Lectures avril 2009

Publié le par Laetitia BERANGER

On va tester un compte-rendu crescendo... ce mois-ci : le pire comme le meilleur ;-)


L'ombre d'Edgar Poe - Matthew PEARL

Quand on m'a proposé ce livre, je me suis dit quelque chose comme : "Tiens, je ne connais pas bien l'oeuvre de Poe, cela pourrait être une belle entrée en matière !". Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins, je jette l'éponge à la moitié du roman pour cause d'ennui mortel. Peut-être que cette histoire parlera davantage aux fans d'Edgar Poe ? Hélas, les pérégrinations de ce pauvre Clark me laissent parfaitement insensible... Et si je retournais plutôt picorer quelques "Histoires extraordinaires" ?

Je remercie tout de même la BOB team et les éditions Robert Laffont !

L'ombre d'Edgar Poe

"Le mystère des derniers jours de la vie d'Edgar Poe, revisité avec une étourdissante virtuosité par l'auteur du "Cercle de Dante"… En consacrant son deuxième roman aux derniers jours de la vie d'Edgar Poe, Matthew Pearl choisit de s'attaquer à l'une des plus grandes énigmes de l'histoire littéraire. L'ironie du sort veut que Poe, considéré comme l'inventeur du roman policier, ait lui-même trouvé la mort dans des conditions demeurées, jusqu'à ce jour, très controversées. Pearl a eu une idée aussi géniale que machiavélique : confier aux héros inventés par l'auteur des "Histoires extraordinaires" le soin de mener l'enquête sur la disparition de leur propre créateur…"


No et moi - Delphine de VIGAN

Alors là, c'est sûr, on va me traiter de sans coeur mais ça n'est pourtant pas faute d'avoir essayé ! Je suis allée au bout mais ce roman ne m'a pas touchée une seule seconde. Je ne me suis pas plus attachée à Lou qu'à No... Plus grave encore, je crois que j'ai développé, au fil des pages, un véritable rejet pour cette siiiii gentille et siiiiii compatissante gamine qu'est Lou Bertignac ! Seules ses expériences "domestico-scientifiques" ont réussi à dessiner un frisquet sourire sur ma mine renfrognée...
 
Lire aussi l'avis de
Lucile, plus indulgente que moi ;-)
Je remercie néanmoins le Livre de poche !

No et moi

"Lou Bertignac a 13 ans, un QI de 160 et des questions plein la tête. Les yeux grand ouverts, elle observe les gens, collectionne les mots, se livre à des expériences domestiques et dévore les encyclopédies. Enfant unique d’une famille en déséquilibre, entre une mère brisée et un père champion de la bonne humeur feinte, dans l’obscurité d’un appartement dont les rideaux restent tirés, Lou invente des théories pour apprivoiser le monde. A la gare d’Austerlitz, elle rencontre No, une jeune fille SDF à peine plus âgée qu’elle."


On n'empêche pas un petit coeur d'aimer - Claire CASTILLON

Claire Castillon est douée pour le noir, le cruel ; les histoires grinçantes, dérangeantes... C'est terrible mais c'est exactement pour ça que j'aime la lire ! Animée par les mêmes sentiments qu'à la lecture d'"Insecte", j'ai donc passé un excellent mauvais moment ! (Merci Caro)

On n'empêche pas un petit coeur d'aimer

"On n'empêche pas un petit cœur d'aimer. Surtout un petit cœur sec. Jaloux. Tordu. Malheureux. Il faut l'admettre, l'amour n'est pas l'apanage des gens aimants. D'ailleurs, l'auteur avait pensé intituler son recueil de nouvelles : Infect. Mais d'Insecte à Infect, la rime était trop facile. Pourtant, infects, nous le sommes tous plus ou moins quand nous aimons."


L'éloge de l'ombre - Junichiro TANIZAKI

Virginie m'a prêté cet essai de Tanizaki que j'ai lu avec beaucoup de plaisir. Du même auteur, j'avais déjà aimé "La clé" mais nous sommes ici dans un tout autre registre ! "L'éloge de l'ombre" développe une réflexion très intéressante sur la notion du beau au Japon. Elle est pétrie d'exemples tirés du quotidien, qu'elle éclaire d'une manière qui nous est parfaitement étrangère - à nous les rustres occidentaux -comme l'auteur aime à le souligner... avec une subtile touche d'humour !

