Lectures août 2008

Publié le par Laetitia BERANGER

Dans la main du diable - Anne-Marie GARAT

Un sacré pavé que j'ai trimballé un peu partout avec moi cet été. J'ai englouti la première moitié en quelques jours, en osmose complète avec Gabrielle ! Et puis, j'ai commencé à peiner, il m'a semblé que l'action devenait très très lente que certains passages étaients trop dilués. Et puis... c'est reparti ! C'est très bien écrit et romanesque à souhait, je n'avais rien lu de tel depuis - insérez ici votre classique favori - mais cela aurait mérité, à mon goût, un régime de quelques centaines de pages. En le refermant, je n'étais pas triste de quitter les personnages, j'avais le sentiment d'avoir passé suffisamment de temps en leur compagnie.


Dans la main du diable

"Dans le Paris de 1913-14, une jeune femme intrépide, Gabrielle Demachy, mène une périlleuse enquête d’amour munie, pour tout indice, d’un sulfureux cahier hongrois recelant tous les poisons – des secrets de cœur au secret-défense… En forme d’hommage revendiqué à la grande tradition narrative et au mélodrame, cette ample et voluptueuse fresque habitée par les passions, les complots, le crime, l’espionnage et toutes les aventures qu’en ce début de siècle vivent simultanément la science, le cinéma et l’industrie, inscrit magistralement les destinées sentimentales de son peuple de personnages dans l’histoire d’une société dont la modernité est en train de bouleverser les repères."


Philippe - Camille LAURENS

Je crois que je vais beaucoup aimer Camille Laurens, je le sens. J'ai choisi de commencer par le livre qui l'a fait basculer dans "l'autofiction", celui qui raconte la mort de son enfant. C'est atroce et c'est très beau, voilà. Lisez la dernière page à voix haute. Détachez bien chaque mot, sentez comme ils roulent dans la bouche, comme ils sont lourds sur la langue. Philippe, dites son nom...

Philippe

"On peut bien dire qu'on est malheureux, mais on ne peut pas dire le malheur. Il n'y a pas de malheur dans le mot malheureux. Tous les mots sont secs. Il reste au bord des larmes. Le malheur est toujours un secret."



L'élégance des veuves - Alice FERNEY

Alice Ferney possède une bien jolie écriture. Ce petit livre est très fort et vraiment évocateur. Intime, féminin, oui forcément mais en rien réducteur. On y parle de la mort mais effectivement, surtout de la vie !

L'élégance des veuves

"Le spectacle se donne sans fin. Car l'instinct fait germer la chair, le désir la pousse, la harcèle quand elle s'y refuse, jusqu'à tant qu'elle cède, s'affale, se colle à une autre, et que s'assure la pérennité des lignées amoureuses. " Cela se produit de multiples fois, sans relâche, cela s'enchaîne avec beaucoup de naturel et de grâce. Un cycle sans fin pousse les femmes à se marier, à enfanter, puis à mourir. Ainsi va le temps, secoué par le rythme des naissances et des morts, quand le besoin de transmettre l'emporte sur le désespoir de la perte d'un être cher. Un long fil de désir passe au travers des générations. Ce court roman d'une douce gravité est un hymne à la vie et au pouvoir fécondant de la femme."


Le sentiment d'imposture - Belinda CANNONE

Tiens un essai, pour changer... Intelligent et même pas chiant ! Belinda Cannone dissèque ce sentiment d'imposture - dans lequel beaucoup d'entre nous pourraient se reconnaître - d'une manière tout à fait passionnante et parfois même amusante, si si !

Le sentiment d'imposture

"Par « imposteurs », Belinda Cannone ne désigne pas les escrocs de la confiance, ceux qui en imposent ou qui usurpent une place. L'auteur décrit un sentiment très commun mais qu'on a toujours grand soin de cacher : l'intime conviction de ne pas être celle ou celui qu'il faudrait être pour occuper légitimement la place dans laquelle on se trouve, et la crainte d'être démasqué. Si ce trouble met en cause l’identité, il n'engage pourtant pas la question : « Qui suis-je ? », mais à : « Suis-je celle ou celui que je devrais être pour me trouver à cette place ? ». Et toutes nos ambitions, quelle qu'en soit la nature (professionnelle, amoureuse, existentielle, etc.). peuvent susciter cette inquiétude. En trente-six allègres chapitres qui vont de la littérature à la psychanalyse en passant par le cinéma, la politique ou nos expériences quotidiennes, cet essai propose récits et réflexions sur l'origine et les manifestations de ce sentiment d'imposture."


La pluie - Lambé et de Pierpont

Ce jour-là, il pleuvait beaucoup. Quand je suis arrivée à la bibliothèque, mes petits pieds étaient glacés et mes chaussures faisaient floc-floc dans les allées. Cette BD m'a fait de l'oeil alors je l'ai prise avec moi. Des couleurs délavées, de la sensualité, de la poésie : contemplatif comme j'aime, un joli moment. Et cette pluie qui n'en finissait pas de tomber...



""C'est mon amour. Elle est belle, même quand elle est fatiguée." Il est maître-nageur le jour, elle est sage-femme la nuit, et ils s'aiment. Ce matin-là, en attendant le retour de sa femme, quelques gouttes de pluie tombent sur la terrasse. Apparemment, rien de très étrange. Pourtant un sentiment d'inquiétude l'envahit. Le lendemain, il pleut encore. " Je n'aurai jamais d'enfant. Ni d'elle, ni de personne. " Est-ce leur histoire d'amour qui se dilue ou le monde entier qui se noie ? "

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Mahie 04/09/2008 14:37

En fait je voulais dire : "j'ai pas tout compris"! :-D Bon c'est pas grave parce que si j'avais compris en fait ;-)Vais à la bib cette aprèm!

Laetitia BERANGER 05/09/2008 11:46


@Lucile : Je crains le pire...
@Emeraude : Tu l'as dit, une sacrée bonne récolte ! Parfois, on est dans un cycle où l'on ne fait que de bons choix, où l'on sait ce dont on a besoin, non ?
@Karine : Effectivement, je crois que c'est un roman qui peut souffrir d'une lecture en pointillés
@Caro : Tu connais mon avis sur la question, cesse d'empiler et lis Camille et Alice au plus vite ;-)
@Mahie : Oui, j'avais compris que tu disais n'avoir pas compris alors que tu avais tout bien compris !


Caro[line] 03/09/2008 07:37

Contrairement à toi, malgré ses 1300 pages, j'ai eu un pincement au coeur en quittant les personnages d'A-M.Garat. Et je n'ai pas ressenti d'essouflement. Mais comme je te l'ai déjà dit, je l'ai lu dans un contexte différent du tien : en vacances, avec de longues plages de lecture devant moi !Et je veux découvrir Camille Laurens et Alice Ferney (chacune est dans ma PAL !).Quant à la BD sensouel, elle a l'air pas mal !@ Karine : Il FAUT lire Anne-Marie Garat ! ;-)

Karine 03/09/2008 00:58

Le roman d'Anne-Marie Garat me tente bien mais j'ai un peu peur de son épaisseur... à lire quand j'aurai un peu plus de temps donc (i.e. pas en pleine rentrée avec le zoo qui repart de plus belle!!!)

Emeraude 02/09/2008 22:22

tu en as lu des choses symathiques en août dis moi ! Cette BD est bien tentante!

Lucile 02/09/2008 22:14

Tiens madame sensuelle, j'ai un tag pour toi que tu vas adorer (ou pas! ;-) )...