Lectures février 2009

Publié le par Laetitia BERANGER

Ce mois-ci, plusieurs lectures en demi-teinte... sélection plus tranchée prévue pour mars !


L'histoire de Bone - Dorothy ALLISON

Ce livre m'a donné à ressentir une véritable colère (particulièrement envers le personnage de la mère) mais depuis, le sentiment de lecture intense s'est émoussé. Peut-être parce que l'histoire en elle-même n'a hélas, rien d'original : des petites "Bone" comme celle-ci, peuplent trop souvent les faits divers. Une écriture forte et brutale mais une empreinte éphémère me concernant...

L'histoire de Bone

"Récit d'une enfance ravagée, L'Histoire de Bone met en scène ces petits Blancs paumés du sud des États-Unis "à qui on a appris à être fiers de ne pas être noirs et à avoir honte d'être pauvres". Bone, la malingre, est née de père inconnu sur le bord d'une route de Caroline du Sud le jour où sa mère, âgée de quinze ans et enceinte de huit mois, a été éjectée d'une vieille Chevrolet où s'était entassée toute la famille joyeusement éméchée. Difficile de se remettre d'un tel départ dans la vie ! Bone, la bâtarde, est constamment en butte aux moqueries et aux humiliations. Plus tard, elle tombe sous la coupe d'un beau-père qui fera d'elle son souffre-douleur."


Insoupçonnable - Tanguy VIEL

In-soup-çon-nable, scandé tel quel, en 4 morceaux. Un singulier murmure qui résonne encore dans ma tête et surtout, une image persistante : les lèvres qui prononcent ce mot si lourd de sens. Un bel engrenage... J'entends beaucoup parler du dernier roman de Tanguy Viel "Paris-Brest", j'ai très envie de le lire.

Insoupçonnable

"Faut-il priver le lecteur du bonheur de découvrir, détail après détail, le fin mot - s'il existe vraiment - de cette machination "à double fond", comme les valises en apparence insoupçonnables et dissimulatrices d'inquiétants secrets ? Certainement pas. Et, pourtant, tout révéler d'emblée n'aurait pas une importance capitale, car on n'est pas, avec Insoupçonnable, dans l'une de ces intrigues policières où connaître à l'avance certaines clés, voire le dénouement, gâche le plaisir. Comme dans ses trois autres romans, Tanguy Viel, qui sait construire un suspense et ne s'en prive pas, s'intéresse plus profondément à autre chose qu'à ce schéma narratif. Aux atmosphères, qu'il sait remarquablement créer, aux lieux - la mer est souvent présente, est-ce parce qu'il est né à Brest ? -, aux objets, aux comportements effrayants, inimaginables, que peuvent avoir des gens au premier abord anodins, à leurs manies, à leurs secrets de famille, à leurs désirs inavouables. Un mariage chic au bord de la mer : joli début. Ne pas s'y fier."


Le jardin de ciment - Ian MC EWAN

Complètement à l'opposé de "Sur la plage du Chesil" ! Le côté obscur de Mc Ewan me plait bien mais il ne m'a pas bousculée autant que je l'aurais imaginé. Transgressif à souhait, à suivre...

Le jardin de ciment

"Je n'ai pas tué mon père, mais parfois j'ai l'impression de l'avoir un peu poussé dans la tombe": ainsi parle Jack, quatorze ans, témoin et acteur d'une aventure peu commune... Ils sont quatre orphelins deux frères, deux sœurs livrés à eux-mêmes dans une maison isolée. Affranchis de l'autorité des adultes, à la fois ravis et apeurés, ils n'ont qu'un désir: se débrouiller seuls, et garder secrète aussi longtemps que possible la disparition de leurs parents. Ivres de liberté, liés par le poids d'un silence trop grand pour eux, ils se regardent partir lentement à la dérive..."