Eloge de l'ombre


Terreur - Dan SIMMONS

Quand Dame Cuné a déposé ce livre entre mes petites mains fébriles, elle m'a prédit de glaçantes  heures de lecture... Elle ne s'est pas trompée ! Le poids du dit-livre, m'a contrainte à une lecture casanière et fragmentée, j'ai donc passé plusieurs semaines avec l'équipage des deux navires !  Il s'agit là d'un grand roman qui mérite qu'on s'y accroche car le récit de cette expédition vaut vraiment le détour. La toute fin m'a légèrement chiffonnée mais cela n'atténue en rien mon enthousiasme. Pour résumer : on claque des dents (de froid et de peur évidemment !) c'est affreux... et on en redemande ! (Tiens, ça me donne aussi furieusement envie de relire Stephen King !!!)

Terreur

"Au milieu du XIXe siècle, deux navires de la Marine royale anglaise se retrouvent coupés du monde, pris au piège des angoissantes ténèbres arctiques. Vétéran de l’exploration polaire, l’orgueilleux Sir John Franklin était pourtant convaincu de réussir à découvrir le mythique passage du Nord-Ouest, et d’assurer ainsi à l’Empire britannique une domination totale des mers. Mais l’entreprise, mal préparée, tourne vite au désastre : les navires Erebus et Terror sont faits prisonniers des glaces et Sir John meurt dans des circonstances dramatiques. Son second, le valeureux capitaine Francis Crozier, hérite alors du commandement d’une expédition en péril. Isolé dans cet enfer blanc, l’équipage est en butte aux assauts incessants d’une mystérieuse créature qui transforme la vie à bord en cauchemar… Délaissant, comme il le fait parfois, la science-fiction, Dan Simmons offre ici sa propre relecture d’un tragique et célèbre fait divers et livre un monumental roman historique d’une intensité dramatique et d’un souffle exceptionnels."



La dernière fille avant la guerre - Chloé DELAUME

Je partais avec un sérieux handicap sur ce coup-là : le groupe Indochine, moi, j'y connais rien ! Aucune importance, une petite voix me fredonne à l'oreille "Allez ! Viens-là, viens avec moi" et me voilà embarquée à bord de ce vaisseau-corps à deux voix. Je commence à me familiariser avec l'univers "Delaumien", je découvre ici que Chloé peut s'avérer très rigolote ! L'originalité est toujours au rendez-vous, je poursuis le chemin...

La dernier fille avant la guerre

"Août 1983 j'entends je me lève et je marche. C'est l'appel de L'Aventurier. Je suis si désolée, Chloé. Vraiment si désolée que ce soit la vérité. Mon corps avant ma tête, le corps avant la tête, pour moi ça s'est passé comme ça, le réveil. J'ai compris que j'étais vivante puisque j'éprouvais du désir. Moi aussi j'aurais préféré que ce soit la faute à Wagner, manque de pot c'est tombé sur Nicola Sirkis.

"Chloé Delaume redonne vie à Anne, l'ancien moi du dedans, celui d'avant la destruction du dossier Indochine (1995), celui qui fut fan du groupe dans les années 80 et même après, quand il passa au purgatoire. Oscillant entre je et elle, barbotant dans le jus de mémoire, Chloé Delaume restitue cette folie obsessionnelle qui lui a fait traverser l'adolescence un casque vissé sur les oreilles. Sans se départir de la puissance poétique qui caractérise son écriture, poursuivant ses interrogations sur le personnage de fiction, elle raconte avec humour ce que c'est qu'être une fan revendiquée, puis cachée (forcément) d'Indochine."


