Lectures juin 2006

Publié le par Laëtitia BERANGER

La récolte du mois de juin est excellente, je vous souhaite de vous régaler autant que moi !

 

 

Eric FOTTORINO - Korsakov

Mon dernier choc littéraire remonte à Alessandro Baricco (voir lectures décembre 2005) et bien grâce à Fottorino je me refais un coup d’électrochoc et ça fait un bien fou ! Je dois vous préciser que je suis particulièrement friande des histoires liées à la mémoire, mais alors ce syndrome de Korsakov, c’est un vrai bonheur ! Une maladie qui grignote les souvenirs et laisse l’imagination combler le vide, terrible et merveilleux à la fois… Tellement touchant cet « enfant des brouillards ».

 

 Korsakov

 

Moi, François Signorelli, docteur à Palerme, je me souviens de tout. Du vrai et du faux. De plus de gens et d'histoires que je n'en ai connu. Mille ans d'incertitude, tel est mon âge : ma mémoire prolifère et s'invente à mesure qu'elle se détruit, c'est un trouble neurologique désigné comme le syndrome de Korsakov. Je le sais, j'en suis l'un des spécialistes. Korsakov est mon mal intime, je le tutoie. Il me ronge et me délivre en même temps. D'abord, d'un passé noir comme l'abandon. D'une enfance triste à Bordeaux dans les années soixante, de l'absence d'un père de sang. De la folie de toute une famille où ma mère n'a pu tenir debout que par l'amour de Marcel Signorelli. Lui nous a donné son nom, celui de son propre père, Fosco, le cavalier magnifique du désert tunisien, dont les récits m'ont fait voler dans la lumière. Un coup de soleil pour la vie, que souhaiter de mieux quand celle-ci se dérobe ? Me voici enfant et ancêtre, par la grâce de Korsakov.

 

Eric FOTTORINO – Caresse de rouge

 

 

Là, je retrouve tout ce que j’ai aimé du style de Fottorino dans « Korsakov », mais sous un angle complètement différent. Je l’envie pour son sens du détail « vrai » et me délecte de toutes ses trouvailles. L’histoire m’a prise aux tripes, je l’ai lu quasiment d’une traite et rien que d’y repenser, ça m’oppresse de nouveau. Du lourd, du beau…

 Caresse de rouge

 

 

 

 

 

 

Le jour où Colin a fait ses premiers pas au milieu du salon, entre la table basse et le canapé, Marie est partie. Elle a laissé son enfant avec Félix. C'était entendu comme ça. Ensemble, le père et le fils se sont inventé une famille en convoquant dans l'appartement désert des ombres chinoises, des personnages de dessins animés. Colin a grandi et Félix avec lui. Lorsque Colin a réclamé sa maman, Félix a dû trouver des réponses, tout seul. Jamais il n'aurait imaginé regarder son petit garçon avec les yeux d'une mère. Jusqu'où un père peut-il se travestir, face aux exigences d'un enfant qui dit : «Je veux maman» ?

 

 

 

Annie SAUMONT - C’est rien ça va passer

J’aime l’écriture très orale de cet auteur et les situations vraiment particulières qu’elle sait créer. J’ai accroché tout de suite à ce style épuré, sans bavure et qui fait mouche en si peu de mots. Reccueil très efficace !

 

 

 Couverture : C'est rien ça va passer

 

 

 

 

 

 

 

 

 

" Je vous coupe les queues a dit la marchande de fruits et légumes serrée à déborder dans son corsage. J'ai été tenté de répondre que j'en avais qu'une et ne tenais pas à ce qu'on me la coupe je n'ai pas osé. Enfonçant dans mon sac Franprix mes poireaux équeutés j'ai dit merci. Pas facile de se comporter en mec vulgaire et marrant quand on a pas l'habitude. Quand on est considéré comme un homme sérieux et bien élevé. "

 

 

Claire CASTILLON - Insecte

Des nouvelles comme je les aime, mordantes et aux fins percutantes ! Les relations mère/fille version trash et sans tabou. J’ai aimé l’ironie bien acérée de certaines et un peu moins la violence trop glauque des idées ou des mots de certaines autres.

 

 

 Insecte

Insecte évoque les rapports entre les mères et les filles. Dix-neuf nouvelles qui sont l’expression libre de sentiments intenses, de pensées fulgurantes, irréelles quelquefois, qui s’installent pourtant sans relâche dans la tête des mères et des filles. Dans ces nouvelles, les pensées fugitives deviennent des récurrences, des poids, des raisons de vivre. La mère est un insecte et la fille son insecte. Vice-versa. Mante religieuse, lézard ou coccinelle, les femmes étudiées à la loupe ont sans doute des vies à facette.

 

 

Léo PERUTZ  - Le miracle du manguier

Une ballade exotique au cœur d’une serre mystérieuse… J’avais lu ce livre il y a plusieurs années et en avais gardé un excellent souvenir, j’ai redécouvert les aventures du baron et de son jardinier fakir avec plaisir, malgré le côté burlesque que je n’affectionne pas vraiment.

 

 

 Le Miracle du manguier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De Borges, de Nabokov, Perutz a le goût des jeux de miroirs, des constructions romanesques sophistiquées, truffées de pièges et de chausse-trappes. Ses romans sont de fascinants labyrinthes littéraires. Dans Le Miracle du manguier (1916), un riche baron viennois est la victime (en partie consentante) des pouvoirs et des sortilèges d'un fakir qu'il a ramené de Ceylan, et l'enquête est menée par un médecin (trop) rationaliste et incurablement naïf. Le roman est allègre, surprenant, palpitant. Christophe Mercier, Le Point.

 

 

 

 

Les vacances approchent... Je viens de me ravitailler à la bibliothèque, j'emmène des tonnes de bouquins dans mes valises et vous raconte tout ça fin juillet !

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Anne 01/07/2006 18:25

Caresse de rouge: j'aimerai ne pas l'avoir lu pour pouvoir le découvrir...