Le vol de l'Ibis rouge - Maria Valeria REZENDE

C'est en parlant de transmission (lors du dernier club des théières et à propos du "Coeur cousu") que Yohan et Chiffonnette m'ont recommandé ce livre. Résolument original dans la forme - chaque chapitre est précédé d'une page blanche comprenant, à cheval, deux noms de couleurs (si vous visualisez, bravo !) - ce livre m'a fait passer un moment très agréable mais je me suis tout de même lassée de cette écriture trop sucrée. Le thème de l'écrit et des mots dits aurait dû plus m'emporter. Une belle idée, cependant.

Le vol de l'Ibis rouge

"Une prostituée atteinte du sida et un jeune manœuvre analphabète qui transporte un coffre plein de livres se rencontrent par hasard. Il a besoin que quelqu’un l’écoute. Elle a besoin d’exister pour quelqu’un qui la désire avec sincérité. Anonymes et invisibles, ils joignent leurs misères et s’évadent dans un autre monde où l’imagination change la réalité et rend la vie un peu plus supportable. Maria Valeria Rezende construit une narration à la fois simple et raffinée, mêlant éléments de la culture populaire (les romans de Cordel) et de la culture érudite (les Mille et une Nuits ou le Quichotte), dans un style musical et travaillé jusqu’à atteindre une extrême limpidité."


Sur la lecture - Marcel PROUST

MacopineCaro souhaitant me faire découvrir son Marcel adoré, m'a fait cadeau de ce petit livre. L'occasion idéale de faire la connaissance du Môsieur mais comment dire... ce fût laborieux... Principales responsables : les digressions incessantes visant à décrire minutieusement l'environnement du lecteur... c'est bien simple, mon esprit n'a pas cessé de vagabonder, je devais constamment revenir au début de la phrase ! Je m'étais pourtant isolée au calme, j'avais ouvert mon esprit (mes chakras aussi ?!) au maximum mais non, décidément, je crois que Marcel et moi ça ne le fera pas. J'aurais pourtant aimé aimer ! Un grand merci Caro pour ce cadeau et qui sait, j'y serai peut-être plus sensible dans quelques temps ? Grâce à toi, je l'ai à disposition pour faire des tests réguliers avant de me lancer dans "A la recherche..." ! Mais au fait Caro, tu connais Marguerite ?!
L'avis de Caro, celui de Lucile.

Sur la lecture

"Sur la lecture n'est ni un texte méconnu ni un introuvable. C'est la préface que Proust écrivit en 1905 pour sa traduction de Sésame et les Lys de John Ruskin. Mais ces pages dépassent de si loin l'ouvrage qu'elles introduisent, elles proposent un si bel éloge de la lecture et préparent avec tant de bonheur à la Recherche que nous avons voulu, les délivrant de leur condition de préface, les publier dans leur plénitude."


Le labyrinthe aux olives - Eduardo MENDOZA

Episode tout aussi récréatif que le précédent. Peut-être même un brin plus farfelu ! Au rayon divertissement, Mendoza ne me déçoit jamais.

Le labyrinthe aux olives

"Deuxième volet de la trilogie. Le héros du 'Mystère de la crypte ensorcelée' se voit confier une mission par le commissaire Flores et le soi-disant Ministre de l'agriculture espagnol : remettre une mallette pleine de billets à une femme, à Madrid. Après une nuit dans un hôtel de la capitale, il se rend compte qu'il a été drogué, que l'argent a disparu et découvre le cadavre d'un garçon de chambre dans son lit... "


Le week-end - Bernhard SCHLINK

Moins profond que "Le liseur", bien plus prévisible surtout. Il me semble qu'il y avait pourtant matière à creuser plus loin, imaginer des situations et des personnages plus denses. Je suis restée à l'écart, assise dans un coin du jardin à les regarder évoluer, je ne me suis pas vraiment ennuyée mais la sauce n'a pas pris. Un huis-clos qui manque à mon goût d'un peu de piquant, un week-end somme toute assez plan-plan.