Le cri du sablier - Chloé DELAUME

Là, c'est le moment où je ne rigole plus du tout. Je suis très sérieuse parce que je vais parler - essayer - d'un livre qui hisse d'emblée son auteur dans mon panthéonesque "Top 10" (prévu pour juin, je vous le rappelle). Et non, je ne dis pas ça parce qu'elle s'appelle Chloé Delaume, qu'elle est un personnage de fiction et que j'en ai fait ma nouvelle meilleure amie ! (Rappel des faits ici pour ceux qui ne suivent pas). Alors parlons peu, parlons bien (la rumeur dit que mon crédo c'est la concision non ?!). Je n'ai tout simplement jamais rencontré un livre comme celui-ci. Chloé Delaume fait preuve d'une liberté totale quant à son écriture : bouscule les mots, réinvente la phrase et met le tout au service d'une histoire violente : la sienne. Elle emploie "Clinamen" j'inaugure un carnet de mots, écrit "Aphasie" je recommence à zéro. Livre emprunté bibliothèque, lu et relu, deux fois. L'acquérir rien que pour moi. Le lire encore, creuser plus loin...

(Lucile, s'il te plait, un jour prochain "Clinamen" pour ta pêche aux mots ?)

Le cri du sablier

"Le livre de Chloé Delaume est le récit d'une réminiscence. Il remonte le temps afin de faire voler en éclats un passé oppressant. Sa virulence a la puissance du cri. Véritable leitmotiv du roman, la métaphore du sablier se propage, se ramifie : elle dessine la figure centrale et traumatisante d'un père "sédimentaire" et d'une "enfant du limon". Ni pathos ni complaisance. Mais la tentative, à l'âge adulte, de répondre au questionnement d'un enfant, tentative rendue possible par une certaine douceur de l'ironie.

Tout passe par le prisme d'une langue singulière, débordante d'inventions. Le style est démesuré, tantôt lapidaire, tantôt abyssal. Les mots se bousculent, deviennent envahissants, contractant la phrase jusqu'à donner une impression de fusion. Dans ce chaos où leur nature et leur fonction se mélangent, s'inversent, ils révèlent comme un miroir le morcellement de l'identité."

Publié dans Partager mes lectures

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

dissertation introduction 01/10/2009 12:31


Blogs are so informative where we get lots of information on any topic. Nice job keep it up!!
_____________________

dissertation introduction


Laura 27/05/2009 22:26

Le livre de Chloé Delaume... Je voulais absolument le lire et n'en ai jamais eu le temps... Ton article me redonne envie d'aller l'acheter... Il a l'air vraiment bien...

Laetitia BERANGER 29/05/2009 09:54


@Laura : Prendre le temps c'est exactement ce qu'il faut faire avec ce livre. Lire et relire certains passages, écouter le son des mots, s'étonner de la forme... puis attraper un dictionnaire pour
s'attarder sur le fond :-)


Karine :) 03/05/2009 02:54

comme ça, le truc sur Poe est ennuyant... je pense que je vais le rayer avec plaisir de ma liste... j'avais aussi noté un autre titre de l'auteur (à propos de Dickens, celui-là), je vais aussi le mettre en plus pâle, je pense!  Ca fait un peu peur!

Laetitia BERANGER 04/05/2009 10:23


@Lucile : Ben t'aurais pu me prévenir ! Bon, pour "Clinamen", faut qu'on en discute parce que oui, ça existe mais... c'est pas simple :-)
@Fashion : J'aurais dû faire comme toi et abandonner plus tôt ! Et pour "Terreur" il te faudra négocier avec Caro !
@Cuné : Effectivement vu le chemin parcouru, on est plus à ça près ! Et non, môman n'a pas accroché du tout mais elle n'est pas allée suffisamment loin pour se laisser embarquer.
@Karine : Oh oui, barre-le sans crainte, tu as sûrement beaucoup plus palpitant à lire !


Cuné 02/05/2009 07:45

GTerreur : Oui, la fin se barre un peu du côté délirant, mais en même temps on peut le comprendre, après avoir vécu tout ça, on est ouvert à la suggestion :D(Et ta mère, elle a aimé ?)

fashion 01/05/2009 23:07

J'ai vécu la même chose avec L'ombre d'Edgar Poe, qui m'a tellement ennuyée que j'ai abandonné à la page 40. Si tu as lu Terreur, je vais pouvoir le récupérer alors.