Le partage de midi

Publié le par Laetitia BERANGER

AU THEATRE MARIGNY
Jusqu'au 3 octobre 2009

De
Paul Claudel
Mise en scène d'Yves Beaunesne
Avec
Eric Ruf, Christian Gonon, Marina Hands, Hervé Pierre



"Ce drame puissant ne cesse d'entrecroiser les foPartage de midirces humaines, naturelles, mythiques et mystiques. Une femme et trois hommes voyagent ensemble sur le pont d'un grand paquebot au milieu de l'océan Indien entre l'Arabie et Ceylan, entre eau et ciel, comme hors du temps. Il y a Mesa, l'homme jeune, vierge, à la vocation contrariée. Dieu n'a pas voulu qu'il lui consacre sa vie et lui demande de tracer son chemin hors du séminaire. Il y a Amalric, homme solide et accompli, profiteur matérialiste et grand usurpateur. Il y a ce couple formé par Ysé et de Ciz. Etrange assemblage que cette femme de 30 ans, belle, coquette, habile à mener les hommes, et ce mari 'maigre provençal aux yeux tendres et aux longs cils' , partis pour faire fortune. L'intrigue se noue à la faveur d'une passion née d'un adultère. En trois actes une destinée implacable va saisir les protagonistes et les placer au coeur des grandes interrogations."

Le site du théâtre Marigny



Les premiers mots résonnent et je sais immédiatement que le verbe de Claudel sera aussi exigeant et déroutant que dans le "Soulier de satin" (9h30 de représentation que je n'oublierai pas !
). Dans ma tête "La beauté est aussi dans ce que l'on ne comprend pas", me raccrocher à cette idée et me laisser aller... Là aussi, les débuts sont les plus éprouvants : se concentrer ; appréhender diction, contours narration. Progressivement, l'effort se fait plus léger, la sonorité prend le pas sur la signification mais n'entrave en rien les émotions. C'est véritablement là que réside la magie, cette transmission de sensations à travers les mots prononcés. Aussi  beau par moment, qu'un opéra que l'on écouterait dans une langue inconnue... Marina Hands est exceptionnelle, le décor est épuré mais l'éclairage offre un très beau jeu d'ombre et de lumière. Le fond de scène produit une sonorité singulière, les voix nous parviennent alors comme voilées et prennent d'autant plus de force quand les comédiens regagne l'avant-scène. Un moment très fort donc, la passion amoureuse diablement incarnée...  

(Encore merciiiii Cécile pour cette belle surprise !)

Publié dans Les mots en scène

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article