Lectures décembre 2005

Publié le par Laëtitia BERANGER

Comme je suis persuadée qu'on ne peut se passer de lire pour progresser dans l'écriture, j'aimerais vous faire partager mes dernières lectures. J'essaierai de vous expliquer ce qu'elles m'ont apportée et vous les recommande donc vivement si vous ne savez pas encore quel prochain livre vous comptez dévorer !! Certaines m'ont d'ailleurs été recommandées par des amis ou des compatriotes d'ateliers (ils se reconnaitront !), merci de vos conseils, je n'ai pas été déçue...

 

Katherine KRESSMANN TAYLOR - INCONNU A CETTE ADRESSE

J'ai adoré cette histoire, courte et implacable. Je l'ai dévoré d'un trait et suis encore glacée par sa fin !

Inconnu à cette adresse

"1932. Martin Schulse, un Allemand, et Max Eisenstein, un Juif américain, sont marchands de tableaux en Californie. Ils sont aussi unis par des liens plus qu'affectueux - fraternels. Le premier décide de rentrer en Allemagne. C'est leur correspondance fictive entre 1932 et 1934 qui constitue ce livre, écrit par une Américaine en 1938, et salué à l'époque, aux Etats-Unis, comme un chef-d'œuvre. Incisif, court et au dénouement saisissant, ce livre capte l'Histoire avec justesse. C'est un instantané, une photographie prise sur le vif qui décrit sans complaisance, ni didactisme forcené, une tragédie intime et collective, celle de l'Allemagne nazie. "

 

Alessandro BARICCO - SOIE

Histoire sensuelle et dépaysante qui m'a fait découvrir Alessandro Baricco. Je me suis délectée de chaque détail. Il a vraiment l'art de réussir la description, de la rendre attrayante...

 Soie

"1861. Le sud de la France. Hervé Joncour achète et vend des œufs de vers à soie qu'il va chercher pour le compte de Baldabiou, en Syrie et en Égypte d'abord, puis plus tard au Japon, à l'autre bout du monde. "Un jour Baldabiou avait tenu dans sa main un voile tissé avec un fil de soie japonais. C'était comme ne rien tenir entre ses doigts." Un incroyable voyage ! Vienne, Budapest, Kiev, les monts d'Oural, le lac Baïkal, le fleuve Amour, et Capo Teraya, sur la côte ouest du Japon. Au bout du monde, Hervé Joncour rencontre une jeune fille, un regard "avec une intensité déconcertante". Ce voyage vers le Japon, vers ce regard, Hervé le fera inlassablement, années après années. Répétition des gestes, des images, chaque fois est un éternel recommencement ; les mots reviennent, inaltérables. Un texte sensuel, aérien, comme une étoffe de soie."

 

Bernharrd SCHLINK - LE LISEUR

Malgrè quelques longueurs...histoire choc ! Ce roman est extrèmement bien construit et m'a menée par le bout du nez jusqu'à la fin, m'emmenant toujours un peu loin dans la complexité des rapports humains...

 Le liseur

"C'était un rite amoureux étrange de ce couple mal assorti. Hannah, 35 ans, aimait que Michaël, 15 ans, lui fasse la lecture à haute voix. Un jour Hannah disparaît. Quelques années plus tard, alors qu'il fait ses études de droit, Michaël retrouve Hannah au banc des accusées d'un procès contre des criminelles nazies. Elle se défend mal, comme si elle préférait une lourde condamnation à l'aveu d'un honteux secret... Peut-on aimer quelqu'un dont on abhorre la conduite sans se rendre soi-même coupable ? Sous l'aspect d'une triste histoire d'amour, le roman soulève de graves questions, comme la responsabilité et les conditions de la dignité humaine."
 
 
Alessandro BARICCO - SANS SANG
 
Je reste encore ébahie devant la puissance du détail, provoquée par cet auteur. L'histoire est incroyablement bien tournée. Je préfère ne rien dire de plus de peur de dévoiler quoique se soit !
 
 
Sans sang
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
"Alors que la guerre est déjà terminée, quatre hommes investissent la ferme du docteur Roca, collaborateur supposé du régime qui vient de s’effondrer. Désireux de contribuer à l’édification d’un monde meilleur, traumatisés par les nombreux morts qui emplissent leur mémoire, ils le tuent sans même lui accorder le droit de comparaître devant un tribunal. Sa fille, cachée sous une trappe, ne perd rien de ce qui se déroule en surface.
 
Sans sang est certainement l’œuvre la plus bouleversante d’Alessandro Baricco, servie par une écriture nerveuse, tendue. Le romancier ne fait ici appel ni au pathos, ni aux grands sentiments. Il mène une réflexion saisissante sur une humanité aux prises avec l’horreur du passé, la guerre, le désir de vengeance. Une humanité qui part du principe qu’on « a beau s’efforcer de vivre une seule vie, les autres verront mille autres vies dedans, et c’est pour ça qu’on n’arrive pas à éviter de se faire du mal »
 

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dominique boudou 19/04/2008 21:39

Des longueurs dans le merveilleux Liseur ? Vous me surprenez. En tout cas, votre blog me semble plus sélectif que d'autres du même genre et c'est tant mieux. Et il y a Léo Perutz aussi, si peu connu du grand public.

Laetitia BERANGER 21/04/2008 09:46


Bienvenue Dominique et merci de ce compliment, vous faites rougir mon blog ! Concernant le liseur, j'avais effectivement peiné par moment mais cela reste néanmoins un excellent souvenir de lecture
et... quelle fin ! Quand au "Miracle du manguier" je l'avais découvert ado et il m'avait vraiment marquée, j'ai beaucoup aimé le relire. J'ai souvent entendu parler du "Cavalier suédois",
l'avez-vous lu ?


Lilly 08/10/2006 12:03

Bonjour ! J'ai lu Amours en fuite de Bernard Schlink, c'est un recueil très sympathique de nouvelles. La quatrième de couverture m'avait attirée. J'aprécie beaucoup sa façon de traiter de l'Allemagne d'après guerre, avec ses démons et tous ses non-dits. Je note Le liseur, il a l'air d'être dans la continuité de ce que j'ai déjà lu de cet auteur.