussins à l'étage et y dorme plusieurs heures par jour, sur le fait qu'un chat anormal défèque sur les rames de papier, que le commandant Danglard dissimule son vin dans le placard de la cave, que traînent sur les tables des documents sans lien avec les enquêtes, annonces immobilières, listes de courses, articles d'ichtyologie, reproches privés, presse géopolitique, spectre des couleurs de l'arc-en-ciel, pour le peu qu'il en avait vu en un mois. Cet état de choses ne semblait troubler personne, sauf peut-être le lieutenant Noël, un gars brutal qui ne trouvait personne à son goût. Et qui, dès le second jour, lui avait adressé une remarque offensante à propos de ses cheveux. Vingt ans plus tôt, il en aurait pleuré mais aujourd'hui, il s'en foutait tout à fait ou presque. Le lieutenant Veyrenc croisa les bras et cala sa tête contre le mur. Force indélogeable lovée dans une matière compacte.

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Anne-Sophie 13/11/2006 10:31

Bonjour,
je découvre ton blog avec grand plaisir.
J'aime beaucoup Fred Vargas, en particulier "Ceux qui vont mourir te saluent" et "l'homme aux cercles bleus".
Au plaisir de te relire

Laëtitia BERANGER 16/11/2006 10:36

Merci pour ce commentaire très sympa et ces 2 références. Je lirai d'autres Vargas c'est sûr alors c'est bien d'avoir des tuyaux car sur la quantité produite, certains sont sûrement moins attrayants que d'autres. Je vais aller faire un tour chez toi également ! A bientôt.