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Lundi 30 juin 2008 1 30 /06 /2008 11:06


Le musée de la sirène - Cypora PETITJEAN-CERF

Voilà un petit livre sympathique duquel il ne faut pas non plus attendre la pâmoison ! L'idée de départ m'avait pourtant séduite, une mini sirène de lavabo que l'on est contraint d'installer dans la baignoire parce qu'elle a pris du volume, le principe de vases communicants entre cette femme et sa sirène, l'une aspirant le processus créatif de l'autre, etc... Le hic, c'est que je n'ai trouvé ça ni prenant ni très bien écrit ! Merci tout de même à Fashion pour cette lecture mignonette ;-)

Le musée de la sirène

"Dans le restaurant chinois en face de chez moi, il y a un grand aquarium. Truites roses, truites grises, trois crabes aux pinces ficelées, et une petite sirène. Avant-hier, j'ai plongé le bras dans l'eau. Personne ne m'a vue. J'ai capturé la sirène. Chez moi, j'ai rempli le lavabo et je l'ai mise dedans. Elle a nagé, tout gentiment, sans angoisse. Ensuite, pendant la nuit, je n'ai pas dormi. Toute tordue dans mon lit, j'ai écouté la sirène en train de faire sa nage. Sur le drap housse, j'essayais de me tordre comme elle dans son eau. Torsion du buste à gauche, torsion du buste à droite, et ma queue verte qui ondule en dessous. Le lendemain, j'étais très fatiguée. Je lui ai caressé les écailles du bout des doigts. Elle a souri."



Cher Emile - Eric SIMARD

Bon bon bon, ce livre fait également l'unanimité sur la blogosphère, je m'attendais donc à être transportée, bouleversée, déchirée... et je dois dire que je me suis surtout ennuyée. Les lettres adressées à ce pauvre Emile ne m'ont pas touchée, il m'a semblé lire le récit des chagrins d'amour de monsieur tout le monde. Je ne crois pourtant pas être insensible mais que vous voulez-vous, ça n'a pas pris, tant pis ! Merci à Caro pour le prêt.




"Se perdre dans l'amour, se perdre dans l'autre, se perdre aux confins de soi est un risque que l'on prend à chaque nouvelle rencontre. Pendant cinq ans, à travers la correspondance houleuse qu'il entretient avec Émile, le narrateur tentera de répondre aux questions qui le hantent. Pourquoi l'échec d'une histoire d'amour fait si mal ? Est-ce que le fait d'être homosexuel peut en être la cause ou est-ce seulement une difficulté supplémentaire ? Tous les états du désespoir amoureux, du questionnement identitaire profond à la déception rageuse, de la soumission pathétique à l'élan de reconstruction salutaire défilent dans ces lettres à Émile."



Le chasseur zéro - Pascale ROZE

Ah, là on passe dans la cour des grands ! Je ne connaissais pas du tout Pascale Roze, je suis emballée par ce premier roman. Il faut bien avouer qu'elle avait déjà marqué des points en révélant (dans une interview donnée à auteurs TV) que son déclic d'écriture s'était produit à la lecture de Marguerite DURAS. Elle qualifie ses phrases "d'étranglées" et moi - en matière de littérature - j'adore qu'on me prive d'air. Quand le rythme est soutenu, quand chaque phrase est nécessaire, quand on sent que l'auteur a recoupé plutôt qu'ajouté pour faire joli. L'histoire est forte et m'a faite décoller crescendo...

Le chasseur zéro

"Okinawa, avril 1945 : un kamikaze endommage le cuirassé américain Maryland. Des années plus tard, Laura Carlson, qui vit à Paris auprès d'une mère dépressive, a toujours dans les oreilles le sifflement insoutenable de l'avion suicide plongeant en piqué. Même si elle ignore tout ou presque de son père, officier à bord de ce bateau... Elle découvrira la vérité. Mais rien - ni de brillantes études, ni l'amour du jeune musicien qui compose pour elle une de ses premières œuvres - , rien n'empêchera le chasseur Zéro de la poursuivre jusqu'au bout... Ce premier roman, la révélation de la rentrée 1996, fut couronné par le prix Goncourt."