Un grand merci tout de même à Guillaume de Babelio et aux éditions Gallimard pour cette nouvelle opération "masse critique".

Le week-end

"Après plus de vingt ans passés derrière les barreaux, Jörg est gracié par le président de la République allemande. Pour ses premières heures en liberté, sa sœur Christiane a organisé des retrouvailles avec de vieux amis dans une grande demeure à la campagne, près de Berlin. Mais ce week-end, qu'elle avait souhaité paisible, est difficile à vivre pour tout le monde, tant les questions de responsabilité, de culpabilité et de pardon sont dans toutes les têtes. Car Jörg est un ancien terroriste de la Fraction Armée Rouge. Pendant trois jours, les coups de théâtre et de bluff des uns et des autres vont se succéder. Chacun cherche sa place, et le choc des biographies, des rêves et parfois des mensonges produit plus de questions que de réponses. L'amitié passe-t-elle avant tout jugement moral ? Le regret et le pardon sont-ils souhaitables, possibles, suffisants ?"

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Yohan 28/03/2009 13:47

Comme je l'avais dis, j'ai lu Insoupçonnable à mon tour. 'ai bien aimé ce court roman, qui crée, par une écriture très travaillée, une impression de spirale infernale dans laquelle Sam et le lecteur sont embarqués. Une belle découverte !

Laetitia BERANGER 30/03/2009 11:39


@Yohann : Pfff rien ne va plus ! Nous sommes désormais d'accord sur tout ;-)


Caro[line] 20/03/2009 13:34

Je débarque en retard !Dis, tu parles de Marguerite quoi... :-p Non, je n'ai pas lu Marguerite, mais maintenant que tu as essayé Marcel, il faut qu'à mon tour j'essaie Marguerite. Bon, ok, la prochaine fois qu'on se voit, tu peux m'apporter un de ses romans. :-)))Et pour Marcel, moi j'adore ce que tu n'as pas aimé ! Mais cela ne m'étonne pas, car tu aimes plutôt le concis et efficace !!

Karine :) 08/03/2009 14:18

Je n'ai rien lu de tout ça mais il y a "le vol de l'ibis rouge" qui me tente!  Je suis aussi curieuse de voir ce que tu entends pas "écriture sucrée"!

Yohan 07/03/2009 12:59

Plusieurs lectures en commun, ce mois-ci : - Le vol de l'ibis rouge : je vous que tu reconnais que ce livre "aurait du" t'emporter  Mais que s'est-il passé ? Plus sérieusement, j'ai eu l'impression inverse : plus l'intrigue avançait, plus j'appréciais cette lecture. En revanche, je ne comprends pas vraiment ce que tu entends par écriture "trop sucrée", car l'intrigue est loin d'etre joyeuse.- Le week-end : Comme toi, il m'a manqué quelquechose pour vraiment aimer ce roman. On passe un moment agréable avec Jorg et ses anciens amis, avec leurs réflexions sur l'engagement, mais l'aspect romanesque n'est pas totalement réussi. Il faut que je lise le liseur, maintenant.-Insoupçonnable : je viens de l'emprunter à la médiathèque, avant de lire ton billet. Je repasserai donc t'en parler !Pour McEwan, je n'ai lu que Samedi, roman assez noir également. Mais c'est totalement différent de l'univers cynique de Jauffret (c'est juste un exemple, bien entendu ;-)

Laetitia BERANGER 08/03/2009 19:50


@Yohan et Karine : Par "écriture trop sucrée" j'entends un style trop joli, trop poétique peut-être qui en surdose produit chez moi l'effet d'une pâtisserie au miel : au début je me régale mais si
j'en mange trop, je finis écoeurée, les lèvres et les doigts collants ;-) Yohan, si tu veux "le liseur" réclame-le à Lucile qui a actuellement mon exemplaire.