L'eau rouge - Pascale ROZE

Au fil de ma lecture, je trouvais ce roman un peu moins fort que le précédent même si j'en appréciais tout autant l'ambiance... mais plus la fin approchait et plus je m'attachais au personnage de Laurence. Pascale ROZE est d'ailleurs très forte pour les fins. Pour les dernières phrases, les derniers mots.

L'eau rouge

"Au cap Saint-Jacques, elle quitta le Pasteur qui continuait vers la baie d'Along et embarqua sur un bâtiment de transport de troupes pour remonter la rivière de Saigon. On entrait dans les terres, on touchait au but. A l'avant du bateau, conquérante, elle scrutait le paysage, un médiocre paysage, très plat, des mangroves pleines de palétuviers, puis des rizières à l'infini dans lesquelles travaillaient des Annamites sous leur chapeau pointu, et des buffles gris et maigres. La rivière n'en finit pas de dérouler ses méandres. Enfin le quai des Messageries. Une fanfare militaire les accueille, qui lui donne des frissons au cœur. Mais ce qui l'envahit avant même de descendre à terre, c'est l'odeur. L'odeur de Saigon, ce mélange lourd de vase, de sucre, d'épices, de saumure..."



Le marin de Gibraltar - Marguerite DURAS

Celui-là me tendait les bras depuis un moment mais je l'ai lu très lentement. Je réalise que j'aime avoir constamment un Duras en cours, parallèlement à mes autres lectures... Ma préférence va aux petits livres de Duras, ceux dépouillés de tout cadre, faits de phrases hachées menu menu. Mais cette histoire d'amour est sans doute une des plus belles que j'ai lue. C'est bien simple, elle débute dans une impasse. Il y a quelque chose d'incompatible dans leur envie de s'aimer, ils sont truffés de contradictions et s'y prennent n'importe comment ces deux-là ! Mais...

Le Marin de Gibraltar

"Un homme qui veut changer sa vie s'engage sur un bateau. Sur ce bateau il y a une femme qui court le monde à la recherche du marin de Gibraltar qu'elle a aimé et qui a disparu. L'amour naît entre l'homme qui veut changer sa vie et la femme qui cherche le marin de Gibraltar. Ensemble, ils vont rechercher avec scrupule ce marin disparu. S'ils le trouvent ce sera la fin de leur amour. Etrange contradiction. De Sète à Tanger, de Tanger à Abidjan, et d'Abidjan à Léopoldville, leur recherche se pousuit."



Perdu dans un supermarché - Svetislav BASARA

Cela s'annonçait presque perdu d'avance, un peu comme avec un film de David Lynch ! Personne n'est parfait et j'y suis désespérément hermétique. Alors j'ai tenté d'aborder ce recueil avec l'ouverture d'esprit la plus large possible. Ces nouvelles n'ont ni queue ni tête, qu'importe, imprégnons-nous de l'ambiance. Voilàààà, ça vient ! Non non, inutile de tenter d'y comprendre quoi que se soit, c'est conceptuel. Ah, d'accord. C image001.jpg houette concept après tout ! Je ne pourrais pas dire que j'ai aimé mais je n'ai pas vraiment détesté non plus. Quoiqu'il en soit, je n'oublie pas de remercier Babelio pour cette découverte tout à fait surprenante ;-) C'est reposant l'absurde finalement...

Perdu dans un supermarché

"Dans la nouvelle qui donne son titre au recueil, le narrateur entre dans un supermarché pour acheter «une bricole», en fait, des lames de rasoir, parce qu'il a besoin de se raser, à moins que ce ne soit pour s'ouvrir les veines, et il s'y perd... Les nouvelles de Svetislav Basara, tout comme ses romans «Le miroir fêlé» et «Guide de Mongolie», explorent une poétique de l'absurde. Elles nous entraînent sur un terrain littéraire singulier, foisonnant d'inventions et métaphysiquement hard, dans un monde où l'auteur, ses personnages et le lecteur évoluent tous ensemble et se rejoignent infailliblement devant le néant. Le néant qui s'appelle «château» chez Kafka, «supermarché» chez Basara. Kafka a fermé son château à ses héros, peut-être pour les préserver de la découverte qui les y attendait. Basara, téméraire, va jusqu'au bout, nous invite à le suivre pour nous montrer que ce qui nous attend à l'intérieur de son «château», c'est-à-dire de son supermarché, c'est bel et bien le néant."

Par Laetitia BERANGER - Publié dans : Partager mes lectures
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